mercredi 17 novembre 2010

La guerre est (presque) un jeu vidéo

Du moins, elle y ressemble de plus en plus du fait de l'usage massif de drones radioguidés en Afghanistan et en Irak par l'armée américaine. L'immense majorité des missions de drones relève du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance (ISR) et une petite fraction de l'attaque au sol.



En regardant ces opérateurs manoeuvrer leurs drones, je repense d'abord à ces simulations aériennes d'arcade ou sur PC. Corrélativement, le drone incarne proprement (ou salement, selon le point de vue) une automatisation progressive de la conduite de guerre et une énorme distanciation - voire une séparation – entre l'acte de guerre et sa funeste conséquence.



Quelle sensation éprouve-t-on lorsqu'on détruit pyhsiquement des cibles (hommes, matériel) à une distance intercontinentale et en étant confortablement assis dans une salle high-tech climatisée ?



2 commentaires:

moviz up a dit…

En regardant ces opérateurs manoeuvrer leurs drones, je repense d'abord à ces simulations aériennes d'arcade ou sur PC. Corrélativement, le drone incarne proprement (ou salement, selon le point de vue) une automatisation progressive de la conduite de la guerre et une énorme distanciation - voire une séparation – entre l'acte de guerre et sa funeste conséquence.

Anonyme a dit…

Je n'arrive plus à remettre le lien sur mes sources, mais j'ai souvenir d'avoir lu une étude qui relatait justement la manifestation de stress post-traumatique même chez ces pilotes à distance.

Il y était relevé que pendant longtemps il avait subsisté une distance entre ces hommes qui bombardent et leurs victimes, et la reconnaissance de leur statut de combattant n'a jamais alors été entière. Il était question d'un effet 'jeu vidéo', tel que vous l'abordez.

Mais via justement la technologie et les images de plus en plus précises et affinées, le rapport à la mort avait changé, les pilotes prenant visuellement conscience en direct des conséquences du bombardement.. Et les conséquences de cet état de fait et -peut-être d'une prise de conscience ?- font qu'ils ne diffèrent plus des combattants sur place jusque dans les conséquences de la guerre sur leur état psychologique.