
Cet ouvrage est bien plus qu'une version « réseautiquement remastérisée » du concept d'égocratie cher à Michel Serres et défini ici comme « le pouvoir de l’individu de bousculer les frontières, notamment dans la manière dont on mobilise ses semblables afin de créer une nouvelle opinion publique. Il y a un changement de référentiel par rapport à ce que l’on connaît dans le monde physique. L’égocratie est un pouvoir pris au dépend des autres, c’est un pouvoir qui est pris dans l’intermittence du suffrage universel, c’est-à-dire là où n’on est pas censé avoir plus de pouvoirs que les autres. »
Sans pour autant être invincible à la récupération, à la censure ou à la répression, une opinion publique ou une contestation populaire génére et/ou exploite ses propres « voies express » d'information, de communication et donc de mobilisation.
Pour ma part, l'analyse de Martin est amplement confirmée par le marketing 2.0 qui mena Barack Obama à la Maison Blanche et qui pourrait bien l'en faire ressortir, par la contestation iranienne « twitterisée », par les Tea Parties et par les blogs de la colère en Chine. De Washington à Pékin via Téhéran, les médias sociaux ont bousculé quelques repères politiques et redistribué les cartes médiatiques.
Dans le cas d'une démocratie (post-)industrialisée, « l’impact est alors direct et plus ou moins fort sur le fonctionnement démocratique : amendements portés à l’assemblée, projets de loi remis en question, ou de manière plus négative, candidats écartés des listes, ou baisse de la réputation mettant en péril le bon exercice d’une fonction de représentant » (cf Readwriteweb.fr).
Maître de conférence associé au CELSA - Paris IV Sorbonne et cofondateur du think tank Social Media Club France, Alban Martin considère les technologies de l'information et de la communication – plus très nouvelles depuis environ deux décennies – comme « une opportunité pour réenchanter la démocratie ». Son ouvrage a l'immense mérite d'établir un savant trait d'union entre technologies et sciences politiques.
En savoir plus :
Alban Martin : Égocratie et démocratie (éditions FYP)
Alban Martin, son blog : Cocréation
Public Sénat : Les nouvelles technologies, une opportunité pour réenchanter la démocratie
Readwriteweb.fr : Un nouveau pouvoir : égocratie et démocratie
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