lundi 10 octobre 2011

Aux sources de la kleptocratie africaine

Les sous-sols de nombreux pays africains rengorgent d'immenses ressources minières, de matières rares et de métaux précieux (pétrole, gaz, cuivre, or, diamant, coltan, uranium, etc) mais la quasi totalité de leurs populations vivent toujours dans une misère noire, et ce, malgré les fortes croissances économiques enregistrées depuis près de dix ans.

En outre, bon nombre de dirigeants africains vivent dans indécente opulence grâce à une vorace prédation des fonds publics et des revenus miniers. Même si les mains visibles ou invisibles des grandes puissances y sont pour quelque chose, j'ai toujours estimé que la faute première et principale incombe largement à des pratiques « afro-africaines » aujourd'hui clairement identifiées. 


Selon le Dr Dieth Alexis, les sempiternelles kleptocraties africaines ont peut-être des racines historiques voire socioculturelles. Une analyse qui prêtera sûrement à controverse mais vaut largement le détour. Extraits : 

« La pauvreté endémique des populations africaines ne relèverait donc ni d’une malédiction biblique ni seulement de causes exogènes. Elle serait systémique et enracinée dans une pratique locale de pouvoir. […] A ce propos, l’une des contradictions fondamentales et l’un des indices de la source endogène de la pauvreté des masses, est, incontestablement, la richesse scandaleuse de la plupart des chefs d’Etat et classes politiques africaines dans cet océan de misère, dans un continent qui foisonne de scandales géologiques en termes de richesses minières. La source de l’aliénation des populations africaines ne serait donc pas seulement économique et exogène. Elle serait politique et endogène. […]

Faut-il voir, dans cette source, l’origine des trois plaies de la modernité politique et économique africaine ? La richesse étant une arme politique essentielle, le maintien des populations dans la pauvreté satisfait-il une stratégie de conservation du pouvoir ? Les freins mis par les élites politiques modernes, à la diffusion de l’économie de marché et de ses valeurs dans les sociétés africaines, à travers le monopole étatique et le contrôle politique du commerce, constituent-ils la version moderne de la résistance des élites précoloniales à l’économie marchande et à ses potentialités révolutionnaires qui menaçaient de saper leur pouvoir ? […]

Le gaspillage et le détournement moderne des trésoreries publiques par les élites politiques africaines réitéreraient-ils la destruction coutumière du surplus des richesses, destinée à empêcher l’enrichissement des hommes du commun qui avait cours dans ces sociétés anciennes ? Une réponse, étayée par des recherches précises, à ses questions pourrait éclairer l’énigme de l’appauvrissement continu des populations africaines malgré les richesses minières et énergétique du continent, la richesse de son potentiel humain, l’efficience de ses ingénieurs et universitaires et le talent entrepreneurial de ses paysans, artisans et commerçants, maintes fois souligné par les chercheurs. Elle pourrait dévoiler la raison d’être du gaspillage des ressources publiques des Etats africains par leur classe politique de même que celui du mode de vie ostentatoire et dispendieux des chefs d’Etat africains [...] »


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