lundi 22 novembre 2010

Hatsune Miku, popstar virtuelle en tournée réelle

Entre l'holographie 3D et le jeu vidéo musical Guitar Hero, une popstar virtuelle en tournée réelle relevait depuis belle lurette d'une inéluctabilité... technologique ou artistique ?



Hatsune Miku est un avatar 3D féminin - à l'infographie typiquement manga - conçu par Crypton Future Media (Yamaha) qui « emploie la technologie de synthèse vocale Vocaloid avec différentes banques de voix enregistrées spécialement par des comédiens de doublage ou chanteurs. Pour créer une chanson, l'utilisateur doit entrer la mélodie, au moyen d'une interface représentant un clavier de piano ou en chargeant un fichier MIDI, et les paroles, qui peuvent être placées sur chacune des notes. Le logiciel peut modifier la prononciation (longueur des consonnes notamment), ajouter des effets tels que le vibrato, ou changer les nuances et le timbre de la voix. Tous les Vocaloids sont vendus comme des « chanteurs virtuels » (cf. Wikipedia).

Afin de prodiguer un degré de réalisme vocal à sa créature, Crypton Future Media a emprunté la voix de la chanteuse nippone Saki Fujita. Dans les plans rapprochés, le téléspectateur aperçoit la pixellisation inhérente à cette « vocaloïde » mais nul doute qu'il en soit autrement pour le spectateur. Aujourd'hui, Hatsune Miku compte plus de 45 000 fans sur sa page Facebook et commercialise sa petite collection de DVD/Blu Ray. Selon le blog Vocaloidism, la filiale de Yamaha planche actuellement sur une version anglo-saxonne de la chanteuse virtuelle. Parallèlement, le succès de l'application Vocaloid fut tel que Crypton Future Media a crée son label musical KarenT et la chaîne Youtube correspondante.



Côté pop-rock, j'ai une nette préférence pour Beth Orton, Radiohead, Martina Topley-Bird ou Gorillaz. Néanmoins, la JPop un tantinet adolescente de Hatsune Miku est loin d'être désagréable. En outre, je suis moins impressionné par ses qualités artistiques ou holographiques que par sa gestuelle et surtout par la réaction très positive de la foule face à cette popstar virtuelle accompagnée de musiciens biologiques. Au fait, débourserez-vous quelques euros / dollars pour aller voir un hologramme 3D en concert ? Si oui, évitez d'en informer vos amis mélomanes ou musiciens.



En écoutant le superbe trip-hop funky du fameux label Ninja Tunes lors de la rédaction de cet article, je constatai à quel point mes oreilles sont longuement et profondément habituées à une musique de plus en plus électronique, de plus en plus assistée par ordinateur. Par ailleurs, bon nombre de popstars modernes me semblent être l'oeuvre conjointe de laboratoires scientifiques, d'agences de marketing et accessoirement de labels musicaux. Suite logique de la synthétisation et de la « technicisation » incessantes de la performance musicale, les vocaloïdes seront-ils le prochain cauchemar de l'industrie phonographique ?

Prochaine étape : une intelligence artificielle vocaloïde composant ses chansons en solitaire ou chantant sur scène avec des artistes de chair et de sang ?


2 commentaires:

Zitoun a dit…

Pour le classique, en tout cas, c'est déjà fait !

http://en.wikipedia.org/wiki/Emily_Howell

Zitoun a dit…

J'oubliais...
Un petit exemple pour illustrer :
http://hypem.com/track/1091773/Emily+Howell+-+Excerpt+One