Grâce
à une ingénieuse opération de guerre électronique et de hacking,
l'aviation israélienne aveugla complètement la surveillance
anti-aérienne syrienne lors d'un raid contre une petite centrale
nucléaire.
Depuis
la guerre de Six Jours, la Syrie investit massivement dans des
systèmes anti-aériens de manufacture russe couvrant tout son
territoire. Certes, une bonne partie de ce matériel n'est plus de la
dernière mode mais aucun pilote ne se risquerait contre probablement
la plus grosse défense anti-aérienne de toute la zone Moyen-Orient
et Asie centrale.
Dans
la journée du 6 septembre 2007, la première phase du raid israélien
consista en une attaque contre un radar syrien situé à Tall
al-Abuad près de la frontière turque. Ce dispositif fut
probablement brouillé électroniquement puis détruit par des bombes
à guidage laser ou par des missiles anti-radar Harm. Une étape
indispensable pour l'escadrille israélienne de F-15 d'escorte et de
F-16 d'attaque au sol, appareils aux cellules conventionnelles (c-à-d
non-furtives) tenus de rester aussi indétectables que possible
durant leur trajet aller-retour.
Immédiatement
après cette attaque de pénétration, la quasi-totalité des
stations radars syriennes fut désactivée pendant plusieurs minutes.
L'interruption de leurs signaux électromagnétiques fut détectée
par les avions RC-135 (des Boeing 707 de surveillance électronique)
de l'US Air Force patrouillant constamment au-dessus de la péninsule
arabe et du Golfe Persique.
Les
F-15Is ou les F-16Is de l'Israeli Air Force (appareils de brouillage
électronique) participant au raid ne peuvent à eux seuls brouiller
autant de signaux sur d'aussi longues portées. En outre, la seule
destruction d'une dizaine de stations radars syriennes nécessiterait
une petite campagne aérienne, pour peu que les chasseurs-bombardiers
israéliens y parviennent sans alerter quiconque et sans subir la
moindre perte. Les éventuels accrochages avec l'aviation/la DCA
syrienne et les multiples dégâts conséquents feraient vite le tour
des des médias internationaux.
Des
commandos israéliens auraient-ils préalablement infiltré le
territoire syrien afin de neutraliser électriquement ou de détruire
physiquement quelques stations radars ? Cette méthode fut utilisée
par les forces spéciales américaines et britanniques aux premières
heures de la Guerre du Golfe. Mais de telles interventions en
profondeur auraient longtemps mobilisé beaucoup trop d'unités
spéciales. Il s'agit de passer totalement inaperçu en territoire
syrien, pas d'aller sauver des otages dans un aéroport ougandais
désaffecté...
Toutefois,
la surveillance anti-aérienne syrienne demeure très centralisée –
une configuration technique typiquement russe - et utilise les bandes
HF et UHF, d'où sa vulnérabilité au brouillage par déception et
au cyberpiratage.
La
combinaison de ces deux astuces fut réalisée grâce à un avion
Gulfstream G-550 Etam ELINT dédié à la guerre électronique. Cet
appareil localisa précisément les émetteurs radars syriens,
intercepta les signaux inhérents et les renvoya à leurs sources en
injectant des flux intoxicateurs de données. Ces données
irriguèrent ensuite la boucle interne de surveillance anti-aérienne
et établirent une « liaison toxique » qui permit aux Israéliens
de littéralement « corrompre » la surveillance
anti-aérienne syrienne et peut-être de falsifier ou d'effacer
la signature radar des F-15 et F-16 de l'IAF.
Que
visait donc l'aviation israélienne pour justifier une telle ruse ?
La
cible était une petite centrale nucléaire en construction à Dayr
a-Zawr avec le concours de la Corée du nord... qui condamna
ouvertement le raid israélien alors que la Syrie était restée
bouche cousue jusque-là ! Selon des officiels israéliens, le secret
entourant cette cette installation nucléaire fut telle qu'aucune DCA
n'avait été assignée à sa protection rapprochée.
Lancé
le 11 juillet 2007 (c-à-d quelques semaines avant le raid du 6
septembre), le satellite israélien Ofeq-7 est équipé de
technologies avancées d'imagerie électronique et d'une résolution
multi-spectrale inférieure à 50 cm. Ainsi, l'IAF intégra
recoupements cartographiques à haute définition (pour la
planification de raids aériens) et guidages laser et GPS (dans
l'éxecution d'attaques au sol de précision) afin de faire mouche
contre l'installation nucléaire syrienne.
L'État
hébreu est un habitué de ces tests in
vivo des
défenses anti-aériennes arabes qui, corrélativement, envoient un
signal fort à Téhéran.
En
1981, l'escadrille israélienne de F-15 et de F-16 en route pour la
centrale nucléaire irakienne d'Osirak survola d'abord la Jordanie,
les avions se rapprochèrent suffisamment près pour imiter la
signature radar d'un jet commercial. Passablement découvert par la
surveillance radar syrienne lors de leurs contournements des
couvertures radars ennemies, un pilote israélien parlant
parfaitement arabe fit passer son escadrille pour un vol
d'entraînement jordanien. À L'époque, l'aviation du royaume
hachémite bénéficiait régulièrement des largesses de ses voisins
arabes du fait de l'exiguïté de son espace aérien.
Leurrage
visuel et intoxication verbale hier, brouillage par déception et
cyberpiratage aujourd'hui : le but premier consiste à tromper
l'opérateur humain posté derrière son écran.
En
savoir plus :

1 commentaire:
Juste au sujet des BGL, leur usage remonte à la guerre du Vietnam :)
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