vendredi 15 mai 2009

Vers un duel Android-Windows sur netbook ?


Le système d'exploitation Android (Google) devra faire mieux pour égaler ou devancer Microsoft Windows dans le marché des PC ultraportables.

Quand HP annonce avoir testé Android (Linux inside) en vue d'une éventuelle implémentation dans sa gamme de netbooks, on pressent un nouveau souffle dans les ventilations des cartes-mères. Dell et Asus entretiennent le mystère autour de démarches expérimentales similaires à celles de leur concurrent HP. Pour ce dernier et pour ses clients potentiels, la différence de prix compte pour beaucoup : la version Linux Ubuntu de son netbook Mini 1000 HIE est vendue à un prix indicatif de 279 € contre 400 € pour la version Windows XP Home.

Cependant, intéréssons nous d'abord au fabricant chinois Skytone et à son Alpha 680, un netbook XS à environ 180 € doté de 128 Mo à 256 Mo de RAM, d'un disque dur Flash de 4 Go, d'un écran LCD de 7 pouces (800 x 480 pixels), de deux ports USB, d'une entrée carte SD, d'une carte wi-fi (3G en option), d'une autonomie de 4h extensible à 9h, incorporant le système d'exploitation Android et la puce ARM11. Économique, suffisamment puissante et de surcroît peu énergivore, la puce ARM11 équipe de très nombreux modèles de PDAphones et de smartphones, notamment le iPhone et même le fameux baladeur iPod. L'intégration Android-ARM11 dans l'Alpha 680 démontre donc la convergence voire la proximité computationnelle entre le netbook et le smartphone.

Pour des manufacturiers chinois/taïwanais de PC ultraportables comme Skytone, Clevo, MicroStar International, Compal Electronics, Elitegroup, Mitac et Pegatron Technology souhaitant conquérir les marchés émergents (Chine, Inde, Russie, Europe centrale, Brésil) et les classes moyennes et aisées du « sud » (Amérique latine, Afrique, Moyen-Orient et Asie centrale/méridionale), l'option ARM11-Android est plus qu'alléchante.

Actuellement, la quasi-totalité des PC ultraportables fonctionne avec Windows XP, système d'exploitation payant et propriétaire dont la commercialisation aurait du cesser à l'été 2009. Mais, afin de barrer la route à Linux sur le prolifique marché des netbooks, Microsoft a prolongé sa commercialisation de deux ans et facture Windows XP Home (version ultraportable de Windows XP3) environ 11 € aux fabricants, c-à-d moins d'un quart de son prix initial. Parallèlement ou concomitamment, Intel fit de même en introduisant manu militari sa puce Atom 32 bits - initialement conçue pour les mobiles - afin de devancer coûte que coûte la puce ARM11 sur ce marché du PC ultraportable dont la croissance est estimée à 81% pour 2009 (selon le cabinet Gartner). Afin de ne point décrocher, Microsoft a développé Windows Starter, version ultraportable de Windows 7 plutôt corsetée : pas plus de trois applications ouvertes simultanément, antivirus inclus ! Un Vista ultraportable ? Même la firme de Redmond n'y pense pas.

Or, contrairement à Windows XP Home ou Starter, Android est un OS mobile gratuit, open source et remarquablement optimisé pour les applications en ligne. Les fabricants ont toute liberté pour l'adapter pleinement à leurs produits, qu'ils s'agissent de netbooks ou de smartphones. Néanmoins, peaufiner un OS mobile pour un usage informatique n'est pas aussi facile. Primo : les couches logicielles et l'architecture matérielle doivent communiquer efficacement. Secundo : l'interface utilisateur et les applications doivent parfaitement s'ajuster à un écran plus large que celui d'un smartphone. Tertio : ces deux facteurs doivent s'appliquer en toute aisance à n'importe quel modèle de netbook.

Lors de la rédaction de ces lignes, cinq applications étaient actives : OpenOffice pour la bureautique, Thunderbird pour les e-mails, Firefox pour le web, Winamp pour la musique, l'antivirus et pare-feu pour la cybersécurité. Tout en conservant sa sobriété en ressources (mémoire vive, processeur et carte graphique), un OS ultraportable réussi autorise également un certain degré d'activité multi-logicielle. Ne l'oublions pas : le cybernaute lambda est fondamentalement multi-tâche.

Par ailleurs, l'expérience a démontré que les consommateurs ouest-européens et nord-américains acceptent de payer un petit surplus – quitte à retourner leurs netbooks Linux aux revendeurs ou aux fabricants comme c'est souvent le cas - afin d'opérer dans l'environnement nettement plus familier de Windows. En revanche, leurs homologues indiens, chinois et russes adoptent de plus en plus Ubuntu, la plus conviviale et de facto la plus populaire des distributions Linux. C'est à la fois une aubaine et une heure de vérité pour Android qui devra fermement convaincre les fabricants et fortement séduire les consommateurs, ceci afin de consolider sa croissance organique et de se doter de meilleurs atouts face à un Windows plutôt coriace.

En complément : Sacré netbook


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