vendredi 7 décembre 2007

Du sexe dans l'espace ?


Les astronautes russes et américains auraient-ils jamais pris leur pied en orbite ? Cette sulfureuse question est aujourd'hui une véritable légende cosmique.

Celle-ci s'enflamma littéralement suite à la parution en 2000 du livre « La dernière mission : Mir, l'aventure humaine » (Ed. Calmann-Lévy) de Pierre Kohler. L'astrophysicien français rapporta alors que la NASA avait étudié la faisabilité de 10 positions sexuelles durant une mission à bord de la station Mir en 1996. La NASA nia fortement toute tentative en ce sens.

Le Dr Valery Bogomolov, directeur de l'Institut russe des sciences médicales spatiales fut encore plus véhément : « Je n'ai jamais entendu parler de relations sexuelles en orbite. Aucune expérimentation à cette fin n'a été menée dans nos vaisseaux et rien ne relate qu'il y ait eu des rapports sexuels au sein de nos équipages. Les cosmonautes sont certes des êtres humains comme les autres, mais la question sexuelle ne constitue pas enjeu pour la médecine spatiale russe ». (Interfax)

Par la suite, Kohler affirma à SPACE.com que ses documents sources étaient peut-être frauduleux mais qu'il avait vérifié leur validité auprès du sexologue Ray Noonan, rédacteur d'une thèse de doctorat sur les questions sexuelles dans l'espace. Ce dernier nia également en bloc, déclarant que les coquineries spatiales n'occupent qu'une page de son étude. L'astrophysicien français insista néanmoins sur la très forte éventualité de relations érotiques en orbite. Des dénégations de la NASA et de la FKA aux turpitudes de Kohler et Noonan, il n'en fallut pas plus aux newsgroups pour nourrir d'orbitales spéculations; de surcroît à une époque où le grand public découvrait encore l'Internet.

L'allongement progressif des missions spatiales et la mixité croissante des équipages soulèvent effectivement la question des relations intimes dans les étoiles. Pour l'instant, la NASA demeure restrictive sur ce point. Mais, qu'en sera-t-il lors d'un vol habité vers Mars qui durerait au bas mot une année ?

L'agence américaine estime que la présence d'un couple au sein d'une navette spatiale ou de l'ISS affecterait gravement la dynamique d'un équipage. Toutefois, une exception fut faite pour Jan Davis et Mark Lee en 1991 qui se marièrent très peu avant d'embarquer dans le Shuttle. Les deux astronautes refusèrent de faire état - pour des raisons aisément compréhensibles - de la teneur érotique de leur relation à bord. Des rumeurs circulèrent également sur la nature des rapports entre Elena Kondakova et Valery Polyakov en 1990 dans la station Mir, filmés en train de se tenir par la main. Comme leurs homologues américains, les deux cosmonautes gardèrent le silence.

Toutefois, de nombreux facteurs ne semblent guère propices à une relation sexuelle à bord d'un véhicule spatial. 

En effet, le mode de vie en orbite est plus proche de celui d'une caserne de commandos que d'une aventure de télé-réalité. Ce mode de vie a hérité des nécessités d'une exploration spatiale exclusivement militaire à ses débuts. Par ailleurs, une discipline de fer est réellement indispensable lors de situations critiques où le recours à une aide extérieure est impossible. Lorsque le feu prit à bord de Mir, le mental d'acier de l'équipage permit d'éviter le pire. 

Repensez donc à votre « pétage de plombs » quand une petite fumée s'échappe de votre voiture, misère ambulante de quelques milliers d'euros face à un bijou de plusieurs milliards de dollars à 300 km d'altitude...

Les quelques astronautes ayant volé dans la navette spatiale et dans l'ISS ou Mir admettent que l'ambiance est beaucoup plus détendue dans une station que dans un Shuttle. Dans le premier cas, les missions durent très souvent plus d'un trimestre, dans le second, tout au plus quinze jours durant lesquels la compression des tâches (recherche, maintenance, expérimentation, navigation, etc) et la gestion inhérente du stress prennent toutes leurs significations.

Quant à l'intimité, il faut faire une croix dessus. Le cockpit et l'habitacle d'une navette sont à peine plus grands qu'un petit bureau, et la cabine de douche peut tout juste contenir une personne. Le module d'une station spatiale n'est qu'un cagibi vertical saturé de diodes, de manettes, de boutons et de tiroirs; les lits verticaux et leurs draps sanglés de maintien (apesanteur oblige)  ne sont guère adaptés aux fricotages. Un parloir ? Vous n'êtes pas sérieux ?

Même les spationautes expérimentés connaissent régulièrement des nausées - effets secondaires de la gravité zéro - durant leur séjour dans l'espace. Pas très glamour. La transpiration générée pendant un rapport sexuel serait aussitôt dispersée en petites bulles flottantes dans tout le vaisseau. Ici, je ne mentionne que les gouttes de sueur. Féerique ? Last but not least, la gravité zéro provoque une sévère hypotension artérielle et un ramollissement musculaire chronique. Un véritable cauchemar pour le latin lover aux ambitions interplanétaires.  

« Houston, vous nous recevez ?... J'ai un problème... Un tout petit problème. »

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