mercredi 4 février 2009

Cyborg Beetle



Vol agile, contrôle stable, faible consommation énergétique, feedback sensoriel, suivi de terrain... Dans tous ces domaines, les insectes volants dament encore le pion aux meilleurs biomimétismes. Plutôt que récréer microrobotiquement ces merveilleuses aptitudes, des scientifiques de l'Université de Californie – financés par le DARPA - ont opté pour une approche hybride : un microprocesseur et un récepteur radio fixés sur le dos d'un vrai coléoptère, six électrodes implantés dans ses lobes optiques et ses muscles de vol... Et un ordinateur portable émettant d'oscillantes pulsations électriques pour initialiser le décollage du Cyborg Beetle, de courtes pulsations alternées pour contrôler le vol, un curseur et/ou un joystick pour changer de direction et d'altitude.

Comparativement à maints insectes, les coléoptères et scarabées ont une meilleure solidité exosquelettique (chitine), un volume corporel plus élevé, une résilience organique plus conséquente et un vol moins complexe, papillons et libellules nécéssitant un streaming continu et sophistiqué de pulsations pour leur maintien dans les airs. Grâce à sa rustique anatomie, le Cyborg Beetle intègre mieux les matériaux microélectroniques et des systèmes ultra-miniatures d'observation comme une caméra et un détecteur thermique. L'armée américaine compte l'utiliser dans des missions de reconnaissance ou de search-and-rescue sur un champ de bataille difficile ou dans une zone contaminée par quelque dépôt radioactif/toxique.

Depuis belle lurette, la société française SILMACH et la Direction Générale de l'Armement ont codéveloppé la Libellule, remarquable microdrone de reconnaissance à ailes battantes de 6 cm d'envergure, de 20 mg de masse, doté de 180 000 nanomuscles artificiels et d'une motorisation électromagnétique (voir cet article de Spyworld Actu)

Du Cyborg Beetle américain à la Libellule française, la révolution microrobiotique militaire ne fait que commencer...





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