A l'avant-garde d'évolutions technologiques majeures, l'industrie du X a souvent fait pencher la balance en faveur d'un standard ou contribué à la diffusion d'un produit grand public.Au milieu des années 70, la bataille fait rage entre les formats VHS (JVC) et Betamax (Sony) pour la conquête des magnétoscopes de salon; celui nippon étant unanimement reconnu par les vidéophiles pour sa qualité supérieure malgré des durées d'enregistrement plus courtes. Malheureusement, l'ultra-protectionnisme de la firme japonaise envers sa licence Betamax offrira de sacrées longueurs d'avance à la concurrence. Alléchés par les juteuses perspectives de la vidéo domestique, les producteurs du X adoptent rapidement le VHS, entraînant Hollywood dans leur sillage. Le Betamax demeurera confiné au monde professionnel.
Cash en chaleur
Depuis 2006, « San Pornando » produit ses premiers en films en HD DVD, technologie plus accessible et moins onéreuse que le Blu-Ray de Sony...qui devra encore cravacher ferme pour sauver son bébé. Toutefois, dans l'attente d'une conversion massive des fabricants et des consommateurs au nouveau standard, 90% du catalogue sont encore édités en DVD conventionnels.
La scène hard a donc pu découvrir en avant-première les dommages collatéraux du fameux HD DVD. Minuscules brûlures de rasoir ou de cire, infra-cellulite, ridules, veinules, pores : toutes ces petites aspérités invisibles à l'oeil nu ou en définition classique, transparaissent très clairement en haute définition. Les astuces usuelles (changements d'angle ou de position, poudres, fonds de teint, retouches numériques, etc) révèlent leurs limites et font trop souvent grimper les budgets de production et post-production. Plusieurs professionnels du plan serré dénoncent cette image crue et presque médicale, d'autres apprécient ce pixel hyper-réaliste. Tous reconnaissent la nécéssité d'innover drastiquement sur le plan vidéographique. Depuis peu, Hollywood est également confronté aux mêmes difficultés.
L'arrivée de la HD est une aubaine pour les chirurgiens plastiques, leurs cabinets sont littéralement pris d'assaut par des diligences d'actriX débutantes ou confirmées. La requête en vogue : « une peau de bébé intégrale ». Des pornstars comme Jesse Jane ou Stormy Daniels repassent pour l'enième fois sur le billard afin d'effacer d'infimes marques de grossesse ou d'implants mammaires, et des micro-cicatrices dues aux interventions précédentes. Leurs collègues masculins résistent, mais eux aussi sont instamment priés de soulever un peu plus de fonte, d'éliminer leur pilosité corporelle, de s'habituer à la liposuccion et aux cosmétiques.
Bénéficiant d'exceptionnelles synergies technico-commerciales du fait d'un voisinage très favorable - Silicon Valley et Hollywood, les industriels de San Fernando ne comptent guère en rester là. Ils ambitionnent déjà de vendre la télé-sexualité à la demande ( live sex on-demand ) aux chaînes motelières d'Amérique et aux cybernautes du monde entier. Grâce aux merveilles d'une carte bancaire et de la convergence Web-TV HD, un couple dans sa chambre verra et interagira en temps réel avec un ou plusieurs autres en pleine action. Etape préalable pour les boss de Pink Valley : convaincre le très néo-conservateur département de la Justice ou espérer une prochaine administration démocrate.
Une chose est sûre : dans le far-west digital, les régiments californiens de cavalerie tirent plus vite que leurs ombres.
Dans le second volet de Porno Moteur, les statistiques détaillées de la cyberpornographie vous seront dévoilées dans la plus parfaite intimité.
Article publié et commenté sur Agoravox
