mercredi 19 novembre 2014

Pierre Conesa : l'art de la non-décision ou l'illusion de l'action (vidéo)

Enseignant à Sciences Po, Pierre Conesa est l'auteur de “Surtout ne rien décider. Manuel de survie en milieu politique”, ouvrage qu'il résume comme suit : "l'art de la non-décision consiste à agir avec méthode et savoir-faire, assurance et détermination afin de laisser les inévitables réformes aussi intactes que possible à ses successeurs."


Lors de sa succulente conférence à l'ANAJ-IHEDN (1h20mn), il énonce quelques principes de la vie politique : 1/ Le long terme en politique est la prochaine échéance électorale. 2/ En politique, se méfier de ses amis plutôt que de ses ennemis. 3/ Le réformateur est un zébulon inmaîtrisable et dangereux qu'il faut tuer (politiquement). 4/ La réforme crée des inimitiés durables alors que la subvention ne tâche personne et crée des amitiés : toujours penser à la subvention. 5/ Un homme politique d'avenir est un homme qui promet. 6/ Un homme politique n'est mort que s'il est biologiquement décédé. 7/ Tout homme politique accusé de corruption est présumé innocent jusqu'à ce qu'il soit réelu.


dimanche 16 novembre 2014

Hollie Cook, chimiste de la soul et du dub

Si Martina Topley-Bird et le fantôme d'Amy Winehouse s'étaient mises à la procréation vocalement assistée après une nuit romantique dans les bras de Burning Spear - sous l'oeil vitreux de Zenzile, elles auraient sûrement donné naissance à Hollie Cook.
Cette londonienne de 28 ans a un pedigree à faire bander Philippe Manoeuvre : son père, Paul Cook, fut le batteur des légendaires Sex Pistols; sa mère Jennie Mathias fut choriste de Culture Club et est chanteuse de The Belle Stars - pôle position féminine du punk-rock flirtant brillamment avec le reggae/ska et les musiques afro; et son parrain se nomme Boy George. Ca commence mal. Très mal.
En 2006, elle lâcha ses obscures études artistiques et, cédant à ses pulsions ataviques, rejoignit le quartet punk The Slits où elle fit les choeurs et les claviers dans leur album Revenge of the Killer Slits. Lors de sa brève collaboration avec Brown, figure de proue des cultissimes The Stone Roses (qui marquèrent la pop-rock avec un album éponyme et mirent les radios british à genoux avec l'inoubliable Fools Gold dans les années 90), elle apprit ce qu'il faut savoir en matières de composition et d'arrangements et créa son label Mr Bongo, estampillé tropical pop.

mercredi 5 novembre 2014

Big Bang Disruption ou le cauchemar de l'innovation dévastatrice

Selon Larry Downes et Paul Nunes, l'innovation combinatoire fait désormais jeu égal avec la recherche & développement, et donne naissance à une économie plus créative dans laquelle de myriades de geek, de makers et de start-up font et défont des industries entières en quelques semaines, puis subissent et accélèrent de facto le rythme des disruptions dévastatrices. Comment survivre dans un environnement aussi "schumpeterien" ?


Les innovations dévastatrices doivent énormément aux licences ouvertes (open source, logiciels libres, Creative Commons, etc), aux composants sur étagère, aux kits de développement hardware/software, aux services cloud, aux applications mobiles, aux médias / réseaux sociaux, aux plate-formes collaboratives et aux financements participatifs (crowdfunding) qui irriguent et transforment irrémédiablement les processus de développement, de conception et de fabrication. Ces multiples facteurs de production déroulent le tapis rouge à l'information et à la communication (économie, technologie, qualité, popularité, etc) en temps réel, aux innovations ouvertes et/ou combinatoires (qui font désormais jeu égal avec la R&D interne et propriétaire) et abaissent considérablement les coûts d'entrée dans plusieurs industries. Dès lors, des start-up pourvues d'un minimum d'expérience et de capital initial peuvent rapidement mettre à mal des firmes établies - exerçant dans diverses activités proches ou lointaines - avant de subir à leur tour l'émergence d'autres game-changers.

Downes & Nunes ont décomposé le processus d'innovation dévastatrice en 4 phases : la singularité, le big bang, le big crunch et l'entropie. […] Les pionniers, les innovateurs, la majorité précoce, la majorité tardive et les réfractaires relèvent désormais de l'histoire. À l'ère de l'innovation dévastatrice à très grande vitesse, il n'y a plus que les utilisateurs à l'essai (trial users) et la majorité restante. […] Les écoles d'ingénieurs, de commerce / gestion, les facultés d'économie, les chambres de métiers et les gourous du management devront tôt ou tard réviser leurs paradigmes... avant que les MOOCS – autre disruption ! - s'y mettent ?


jeudi 30 octobre 2014

Aeromobil 3.0, la première voiture volante pour tous ? (vidéo)

Tout le monde attendait la Silicon Valley ou Tesla Motors mais c'est la start-up slovaque Aeromobil qui a finalement réalisé ce vieux rêve d'ingénieur.


L'Aeromobil 3.0, voiture volante la plus avancée à ce jour, a été présentée cet automne au Pioneers Festival à Vienne. Fondateur et chef du département de conception transports à l'Académie des Beaux-Arts de Slovaquie, Stefan Klein avait bricolé un prototype depuis 1989 et s'était associé à Aeromobil en 2010 en vue de commercialiser un modèle grand public certifié par les autorités slovaques. 

samedi 13 septembre 2014

EchoRadar.eu, blogzine de détection et d'alerte avancée

Bienvenue sur EchoRadar.eu, blogzine de détection et d'alerte avancée... consacré aux enjeux de technologie, de stratégie, de géopolitique, de défense, etc. Si vous ne le suiviez pas sur Facebook, Twitter et Google+ ou par flux RSS, il est encore temps de l'accrocher dans votre viseur.



Avant de donner l'assaut, nous tenons à remercier tous nos abonnés sur les réseaux sociaux pour leur soutien et leur assurons qu'ils ne regretteront pas l'aventure...


mercredi 3 septembre 2014

TrackingPoint pour Google Glass : le fusil intelligent pour les nuls (2)

Quelques mois plus tôt, la firme texane TrackingPoint avait développé son « fusil de précision guidée » permettant au sniper débutant de faire mouche à 450 m de distance après seulement deux ou trois essais.


Couplée à Google Glass, cette carabine intelligente permet également au tireur de toucher une cible « sans la voir de ses propres yeux».


Forts d'une telle application de tir vidéo-assisté, les snipers militaires/policiers marqueront et toucheront aisément leurs cibles en conservant leur couverture (derrière un mur, un angle mort, un arbre, etc), pour peu que cette innovation combinatoire soit suffisamment fiable lors d'un usage tactique de longue haleine sous toutes conditions. 

mardi 5 août 2014

EchoRadar – 1914 : Un autre monde ? (part.4)

1914-1918 : Les erreurs des politiques (Le Chardon) : "La Première Guerre mondiale a fait l’objet d’études nombreuses, de la part des historiens comme des stratégistes. Souvent, ils pointaient les succès et les échecs des chefs militaires : Joffre, Nivelle, Mangin, Pétain, Castelnau, Foch… On entend moins souvent de discours sur la responsabilité du politique. Or, depuis que notre bon maître Clausewitz nous a appris la remarquable trinité, on sait que la guerre est guidée non seulement par le chef militaire, mais aussi par le responsable politique et par le peuple."


L'exploit de l'U-9 : la rupture sous-marine (Le Fauteuil de Colbert) : "Quand est-ce que le sous-marin cesse de faire rire les amiraux et qu'il quitte son statut de jouet pour devenir un redoutable tueur des profondeurs ? L'exploit d'un seul sous-marin peut être la source de ce spectaculaire changement de statut. Il a été préalablement cité par l'article de Si Vis Pacem ( 1914-1918 : du sous-marin à la détection sous-marine, une guerre d'innovations) versé au dossier "Eté 1914 : un autre monde ?". Mais il peut être intéressant de le replacer dans une autre perspective afin de souligner l'importance de la rupture, tout comme sa profonde introduction, sans calembour. A vrai dire, l'avènement d'un engin sous-marin militaire est assez difficile à préciser dans le temps. A l'instar de la victoire (qui a de nombreux pères alors que la défaite est orpheline), la paternité de "la" création du sous-marin est disputée entre plusieurs nations, manifestement."

mercredi 23 juillet 2014

EchoRadar – 1914 : Un autre monde ? (part.3)

Deux combats navals - 1914 (Le Fauteuil de Colbert) : "Quel est donc l'enjeu de la bataille des Coronel ? Une escadre allemande commandée par le vice-amiral Maximilian Von Spee traverse le Pacifique. Londres craint que Berlin cherche à vaincre au large de l'Amérique pour s'offrir une liberté totale pour mener la guerre de course et ainsi sérieusement mettre à mal les communications alliés au service de l'effort de guerre en Europe. Face au comte Von Spee, le contre-amiral Christopher Cradock. Il est surnommé par des officiers français qui ont servi sous ses ordres de "vieux gentilhomme". Nos deux escadres se rencontrent le 1er novembre 1914. Le combat dure pas plus de deux heures. Nos deux auteurs nous relatent comment Von Spee a vaincu Cradock. Dans les faits, les différences techniques entre les navires, la différence du niveau d'entraînement entre les équipages, justifient un rapport de force écrasant en faveur des allemands."


Polytechniciens sous la mitraille (Cyberland) : "D'une façon générale, la guerre de 1914-1918 a été « socialement sélective » . Les enfants de la bourgeoisie et des milieux favorisés ont été plus touchés par les pertes que ceux issus des autres milieux. Ainsi, les écoles d'officiers de Saint-Cyr, l’École Polytechnique et l’École Normale Supérieure ont surcontribué à l'effort de guerre. Le niveau des pertes dans le rang des officiers est triple de celui de la troupe. 70 % des Polytechniciens furent répartis dans l'artillerie et 30 % dans le génie à l'exception de la promotion 1913 qui fut totalement affectée dans l'artillerie de campagne. Près de 10% de l'ensemble des élèves de l'X mobilisés servirent en tant que pilotes ou observateurs au sein des premières unités d'aéronautique militaire. Les avions, peu nombreux, légers et rudimentaires furent utilisés pour l'observation puis pour le réglage des tirs d'artillerie. Les accidents étaient fréquents et l'esprit chevaleresque prédominait."

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vendredi 18 juillet 2014

Electropause estivale

Je prend quelques vacances bien méritées et délaisse courageusement mon matériel informatique "at home". De temps à autre, je continuerai de baby-sitter les blogs EchoRadar qui réservent encore quelques nouveautés.


Je remercie mes nombreux lecteurs sans lesquels Electrosphère ne serait pas grand-chose, et serai de retour en fin août-début septembre. 

EchoRadar - Été 1914 : un autre monde ? (part.2)

Les blogs EchoRadar poursuivent leur petite rétrospective de la guerre de 1914-1918... sur Twitter / Facebook / Google+.


1914-1918 : du sous-marin à la détection sous-marine, une guerre d’innovations (Si Vis Pacem) : « Si le rôle des sous-marins fut "modeste voire frustrant" du côté français, l’approvisionnement en matières premières et l’acheminement de troupes, notamment américaines à partir d’avril 1917, vont devenir plus compliquées à réaliser. Notamment du fait de l’utilisation novatrice et finalement massive des sous-marins par l’Allemagne. La mise au point de l’ASDIC, l’ancêtre du sonar, vers la fin de la guerre permettra cependant de répondre à une innovation par une autre innovation. La détection sous-marine venait alors de voir le jour et sa généralisation jouera un rôle crucial lors du conflit mondial suivant. »

Y a-t-il des leçons stratégiques à la guerre de 1914-1918 ? (EGEA) : « Tout d’abord, l’innovation technologique a été constante tout au long du conflit, avec la mise en service accélérée de matériels nouveaux et l’adoption rapide des tactiques appropriées. Raids de Zeppelin, gaz asphyxiants, artillerie lourde, utilisation opérationnelle des sous-marins, mise au point des chars, des avions, voici autant d’exemples de ce moteur technologique. Pourtant, force est de constater qu’il n’y eut pas d’arme magique qui réussise à donner à elle seule la victoire. L’équipement est nécessaire, il ne produit pas la victoire à lui seule. Celle-ci dépend des orientations stratégiques, résultat de la pensée militaire d’une part, de l’organisation et de la valeur morale des hommes au combat d’autre part. On a souvent la perception de la guerre de 14-18 comme d’une guerre de position. Or, si elle l’a surtout été elle n’a pas exclu la manœuvre. Celle-ci est le résultat de combinaisons technico-tactiques adaptées au terrain et à l’ennemi. Alors, le mouvement peut réussir.  »


jeudi 17 juillet 2014

L'ingénieur du son est mort. Vive le studionaute !

Du MP3 à iTunes/Amazon en passant par le peer-to-peer et les logiciels de MAO (musique assistée par ordinateur), la disruption technologique transforme chaque jour l'industrie musicale et atteint désormais la production et la post-production qui basculent dans le cloud. Explications.


La première étape de production d'un album musical est la prise son. Elle se déroule dans un studio professionnel et consiste à enregistrer séparément les sessions audio des différents musiciens (chanteur, choeurs, guitaristes, batteur, DJ, etc) dans un disque dur de plusieurs centaines de gigaoctets. Autrefois et jusque dans les années 1980, ces enregistrements s'effectuaient sur des bandes magnétiques jalousement bichonnées, qui furent ensuite remplacées par des enregistrements direct-to-disk, lourdauds ancêtres de nos actuels disques durs USB dont l'industrie musicale fut parmi les premières bénéficiaires. Le direct-to-disc fut mis au point par la société New Digital England Corporation (NEDco) et intégré à ses synthétiseurs Synclavier qui pouvaient enregistrer des pistes mono en 16 bits.


mardi 15 juillet 2014

Un peu de géopolitique avec Yves Lacoste (vidéo)

On ne présente plus Yves Lacoste, père de la géopolitique devenue une discipline, auteur de l'incontournable ouvrage "La géographie, ça sert d'abord à faire guerre" (Editions Découverte).



Interviewé en avril 2014 par France Info, il aborde plusieurs sujets d'histoire et d'actualités comme la seconde guerre mondiale, la décolonisation, la puissance militaire américaine et la crise ukrainienne.

En savoir plus :