lundi 30 janvier 2017

Quand le rançongiciel verrouille les serrures électroniques d'un hôtel

Depuis quelques mois, le « rançongiciel » (ou ransomware) déboule avec fracas sur le théâtre de l'insécurité informatique. Ce malware distribué par la pièce jointe (fichier ZIP, Word ou PDF) d'un courriel ou par des sites Web piégés provoque le chiffrement de tous les fichiers d’un terminal / serveur, de ceux accessibles en écriture sur les dossiers partagés en réseau local et de ceux archivés sur les espaces de stockage en ligne (Google Drive, Dropbox, etc).


En 2016, le système informatique du Hollywood Presbyterian Medical Center (Los Angeles, Californie) fut victime d'un rançongiciel nommé Locky. Confronté à l'illisibilité de ses données médicales, l'hôpital transféra plusieurs centaines de patients vers des établissements voisins et dut payer la rançon de 40 bitcoins (environ 15 000 €) exigée par les cybercriminels. En 2015, le laboratoire français d'analyses LABIO subit un sort identique, refusa de payer la rançon mais décrypta tout de même ses fichiers.

mardi 24 janvier 2017

Zbiegniew Brzezinsky brise son échiquier et prône un rapprochement US-Russie-Chine

Dans la fureur des duels électoraux, un article publié au printemps 2016 par Zbiegniew Brzezinski est passé complètement inaperçu. Dans « Toward a Global Realignment » (The American Interest), le plus influent artisan de la politique étrangère américaine recommande vivement aux Etats-Unis d'assumer leur repli et de se réconcilier avec la Russie et la Chine afin de « redéfinir une architecture mondiale du pouvoir »... et de gérer conjointement les futurs risques et crises sécuritaires dans le monde arabo/musulman en particulier, et dans le tiers-monde en général. 


Zbigniew Kazimierz Brzezinski est né en 1928 à Varsovie (Pologne). Son père diplomate était en poste au Canada lorsque le pacte germano-soviétique fut signé et ne put donc rentrer avec sa famille au bercail. Plus tard, « Zbieg Brzez » épousa  Emilie-Anne Benes, nièce de l'ancien président tchécoslovaque Edvard Benes. Ce parcours personnel expliquerait-il, parmi d'autres facteurs, son aversion profonde pour l'URSS et/ou la Russie ?

Après avoir consacré sa carrière académique à étudier le totalitarisme soviétique et à forger une vision géostratégique sur le rôle prépondérant de l'Amérique dans le monde, Brezinski gravit les échelons au département d'Etat et en devint le secrétaire sous l'administration Jimmy Carter (1977-1981). Il fut également membre du Council of Foreign Relations (CFR), du National Endowment for Democracy (NED), de divers think tanks et organismes spécialisés dans la défense et/ou la politique étrangère, eut l'oreille du président George Bush père au plus fort de la chute de l'URSS, et conseilla le futur président Barack Obama en affaires étrangères au cours de sa campagne électorale.

samedi 21 janvier 2017

La dissidence ultralibérale et isolationniste de la "Trump Team" (audio)

L'émission Auditions (Vu du Droit) reçoit Chibel Elsabeh, maître de conférences en macroéconomie à l'université Paris III. À contre-courant des analyses un peu trop souvent passionnées ou partisanes, ce professeur d'économie décrit clairement la cohérence des visions et ambitions de l'administration Trump en matières de politique étrangère, de défense, d'économie, d'énergie, de commerce et de finance. 


Cette administration fraichement investie à la tête des Etats-Unis peut être qualifiée de "néo-reaganienne", et joue à dessein sur son imprévisibilité de façade afin de pousser ses futurs interlocuteurs à la négociation. Les élites dirigeantes en Europe, en Russie, en Chine et au Moyen-Orient feraient bien de s'abonner à Twitter... 


jeudi 19 janvier 2017

L'impossible vérité sur le piratage du Parti Démocrate et les hackers russes

Quelques semaines après l'élection de Donald Trump, les agences américaines de renseignement ont publié une synthèse sur le piratage du Parti Démocrate par des hackers russes et la transmission à Wikileaks des emails dérobés en vue de nuire à la campagne électorale de Hillary Clinton. Malheureusement, la crédibilité de ce rapport fut vite cannibalisée par la culture du secret et par les pesanteurs stratégiques et industrielles de la cybersécurité et du renseignement électronique. 


Publié en décembre 2016 par plusieurs services américains de sécurité (FBI, CIA, DNI, DHS, US-CERT), le rapport Grizzly Steppe était d'abord et surtout un produit dérivé des conclusions de CrowdStrike et de Fire Eye, firmes spécialisées dans la cybersécurité et l'expertise informatique. 

Ce document évoque « 
une activité cyber malicieuse russe », décrit quelques fondamentaux de la guerre d'information made in Russia, et compile des signatures de malwares génériques, des botnets, des fuseaux horaires, des adresses IP et des services Web (Tor, Google, Dropbox, Yahoo!) couramment utilisés par des hackers et des spammers du monde entier... et connus depuis belle lurette par les experts en sécurité informatique qui avaient hâte d'analyser de véritables « indicateurs de compromission » (indicators of compromise) caractérisant précisément la cyberattaque l'intrusion et attribuant incontestablement celle-ci à des hackers russes.

mercredi 11 janvier 2017

Autour du Franc CFA, monnaie de singe ?

Le maintien de l'Afrique francophone dans la zone monétaire CFA doit énormément aux rentes de situation exploitées par la Banque de France et par les élites africaines.


Paradoxalement, les premiers partenaires commerciaux de la France en Afrique n'appartiennent pas à la zone CFA mais sont le Nigéria, l'Angola et l'Afrique du sud, tous dotés de leurs propres monnaies. En outre, le commerce entre les deux zones CFA (UEMOA en Afrique occidentale, CEMAC en Afrique centrale) demeure très faible, essentiellement à cause de cette devise, comme le décrit cette vidéo de #Datagueule.


Dans un entretien à France 24 (12 mn), l'économiste togolais Kako Nububkpo et co-auteur de « Sortir l'Afrique de la servitude monétaire » (éditions La Dispute) dévoile la dimension littéralement carcérale de cette monnaie, considérée comme « un outil de servitude volontaire » (sic).


mercredi 21 décembre 2016

Best of Electrosphere 2016 / Happy New Year 2017 !

Dans quelques semaines, je serai de retour entre le webzine EchoRadar et mes pages Facebook / Twitter / Google+ régulièrement mises à jour et synchronisées… et qui ont peu à peu cannibalisé ce blog, outre les impératifs personnels et professionnels. 


En attendant 2017, voici mon best of et mes favoris (livres, cinéma, séries TV, musique) de l'année 2016. Je souhaite un Joyeux Noël et une Heureuse Année à tous mes lecteurs / abonnés.


mercredi 23 novembre 2016

Le super-destroyer Zumwalt ne tirera pas sa munition à 800 000 dollars

Conçus dans les années 1990 et mis en service dans les années 2010, les destroyers de classe Zumwalt relèvent d'une technologie de rupture garantissant aux Etats-Unis une avance militech en mer sur la Russie et la Chine.


Fort d'une silhouette sans aspérité « à la Star Wars », d'une signature radar équivalente à celle d'un bateau de pêche, de deux moteurs électriques à induction de 79 mégawatts (permettant de dépasser 30 nœuds soit 56 km/h), de systèmes de bord automatisés et intelligents (supervisés par des serveurs IBM sous Linux capables de résister aux chocs, vibrations et impulsions électromagnétiques) et d'un équipage de 130 marins, le Zumwalt est un imposant bâtiment de 186 mètres de long, de 25 mètres de large et d'une masse de 15 000 tonnes.

mardi 15 novembre 2016

Autour du président Trump, cet effet Brexit aux normes américaines

Après « Autour du Brexit, cet effet Trump aux normes européennes », jettons un oeil sur la victoire électorale de Donald Trump et la défaite de Hillary Clinton dans la course à la Maison Blanche.


Les médias ont éludé le pays réel et les instituts de sondage sont littéralement aveugles sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, Google+, etc). Entre ces deux terra incognita, journalistes et prévisionnistes ont pris leurs désirs pour des réalités – ou leurs vessies pour des lanternes, garantissant une victoire quasi certaine et écrasante de Hillary Clinton jusqu'au soir du 8 novembre (194 médias américains sur 200 avaient soutenu Hillary Clinton). L'éventuelle autocensure politiquement correcte des sondés ouvertement ou potentiellement pro-Trump aurait-elle induit les instituts de sondage en erreur ? Les sondages par appels téléphoniques sur des lignes fixes ont-ils encore un sens à l'ère des smartphones, des tablettes et des apps Android/iPhone ?

mardi 8 novembre 2016

Emmanuel Todd : « L'Amérique de Trump » (audio)

De retour d'un voyage de plusieurs mois aux Etats-Unis et au Japon, le démographe et historien Emmanuel Todd s'entretient pendant 30 mn avec France Culture et analyse les profondeurs, contours et complexités de l'Amérique de Donald Trump... à mille lieux des visions simplistes, binaires et manichéennes couramment projetées par les médias et sur les réseaux sociaux.


« Il y a deux enjeux : une Amérique qui aspire à une sorte de recentrage national et démocratique, et à un rôle moindre dans les rapports internationaux  ; et une Amérique du néolibéralisme et de la globalisation qui domine jusque-là […] La source de la montée des inégalités dans le monde occidental vient de cette nouvelle stratification éducative […] Le monde anglo-américain est en train d'accoucher d'un deuxième renversement exigeant plus de régulation, plus d'Etat...et ce, même si Hillary Clinton gagne. Il y a déjà sous Obama un début de recentrage national, de retrait du monde en termes diplomatiques. »


lundi 31 octobre 2016

Nord Stream 2 : l'Allemagne maintient fermement sa connexion au gazier russe Gazprom

L'Allemagne et la Finlande poursuivent la construction du Nord Stream 2 - doublement du gazoduc Nord Stream 1 près des côtes de la Mer Baltique, peu importe la guerre froide 2.0. et la politique européenne / américaine des sanctions contre la Russie.


Selon Europetrole, 148 tuyaux (de 24 tonnes et de 12 mètres de long) sont quotidiennement transportés par train puis assemblés à Mukran, sur la presqu'île de Rügen (Allemagne), et sur le port de Kotka (Finlande) où les travaux de raccordement aux infrastructures du gazier russe Gazprom ont commencé en septembre 2016.

jeudi 27 octobre 2016

Pierre Conesa : « France, terrorisme et diplomatie en carton » (vidéo)

Fort d'une carrière de vingt années au ministère français de la défense, Pierre Conesa est spécialiste en questions géostratégiques, maître de conférences à Sciences Po et à l’ENA et auteur de « La fabrication de l’ennemi : ou comment tuer avec sa conscience pour soi » en 2011, et de « Docteur Saoud et Mister Jihad » en 2016.


Interviewé pendant une heure par Thinkerview, il explique comment l'Arabie Saoudite, grand allié de la France et des Etats-Unis, diffuse l'islam salafiste dans le monde et finance des groupes terroristes... qui prennent ensuite malin plaisir à s'attaquer aux territoires et citoyens français/européens et à semer le chaos dans le monde arabo-musulman. Pourquoi l'occident soutient-il obstinément le régime saoudien à bout de bras ? Humour noir, ironie, vérités dérangeantes et analyse solide au menu.  

lundi 3 octobre 2016

Vive les cyberattaques massives d'objets connectés !

Le 22 septembre 2016 le blog Krebs On Security - du chercheur en cybersécurité Bryan Krebs - fut victime d'une « attaque par déni de service » (DDOS : Distributed Denial Of Service) chiffrée à 620 gigaoctets/seconde, franchissant le record de 300 Go/s. Son hébergeur Akamai s'avoua incapable de protéger le blog d'un tel assaut et expliqua que les contre-mesures nécessaires auraient coûté de 150 000 à 200 000 dollars/an. Heureusement, Google se porta au secours du blogueur démuni avec sa technologie anti-DDOS nommée Project Shield, forte de son immense et résiliente infrastructure numérique. 


Le même jour, l'hébergeur et fournisseur d'accès OVH fut victime d'une attaque du même type estimée à 100-800 Go/s... avec des pics à 1,5 téraoctets/seconde (To/s) ! Les hébergeurs/FAI Psychz Networks et Cogent Communications, le fournisseur de serveurs virtuels privés Choopa et l'éditeur de jeux vidéo Blizzard furent également paralysés par des attaques DDOS de plusieurs centaines de Go/s.