mercredi 16 juin 2010

L'Afrique en haut débit


Une analyse de Fabrice Epelboin (Readwriteweb.fr) à mettre entre toutes les mains et un grand merci pour l'intérêt qu'il porte régulièrement à l'Afrique numérique.

La pose annon­cée d’un câble sous marin assu­rant une liai­son très haut débit sur toute la façade ouest du conti­nent africain, qui vien­dra com­plé­ter un dis­po­si­tif haut débit en place depuis peu annonce une décen­nie de chan­ge­ment radi­caux pour toute une par­tie de l’Afrique.



[...] Avec l’accélération du télé­tra­vail au Nord, les délo­ca­li­sa­tions ne seront plus à l’avenir l’apanage de l’industrie. Comme ce fut le cas entre les Etats-Unis et l’Inde, on pour­rait assis­ter à une délo­ca­li­sa­tion pro­gres­sive du sec­teur des ser­vices vers l’Afrique où les diplô­més ne manquent pas, parlent la même langue, et sont situés, qui plus est, dans un cré­neau horaire par­fai­te­ment com­pa­tible avec les heures d’ouverture des bureaux en Europe.
[...]
Du gra­phisme à la comp­ta­bi­lité en pas­sant par l’informatique, ce sont ainsi des mil­liers d’entreprises du sec­teur ter­tiaire qui pour­raient, grâce au haut débit, naître un peu par­tout en Afrique et pro­po­ser leurs ser­vices aux socié­tés occi­den­tales à la recherche de sou­plesse et de réduc­tion de leurs coûts, en par­ti­cu­lier pour des fonc­tions qu’elle jugent peu stra­té­giques.
[...]
On pour­rait même assis­ter à des spé­cia­li­sa­tions dans cer­tains pays, et même, pour les plus oppor­tu­nistes, à un véri­table boom de l’économie des ser­vices, appe­lée à repré­sen­ter une par­tie conséquente du PIB et une pro­por­tion impor­tante de la crois­sance, à l’image de l’île Maurice, qui a connu une telle période d’euphorie ces dix der­nières années.

Après avoir pillé ses matières pre­mières durant plu­sieurs siècles et avoir annoncé son inten­tion de faire de même avec sa matière grise sous la ter­mi­no­lo­gie d’ «émigra­tion choi­sie», c’est en pra­tique le contraire qui pour­rait prendre place. Un joli pied de nez à l’histoire, qu’internet n’a pas fini de bou­le­ver­ser, tout comme l’imprimerie en son temps.


Contrairement aux dires de maints Cassandre, l'Afrique a plutôt bien rattrapé le train de la révolution informationnelle, de l'internet à la téléphone mobile en passant par la monétique mobile (m-paiement / m-banking où elle innove en pôle position). Quand le smartphone deviendra l'outil préféré des internautes dans la prochaine décénnie, ce continent sera très probablement à la page.

Néanmoins, afin de mener à bien leur transition vers l'e-conomie - sur le plan local comme international, les pays africains devront préalablement ou simultanément entreprendre une profonde remise à niveau de leurs infrastructures électriques et télécoms (les réseaux filaires en particulier) trop souvent vétustes et capricieuses. Deux marchés juteux sur lesquels la Chinafrique avance à grand pas.


L'intégralité de l'article est disponible dans Readwriteweb.fr : L'Afrique en haut débit



1 commentaire:

Beny a dit…

Très bonne initiative, D'ici à 2015 les applications temps réel ne poseront peut être plus un grand problème de déploiement sur le continent. Mais comme d'hab, si les occidentaux le font, c'est qu'il y a une contrepartie.