lundi 1 février 2010

Le guide stratégique de David contre Goliath

1. Des alliances tous azimuts. Nous disposerons toujours d'alliés fidèles sans pour autant en faire la pièce maîtresse de notre sécurité. Pris de court, ces alliés se confondront en condamnations ou en invectives, promettront des sanctions et nous abandonneront poliment à notre triste sort face à un puissant ennemi. Il convient donc de constamment entretenir des relations amicales avec nos voisins – y compris les plus infréquentables - et de ne jamais leur offrir un prétexte pour ouvrir les hostilités.


2. Une influence normative. En contribuant significativement à l'établissement de règles et de traités internationaux, nous forgerons chaque jour notre influence normative qui facilitera l'obtention de soutiens au sein des milieux diplomatiques, académiques et médiatiques.

3. Une image politiquement correcte. Nous organiserons et sponsoriserons régulièrement des forums économiques, des sommets politiques, des conférences académiques et des événements culturels et même sportifs afin d'élargir et de maintenir notre visiblité médiatique. Un petit état ambitieux doit constamment être perçu par tous comme celui qui ne veut de mal à personne, négocie avec quiconque et respecte tout le monde. Forts de notre publicité « politiquement correcte » – étroitement associée à notre influence normative, médias, organisations internationales et ONG nous considèreront comme un acteur aussi bienveillant qu'incontournable.

4. Une stratégie centrale de sécurité. Notre sécurité militaire et politique sera le coeur de notre stratégie. Au besoin, nous proposerons à une ou à plusieurs puissances militaires d'établir des bases militaires sur notre territoire. Malgré notre petitesse, qui s'y frottera s'y piquera.

5. Une force hybride. Face à un ennemi supérieur en nombre et en puissance de feu, nous combinerons guerre conventionnelle et guerre irrégulière en conservant une faible signature opérationnelle. De multiples petites brigades très mobiles (composées de soldats réguliers, de forces spéciales, de réservistes, de paramilitaires et de vétérans) équipées d’armes légères (fusils d’assaut, fusils à lunette, RPG, MANPADS, véhicules banalisés, 4X4, pick-ups, motos, bicyclettes, etc) peuvent infliger de sérieux dégâts matériels à une grosse armée. Ces brigades autonomes s'approvisionneront dans des caches secrètes (armes, carburant, nourriture, argent) dispersées sur tout notre territoire et dans des pays voisins qui soutiendront discrètement ou ouvertement notre cause mais nieront systématiquement leur implication.

6. Une guérilla d'usure. En cas de conflit ouvert, nous privilégierons les environnements difficiles afin de compliquer la tâche à notre ennemi et l'attirerons dans des lieux propices à des embuscades, à des harcèlements, à des attaques en essaims, à des guerres urbaines : grandes ou moyennes villes, vallées, forêts, marécages, montagnes. Ainsi, nous créerons une sensation permanente d’insécurité au sein de ses troupes adverses et augmenterons – lentement et sûrement - le coût humain, matériel, financier et politique de la guerre pour leur État.

7. Une guerre informationnelle dans un storytelling. Avec nos smartphones et nos caméscopes, nous filmerons autant que possible nos assauts réussis contre des éléments ennemis (chars, hélicoptères, avions) et diffuserons abondamment les vidéos sur les médias sociaux. Nous ferons de même avec les moindres bavures et cruautés de nos ennemis envers des populations civiles. Grâce à un storytelling bien pensé, nous serons des victimes sur la scène internationale et d'héroïques combattants auprès de nos compatriotes. 

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