vendredi 18 janvier 2008

La loi du 1% des médias participatifs

Dans tout média participatif, 1% des utilisateurs créent les contenus, 10% interagissent, 89% ne font qu'observer et 100% en bénéficient amplement.

Cette loi est déjà largement vérifiée chez Youtube et Dailymotion qui comptabilisent quotidiennement plus de 100 millions de téléchargements sortants (downloads) et environ 100 000 téléchargements entrants (uploads). Selon le Church of the Customer Blog, il en de même chez Wikipédia où la totalité des articles est rédigée par 1,8% des utilisateurs, et chez Yahoo! Groups où 10% des inscrits commentent et/ou fournissent des informations complémentaires, les 89% restants font le buzzimat du média participatif.

On retrouve les mêmes statistiques chez Flickr, Photobucket, OhMyNews, GarageBand, LastFM, Myspace Video et très probablement chez Rue89 et Agoravox.

Parallèlement, seulement 11% des téléchargeurs de In Rainbows, l'album vendu directement en ligne par le groupe rock Radiohead, l'ont effectivement acheté. Disponible depuis peu dans les bacs, cette oeuvre musicale caracole néanmoins en tête des charts nord-américains et européens. Cependant, malgré quelques similitudes avec les faits précédemment évoqués, ceci est une toute autre histoire que je laisse aux spécialistes du cybermarketing et de la musique en ligne.

Dans le Web 2.0, le ratio créateur/consommateur n'avoisine donc que 1%.

Fort heureusement, il n'est pas nécéssaire de convertir 100% de l'audience en créateurs ou en participants actifs pour obtenir un média à haute valeur ajoutée sociale et/ou buzzimétrique dont bénéficieront des millions de cybernautes. En outre, la minorité des créateurs et des participants sont aussi des « consommauteurs » très fidèles. En notant les articles, les vidéos, les photos ou les chansons, les utilisateurs inscrits ou non incitent les créateurs à constamment peaufiner leurs oeuvres et poussent le média participatif à répondre plus ou moins à leurs attentes. Dès lors, en orientant et en sélectionnant la production, l'acte de consommation devient partiellement un acte de création.

Toutefois, Il ne faut pas espérer décrocher la lune 2.0 en quelques clics. Certes, avec beaucoup de détermination, un « buzz marketing » bien mené et une petite dose de chance, on finit par y arriver. Le plus dur, au départ, consistant à attirer des créateurs/fournisseurs de contenus dans ces myriades de micro-niches : blogs, vlogs, podcasts, sites participatifs de musique/photo/vidéo/presse, etc ...

L'ère de l'égocasting ne fait que commencer.

Article publié et commenté sur Agoravox



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