mardi 31 mai 2011

Vive les monopoles technologiques !

Google, Facebook, Twitter, Microsoft, Skype, Apple, Paypal, eBay, Amazon... Chacun d'eux dispose d'une position dominante ou fait autorité dans son secteur. Le développement des apps confirme cette donne : ces micro-applications clientes (créees par des firmes ou par des start-up, destinées aux smartphones, aux bureaux Windows/Apple/Linux et à d'autres services en ligne) requièrent une plate-forme commune et/ou convergente pour exister et prospérer, renforçant de facto les tendances monopolistiques de leurs hôtes. Ainsi, les multiples apps Twitter dynamisent et solidifient la croissance de cette plate-forme de microblogging.



Pourquoi l'Internet n'incarne-t-il pas le marché libre et la concurrence pure et parfaite comme les rêvait Milton Friedman ?

Les industries de l'information sont à l'image des industries classiques : une firme domine dautant plus un secteur lorsque son produit / service en devient incontournable pour un nombre croissant de consommateurs. La preuve par Intel dans les puces, par Mac Donald dans la restauration rapide ou par Western Union dans les paiements instantanés. Sur la Toile, il s'agit moins d'une part de marché que d'un réseau d'utilisateurs dont la croissance mène vers une position dominante voire un monopole.

Twitter et Facebook doivent aussi leur formidable expansion à la convergence graduelle d'applications tierces et de services en ligne vers leurs plate-formes. Chaque fois que vous cliquez sur l'icône « partager sur Twitter / Facebook », vous renforcez la position de ce dernier. En développant leurs apps compatibles iPhone et Android, firmes et start-up renforcent les positions d'Apple et de Google sur l'Internet mobile. En créant un compte Gmail et en téléchargean l'app Google, l'utilisateur accède aux différents services de Google : Maps, Earth, Street View, Talk, Docs, Picasa, Blogger, etc. Au final, le « troupeau » des annonceurs s'oriente vers la plate-forme Google qui, directement ou indirectement, a contribué à la maturation plutôt rapide de la publicité en ligne... à l'image de Paypal et de Skype qui, respectivement, ont popularisé le paiement en ligne et la téléphonie par internet.

Toutefois, il y a un bémol : une position dominante peut aboutir à un abus de position dominante. Inspiré par Caligula ou par Robert Mugabé, le super-champion technologique restreint les choix du consommateur afin de maintenir coûte que coûte sa suprématie. Peu enclin au changement, il enfonce alors son secteur dans une stagnation plus ou moins prononcée.

Les industries de la musique et du cinéma mènent toujours une lutte sisyphienne contre le peer-to-peer en multipliant procès, verrous technologiques et juridiques. Microsoft a quasiment imposé Windows, Internet Explorer, Office et Outlook Express aux fabricants d'ordinateurs et aux cybernautes... pour de bonnes et de mauvaises raisons car beaucoup d'entre eux ont tout de même grandi avec ces applications. Une stratégie parfois payante à moyen ou long terme mais qui fut vaine face à de nouvelles solutions telles que le cloud computing, le système d'exploitation Ubuntu, la suite bureautique OpenOffice, le navigateur Firefox et le client d'email Thunderbird. Obsédée par la suprématie de Windows, la firme de Redmond rata promptement les révolutions connexes de l'internet mobile et de la « smartphonie », deux marchés aujourd'hui fermement conquis par Android, par l'iPhone et, dans une certaine mesure, par Blackberry. Côté Google, de nombreux « mobinautes » ont dénoncé l'impossibilité de connecter leurs iPod et leurs iPhone (made in Apple) à son système d'exploitation Chrome.

À ce jour, les positions dominantes sur le Net demeurent relativement indolores du fait de produits / services financés par la publicité dans certains cas (Google, Facebook, Twitter et Skype) et donc gratuits pour l'utilisateur final, d'un environnement technologique en perpétuelle gestation et de la nécessité de satisfaire autant que possible les cybernautes afin de rester dans la course. En outre, ces quasi monopoles sont nécessaires au développement d'un marché qui, consécutivement, offre une myriade d'opportunités à des développeurs, à des innovateurs et à de nouvelles solutions commerciales ou open-source.


1 commentaire:

sd a dit…

Très vrai. C'est le pognon qui mène l'expansion d'Internet !!!
Cordialement