mercredi 20 avril 2011

Laurent Gbagbo, le professeur d'histoire amnésique

L'ex-président Laurent Gbagbo avait contre lui l'ONUCI, les FRCI (dirigées par Alassane Ouattara), de surcroit solidement appuyées par les Forces Nouvelles (de Guillaume Soro, devenu le véritable homme fort ivoirien) et dans une certaine mesure, la force Licorne. Comment a-t-il pu croire un instant que ses incantations et sa « stratégie du bunker » viendraient à bout d'autant d'adversaires déterminés et organisés ? Pensait-il vraiment que sa garde prétorienne, voyant les redoutables hélicoptères Mil Mi-24 pilonner la résidence présidentielle, se sacrifierait pour lui ? Comment cet ancien professeur d'histoire et de géographie a-t-il pu sombrer dans ce profond déni de réalité qui le caractérise aujourd'hui ?

Humiliant. Simone Gbagbo lors de son arrestation.


L'entêtement dévastateur de Laurent Gbagbo a suscité l'adhésion de nombreux Africains (hommes de la rue comme journalistes) versant un peu trop facilement dans une rhétorique anti-néocolonialiste. Malheureusement, les masses de tous bords ont toujours détesté la complexité de la chose géopolitique. De plus, les mythes et les illusions dictent très souvent des comportements bien réels. Ancien cadre du FMI marié à Neuilly par le président français Nicolas Sarkozy et activement soutenu par le président américain Barack Obama, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara – aux mains aussi ensanglantées que celles de son adversaire, aura beaucoup de mal à ne pas passer pour « l'homme des Français et des Américains » aux yeux de ses concitoyens...


Voici quelques extraits de liens particulièrement intéréssants concernant l'après-Gbagbo.


Abidjan.net - Les leçons de la chute de Gbagbo : « C’est sans doute là l’un des enseignements à tirer de cette chute de Laurent Gbagbo. Adossé à une garde prétorienne et une armée qui passaient pour être de solides remparts contre toute attaque de son régime, il a appris à ses dépens que ses affidés et autres thuriféraires n’avaient d’yeux, en réalité, que pour ses largesses. Lui dont on disait le régime verrouillé par des soldats prêts à mourir pour défendre son fauteuil présidentiel, a curieusement perdu le pouvoir. Ses supposés fidèles généraux se sont ensuite retrouvés à l’Hôtel du Golf pour faire allégeance au nouvel homme fort du moment ; l’assurant de la même loyauté qu’ils ont jurée à Laurent Gbagbo. Rien que duperie et flagornerie de généraux, ces coups de gueule et propos enflammés servis à l’ex-chef de l’Etat et ses partisans durant ces quatre mois de crise post-électorale ! Alassane Ouattara est donc averti. Et par delà lui, tout dirigeant politique qui aura la naïveté de croire que l’armée est une assurance tous risques pour la survie de son régime. »

Le blog de Francis Laloupo Gbagbo, triste légende : « L’image est terrible : celle d’un Gbagbo, menottes aux poignets, en tricot de corps, l’air hagard, l’esprit envahi de néant, le désarroi plein le regard… Il aurait pu savoir. Il aurait dû. Il ne l’a pas voulu. Entretenant depuis deux semaines, dans le bunker de la résidence présidentielle, l’espoir insensé d’un « miracle » impossible. S’adonnant avec son entourage, dans cette résidence assiégée, à d’improbables « cultes (sic) », pour conjurer l’inéluctable, espérant se hisser au-delà d’une réalité pourtant infrangible : la terrible et douloureuse chute… »

Good Morning Afrika Côte d'Ivoire : et maintenant ? : « Le pays doit se reconstruire, économiquement bien sûr, mais surtout les Ivoiriens doivent trouver l’envie de vivre ensemble, de créer un cohésion nationale. Des dispositions devront être prises concernant le désarmement et la démobilisation, la réinsertion des militaires, la restructuration des forces de défense et de sécurité, la restauration de l’administration et des services publics… Il faudra aussi poursuivre les responsables et les auteurs de crimes graves. Bien sûr il devrait y avoir une solution pénale pour les politiques impliqués dans la crise mais surement aussi une solution réconciliatrice au niveau nationale pour résoudre les divisions au sein de la population. »

The Daily Beast, Leymah Gbowee - Ivory Coast: Let's Stop the Bloodbath : « The headline in today’s Ghanian Chronicle, my local paper, called Gbagbo, who was a history professor, “the historian who failed to learn from history.” The president lived through the same war years I did. He saw Liberian leaders like Doe, and Charles Taylor after him, and Sierra Leonean warlord Foday Sankoh greedily grasp at power only to be driven from office, arrested, killed. Why did he think his story would turn out differently? The same question applies in a larger way. Sometimes it’s depressing to be a West African looking at West Africa. We seem to be a region that doesn’t learn from the past. »

Foreign Affairs - The Ivoirien Endgame : « Similarly, France's decision to send its own attack helicopters to accompany those from the United Nations in raids to destroy Gbagbo's weaponry in Abidjan was equally misguided. UN forces had a clear mandate to act from UN Security Council Resolution 1975; France on its own may or may not have had the same mandate, depending on how one reads Points 6 and 7 of the resolution. This is a legal question that Russia -- concerned, as usual, that the Security Council not breach state sovereignty -- says it is investigating. Such open and direct French participation in the attack directly played into the rhetoric of the Gbagbo regime, which long portrayed the Ivorian conflict as a proxy war waged by the French to reassert neocolonial control over Côte d'Ivoire. »

NPR - Prosecution A Fate Better Than Death For Tyrants? : « The prospect of an international trial, some argue, can convince a tyrant he should hold on to power longer, leading to more violence in forcing his ouster.[...] the prospect of prosecution has been received differently. Some observers believe that Libyan leader Moammar Gadhafi and Ivory Coast's Laurent Gbagbo might have been more willing to surrender power if offered a comfortable exile, rather than the promise of prosecution. [...] Gbagbo might have been more likely to surrender had the ICC not been publicly talking about its plans for prosecuting him for weeks before his capture Monday in a bunker, says John Campbell, a senior fellow for Africa policy studies at the Council on Foreign Relations. Those weeks were filled with political violence and the murder of hundreds of Ivorians."Once the question of prosecution came up, the notion of a posh retirement on the Riviera goes out the window," Campbell says. »


1 commentaire:

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