vendredi 1 octobre 2010

Les hommes régissent, les femmes subissent

Steve Blank est professeur de gestion à Standford, investisseur-créateur de start-up technologiques et animateur du blog éponyme.

Ses deux filles actuellement en faculté sont progressivement confrontées aux dures réalités du monde du travail. Fort de sa longue expérience, il leur a prodigué quelques conseils assez originaux :


  • Le langage de l'entreprise est celui des gagnants et des perdants. Les dirigeants qui lisent L'art de la guerre sont peu enclins à susciter une culture de la collaboration.

  • Il y a des règles implicites de compétition et de collaboration au sein des entreprises.

  • Dans la plupart des entreprises, ce sont les hommes qui fixent ces règles. Ils ne conçoivent point qu'il puisse en être autrement et ne ressentent guère le besoin d'expliquer ces règles (implicites / explicites) à leurs pairs masculins comme féminins.

  • Les dirigeants attendent de leurs salariées qu'elles se plient aux règles qu'ils ont plus ou moins édictées. Ces dernières doivent donc pleinement appréhender les règles de compétition-collaboration dans leur branche d'activités et/ou dans leur entreprise. Dans le cas contraire, elles seront remplacées par d'autres parfois moins compétentes mais plus promptes à jouer le jeu.

  • Les femmes peuvent être aussi compétitives que les hommes, pour peu qu'elles le souhaitent, et apprennent puis appliquent les règles implicites de compétition-collaboration.

  • Une femme doit se trouver un mentor connaissant parfaitement les règles du jeu et, par la suite, endosser le même rôle.

  • Les femmes qui préfèrent collaborer plutôt que « jouer le jeu des hommes » doivent modifier et clarifier leurs choix de carrière.

  • La différence des genres semble déplaire mais elle existe bel et bien sur le lieu de travail.

  • "Je me suis peut-être trompé" (cf. Steve Blank).


Steveblank.com : Boys Rule, Girls Loose – Women at Work



1 commentaire:

Bénédicte a dit…

Charles,

Comment avais-je pu manquer ce post ? De la "gender study" à l'anglo-saxonne par excellence.

Plus largement, petite remarque d'apprentie géographe : les hommes et les femmes perçoivent et pratiquent l'espace de manière différente.

Un exemple peut-être caricatural : une ballade entre deux amis dans une rue commerçante... Sans tomber dans l'extrême de la caricature (la femme et le lêche-vitrine vs l'homme et le bar passant un match de foot), si vous demandez après cette balade à ces deux personnes de dessiner une carte mentale (une méthodologie que les géographes aiment bien... c'est très parlant), sans aucun repère (pas de plan, mais une feuille blanche), les deux n'indiqueront pas les mêmes repères spatiaux : la femme aura repérer des magasins de vêtements de marques correspondant à son âge, l'homme ne les aura pas repérer... (De la même façon, que si l'on demande le même "exercice" à un fumeur et à un non-fumeur, les bars-tabacs apparaissent ou disparaissent de cette cartographie imaginaire...).

L'entreprise est aussi un espace (un espace de création, de distribution, de production, etc. selon le type d'entreprises, mais bien un espace). Les hommes et les femmes ne perçoivent pas et ne pratiquent pas cet espace de la même manière. Cela se traduit dans leur relations sociales et dans leurs relations au monde du travail en général.