lundi 29 mars 2010

Un bombardier russe dans le ciel écossais

Le commandant Marg Gorringe de la 111ème escadre de la Royal Air Force s'est habitué à ces insolents bombardiers russes approchant l'espace aérien britannique : « ce n'est guère un incident habituel. Beaucoup de gens seront surpris d'apprendre que nos équipages ont réussi à intercepter des avions russes plus de vingt fois depuis le début de l'année 2009 ».




Ces superbes images d'un bombardier Tu-160 ont été prises au large des Hébrides (Écosse) par un Tornado de la RAF. 





samedi 27 mars 2010

Le micro-drone Anubis tuera propre et net


Les tirs de drones Predator et Reaper produisent d'énormes explosions au sol et donc d'éventuels dégâts collatéraux. En effet, les missiles anti-char Hellfire équipant ces Terminatrix sont d'abord et surtout conçus pour la lutte anti-char.

Or, l'US Air Force est en quête d'un « micro-véhicule aérien capable de traquer des cibles terrestres manoeuvrantes de haute valeur, causant de très faibles dégâts collatéraux » et intégrant un opérateur humain dans sa boucle d'observation-action (cf. Pentagone). Les états-majors veulent du travail intelligent, ultra-précis, rapide, silencieux et propre. Les bavures, c'est crade et ça fait désordre.



D'où le projet Anubis actuellement en phase 3 (phase finale de développement) alloué par l'US Air Force Laboratory Research pour un montant de 1,2 million de dollars à la firme AeroVironment,(selon le blog Ares), qui avait auparavant conçu le micro-drone de reconnaissance Wasp Micro Air Vehicle et le mini-drone kamikaze Switchblade, tous deux destinés essentiellement aux forces spéciales américaines. Anubis sera très probablement un micro-drone lancé par une fronde ou à la main (tel un javelot) par un Marines embusqué à quelques kilomètres de sa cible.


Qu'entend l'USAF par « cible terrestre manoeuvrante de haute valeur » ? Un lieutenant de la nébuleuse Al-Qaïda à bord de son pick-up, par exemple.

Mon petit doigt me dit que le DARPA planche déjà sur une version ou une dérivation assassine du Cyborg Beetle...


En savoir plus :


  1. Ares (Aviation Week) : AeroVironment's Anubis - Lethal MAV?

  2. Danger Room (Wired) : Air Force Completes Killer Micro-Drone Project

  3. AeroVironment, le site



jeudi 25 mars 2010

Makmende Amerudi ou l'afrobeat à la Tarantino


Une dose de Tarantino, une pincée de Beastie Boys, une noix de blaxploitation (le cinéma policier afro-américain des années 70, popularisé par les films Shaft et Troubleman et remis au goût du jour par le tarentinesque Jackie Brown), le tout remixé dans un rythme très accrocheur puisant à la fois dans l'afrobeat (Fela, Femi et Seun Kuti) et dans une dance-pop à la Black Eyed Peas.


Avec ce sensationnel embryon de tube titré « Ha-He » (vidéo réalisée par Jim Chuchu et Mbithi Masya) et leur héros Makmende Amerudi, le groupe kenyan Just A Band fait déjà un carton sur le net : +14 000 fans sur Facebook dès les premières 24 heures de diffusion sur Youtube et le buzz allant avec. C'est macho, afro, funky, pastiche, faussement low-tech et bourré d'autodérision.



Au Kenya comme sur le net, les tweets Makmende prolifèrent : « #Makmende can tweet 141 letters !, #Superman wears Makmende pajamas, #Makmende is so cool ! »


dimanche 21 mars 2010

Réalité augmentée, jeu vidéo, iPhone et drone

Non, ce n'était ni un corbeau ni une chauve-souris qui a survolé votre jardin à toute vitesse mais un Parrot : drone quadrirotor équipé d'une batterie rechargeable au lithium, d'une puce ARM9, de 128 Mo de mémoire vive, de deux caméras, d'un capteur wi-fi et du système d'exploitation Linux. Télécommandé par iPhone, le Parrot stationne et vole à 17 km/h pendant une quinzaine de minutes.


Ce supergadget a été conçu par la firme parisienne Parrot - leader mondial dans les accessoires « smartphoniques » - qui en a également fait une merveilleuse plate-forme mobile de réalité augmentée et de jeu vidéo. D'où son surnom : Parrot AR.Drone (AR pour Augmented Reality). Celui-ci détecte automatiquement un autre Parrot distant de quelques mètres, s'auto-géolocalise grâce à des marqueurs virtuels au sol... et plonge son utilisateur dans des batailles aéroterrestres d'autant plus virtuelles. Jouissif.


La prolifération robotique ne faisant que commencer, la police disposera tôt ou tard d'une version dérivée ou inspirée de ce drone pour 7 à 77 ans. Attendez-vous à apercevoir Micro Robocop faisant du surplace près de votre fenêtre...

Au fait, avez-vous remarqué l'intérêt plutôt soudain de votre conjoint(e) pour les « aérobots » ?


mardi 16 mars 2010

Confort et style : vivement l'hôpital !

Forts de leur expérience dans le mobilier, la téléphonie mobile, le matériel hi-fi et l'aviation commerciale, les designers industriels londoniens de Priestmangoode (PG) suggèrent aux hôpitaux et aux cliniques de s'inspirer des centres de thalassothérapie, de l'hôtellerie et des compagnies aériennes afin d'obtenir des locaux plus confortables, plus spacieux, plus ergonomiques, plus élégants et surtout moins moroses.



En effet, les milieux hospitaliers focalisent beaucoup trop sur une approche architecturale afin d'optimiser leurs espaces intérieurs. Dès lors, comment adapter des murs figés efficacement et à moindre coût aux évolutions technologiques ?



En concevant l'agencement et la décoration de son Recovery Lounge – espace destiné à accueillir des patients souffrant de maux mineurs et/ou en convalescence, PG a opté pour des matériaux pré-fabriqués et flexibles, et puisé son inspiration auprès des spas, des hôtels deux / trois étoiles et des cabines de première classe. Ainsi, chaque patient disposera d'un coin confortable à la fois ouvert et intime pour s'asseoir, dormir, manger, lire et regarder la télévision. Les infirmières surveilleront efficacement plusieurs patients en quelques coups d'oeil et se rendront auprès d'eux en toute aisance, à l'image des hôtesses de l'air avec leurs passagers de première classe.


Priestmangoode : The Health Care Manifesto – A smarter role for design in healthcare (PDF)



samedi 13 mars 2010

La propriété intellectuelle, arme de dissuasion

Ce graphique du New York Times (cf. An Explosion of Mobile Patents Lawsuit) illustre parfaitement la récente profusion de procès entre firmes technologiques pour violations de brevets sur les applications dédiées à la téléphonie mobile. Selon le professeur Eric Von Hippel du MIT, ces firmes sont plus enclines à tirer de juteux profits de ces poursuites judiciaires que de l'exploitation intrèsèque des brevets. Analysons le pourquoi du comment.


Dans une ère informationnelle où les idées, les concepts et les innovations sont aussi voire plus importants que la terre, l'énergie et les matières premières, la propriété intellectuelle en général et les brevets en particulier sont nécéssairement au centre de toutes les convoitises. Lorsque j'étais adolescent ou étudiant, les nomenclatures comptables consacrées aux actifs immatériels (brevets, licences, marques déposées, copyrights, logiciels, etc) des sociétés européennes ou américaines étaient rarement étudiées en profondeur. Mes cadets actuels de promo leur portent une attention toute méritée car elles constituent au minimum 40% des actifs comptables de la plupart des sociétés industrielles et a fortiori technologiques.


Autrefois confinée dans les départements juridiques et de R&D, la gestion de la propriété intellectuelle est aujourd'hui le cheval de bataille des directions commerciales et générales. Ceci est encore plus vrai dans les secteurs des TIC et d'autant plus dans la téléphonie mobile.

Pensez à des firmes comme Microsoft, Apple, HP, Nokia, RIM, Samsung et Sony-Ericsson pour ne citer qu'elles, et sachez qu'IBM engrange chaque année plus d'un milliard et demi de dollars grâce à ses brevets et licences. La seule gestion de la propriété intellectuelle dans les TIC est une industrie estimée en 2009 à plus de 120 milliards de dollars annuels dans le monde (dont 60 milliards de dollars pour la zone Amérique du nord). Dans le cas américain, l'ex-président Alan Greenspan de la FED avait affirmé que « la valeur économique des Etats-Unis est essentiellement conceptuelle ».

Consécutivement, cette gestion de la propriété intellectuelle a atteint un degré de complexité défiant quasiment l'entendement. Dans le feu de la conduite de projets multiples (de la R&D à la commercialisation), bon nombre de firmes techno ignorent souvent – mais pas toujours ! - qu'elles violent quelque propriété intellectuelle jusqu'à ce qu'elles reçoivent une note d'avocat ou une plainte émise par une compagnie peu ou prou concurrente.


En effet, la gestion de la propriété intellectuelle s'est transformée en arme de dissuasion sur les terrains conceptuels (produits, services), juridiques et commerciaux. C'est en quelque sorte l'épée de Damoclès qui coupera net l'élan d'un concurrent sur un marché très convoité ou dans une niche critique. Apparemment, la destruction mutuelle assurée chère aux stratèges de la guerre froide a vite conquis les stratèges de la guerre technologique. La profusion de poursuites judiciaires pour violations de brevets ne laisse donc rien présager de bon pour l'innovation à long terme dans les TIC et dans la téléphonie mobile, outil de communication par excellence.


L'instauration d'un standard unique – par un groupe d'intérêt économique ou par une firme en position dominante – ou le mix de différentes technologies intellectuellement protégées est la condition sine qua non d'une mutualisation plus marquée des effets de réseau entre sociétés rivales et applications voisines et/ou connexes. L'inexorable convergence du web (2.0, 3.0) et de l'internet mobile ne fera que renforcer cette exigence car elle requiert de plus en plus de systèmes interopérables et sonne le glas des intégrations verticales très peu propices à ces effets de réseau. Cette obsession pour l'intégration verticale a fortement nui aux fabricants japonais de téléphones mobiles à l'exportation. Les keïtai pourtant d'excellentes factures sont toujours prisonniers de l'archipel nippon, le géant Sony ne doit son salut qu'à son joint-venture avec le suédois Ericsson.

N.B. : « L'effet de réseau » ou « effet-club » est un mécanisme d'externalité positive économique qui prévoit que l'utilité d'un bien pour un agent dépende du nombre des autres utilisateurs. C'est le cas de nombreuses technologies et service de communications (cf. Wikipedia).


Dans sa quête d'ubiquité online et on air, Google n'a qu'à bien se tenir. Toutefois, son ingénieuse approche technico-commerciale de la téléphonie mobile et des systèmes d'exploitation doit beaucoup aux noyaux Linux de ses plate-formes Android et Chrome OS. Ainsi, la firme de Mountain View ne dispose pas seulement d'un remarquable atout-maître face aux systèmes propriétaires Windows (7, Mobile) et Apple (Mac OS, iPhone), elle forge une solide et silencieuse croissance organique pour ses deux OS en jouant d'emblée sur les effets réseau et, corrélativement, se prémunit quelque peu d'une avalanche de poursuites judiciaires pour violations de brevets dans le domaine hautement stratégique des systèmes d'exploitation. D'ores et déjà, la poussée d'Android a incité Nokia à modifier la licence de Symbian OS alors open source depuis 2009.


Plutôt qu'escompter un éclair de lucidité traversant les gestionnaires de la propriété intellectuelle dans les TIC, ne vaut-il pas mieux vaut compter sur l'incontournable obligation de profit animant leurs directeurs généraux ? Ainsi, la voracité des uns amoindrirait ou contrebalancerait la rapacité des autres et vice-versa, puis réconcilierait manu militari tout le monde avec l'innovation ouverte.



jeudi 11 mars 2010

Les ventes d'armes par l'infographie



Sur le podium des vendeurs : États-Unis, Russie, France. Sur le podium des acheteurs : Arabie Saoudite, Inde et Émirats Arabes Unis. Félicitations, Mesdames et Messieurs ?


Voir le graphique complet dans Awesome Good.


lundi 8 mars 2010

Les robots Adam et Eve font de la recherche scientifique


Selon plusieurs chercheurs britanniques (biologie, informatique, robotique, environnement, etc), il ne s'agit guère de recourir à de primaires laborantins robotisés mais de déployer de véritables intelligences artificielles qui mèneront des expérimentations et forgeront leurs propres hypothèses avec une assistance ou une supervision humaine quasi-nulle. Objectif : produire une science aussi formalisée et homogène que possible.


Les robots Adam et Eve sont des prototypes de robots-chercheurs précisément conçus à cette fin. Actuellement en développement, Eve est dédiée à l'auto-apprentissage en circuit fermé et tirera elle-même les conclusions de ses expérimentations scientifiques. En service depuis 2005, Adam a déjà émis une diversité de conclusions auparavant ou ensuite confirmées par des expérimentations biologiques « manuelles ».

Lorsqu'Eve sera fin prête, ses systèmes seront combinés à ceux d'Adam afin que tous deux partagent expérimentations et conclusions et démontrent de facto l'atout-maître d'une recherche scientifique entièrement robotisée et autonome : la formalisation froide et neutre. En effet, si l'expérimentation humaine demeure incontournable, elle demeure plus ou moins viciée par les biais de ses initiateurs, par la compétition entre chercheurs et parfois par la manipulation volontaire et préalable des facteurs d'expérimentation.

Dans le cas de robots comme Adam et Eve, les biais sont explicites car les processus méthodologiques sont enregistrés dans leurs moindres détails et peuvent ensuite être décortiqués par leurs collègues de chair et de sang. De plus, ces intelligences artificielles intègrent des volumes astronomiques de connaissances fondamentales et de modèles expérimentaux qu'ils traitent sans relâche et en toute transparence à des vitesses proprement électroniques. Plutôt que manger des pommes ou papoter avec des reptiles, Adam et Eve ne nécéssitent qu'un support technique régulier.


Loin de remplacer les blouses blanches, les chercheurs 100% techno contribueront certainement à l'amoindrissement des erreurs ou des dérives inhérentes au facteur humain dans l'expérimentation scientifique...



... À moins que l'intrépide Eve n'aboutisse incognito à quelque conclusion révolutionnaire dans sa quête de savoir absolu et ne persuade Adam de manipuler et/ou d'outrepasser ces bipèdes décérébrés. Mais ceci est une toute autre histoire.

Automated Experimentation : Towards Robot Scientists for autonomous scientific discovery


mardi 2 mars 2010

La cyberguerre a tué le Troisième Reich


Une féroce cyberkrieg venue d'Amérique et de Russie a mis l'Allemagne nazie à genoux. Fou de rage, Hitler exige une nouvelle identité 2.0 sans injection SQL et sans XSS. Il regrette l'ère de la programmation en Cobol car ses données personnelles transitent aujourd'hui par Moscou et New York hébergeant les architectures cloud computing nationales. Le Führer n'a plus qu'à noyer son désarroi : « je dois mettre ma page Facebook à jour. »



Une excellente et très comique réalisation de Marcus Ranum, l'autre gourou de la cybersécurité. Les passionnés et les experts en sécurité informatique adoreront.