dimanche 1 mai 2011

France, ton débat politique fout le camp !

Immigration, voile islamique, espace Schengen, discrimination, quotas, insécurité, laïcité, footballeurs bi-nationaux/Noirs/Arabes... Y a-t-il encore des débats politiques dignes de ce nom au pays d'Astérix & Obélix ?

Jacques Attali : « Enfin, parce que jamais les idées de la droite et de l’extrême droite n’ont été aussi dominantes dans l’esprit des Français : on ne débat que d’ordre, de sécurité, d’identité nationale, d’immigration. La gauche ne réussit pas à imposer un débat sur le chômage, sur l’école ou sur la précarité. Et quand elle fait des propositions, les Français ne les écoutent pas ou s’y opposent : ils ne veulent plus d’assistanat, mais du travail et de la sécurité [...]. »

Un gros hors-sujet pour la forme. Quand les Bleus triomphaient au Mondial 1998 et à l'Euro 2000, les origines (africaines ou européennes) de Zidane, de Desailly, de Vieira et de Blanc ne semblaient guère poser de problèmes. La débâcle de cette équipe lors des Mondial 2002, 2006 et 2010 est-elle due à : 1/ à un encadrement défaillant, 2/ aux stratégies plus élaborées de ses adversaires, 3/ à la nature parfois très aléatoire d'une compétition internationale, 4/ ou aux origines ethniques et caractéristiques mentales/physiques des joueurs ?

Par ailleurs, des équipes comme l'Allemagne, le Portugal, la Suède, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne ou la Croatie, comportant une immense majorité de joueurs de souche européenne (= Blancs) se prennent très souvent des raclées monumentales lors des Mondial. Idem pour des équipes comme le Cameroun, le Ghana et la Côte d'Ivoire uniquement composées de joueurs de souche africaine (= Noirs). Selon Zaki Laïdi, « au fur et à mesure que le nombre des joueurs nationaux évoluant dans des clubs étrangers s’accroît il devient de plus en plus difficile de construire une identité de jeu national. Et cela pèse beaucoup sur les performances des équipes. »

N'ayons aucune illusion : le football purement local/national de Papa est mort depuis belle lurette. Entre l'extraordinaire mobilité intercontinentale des joueurs et les énormes transferts de capitaux entre clubs, l'économie du football est peut-être celle qui incarne le mieux la globalisation.

PS : En réalité, je n'avais guère envie de parler de politique...


En savoir plus :

1. Conversation avec Jacques Attali : 2012: comment la gauche va perdre

2. Le Monde : Quotas dans le foot : la Fédération française dans l'embarras

3. Médiapart : Les mots dont souffre le football français

4. Contre-pied : Quotas dans le football, une absurdité française

5. Zaki Laïdi, Telos-eu : Comment l’Europe domine le football mondial


Aucun commentaire: