lundi 28 février 2011

Les guerres low-cost : résumés

Alliance Géostratégique publie les résumés des articles composant « Les guerres low-cost ». Cette décision fait suite à des demandes de lecteurs et à la cinquième édition des Cafés Stratégiques consacrés à cet oeuvre... réalisée sous la direction de Stéphane Dossé et rédigée par le collectif d'AGS.



Ceci pourra vous donner une première idée de l’ouvrage toujours en vente dans les bonnes librairies et les sites de vente en ligne.

Alliancegeostrategique.org : Les guerres low-cost, résumés


Achetez-le ! Ebruitez-le auprès de votre entourage ! Harcelez vos directeurs d'études, vos maîtres de thèse, vos colonels et vos généraux ! Menacez les bibliothécaires de votre université et de votre municipalité ! Au besoin, usez et abusez de la sommation mercatique en règle...


samedi 26 février 2011

Amon Tobin : Esther's

Depuis plusieurs années je suis un fan des labels musicaux Ninja Tunes et Tru Thoughts. Des artistes tels que Coldcut, The Herbalizer, Mr Scruff, Bonobo, DJ Food, DJ Vadim, The Cinematic Orchestra et Wagon Christ ont toujours su offrir des synthèses de hip-hop, de trip-hop, de funk, de jazz et d'électronique d'un excellent niveau.



Aujourd'hui, ces deux labels sont à la musique électronique ce que Motown et Staxx furent autrefois à la soul. En outre, leurs vidéos valent largement le détour. Jetons un oeil à Esther's, d'Amon Tobin (Ninja Tunes, 2006).


mardi 22 février 2011

Newstweek : quand le wi-fi truque vos pages web

Connecté au réseau sans fil d'un aéroport, d'une municipalité ou d'un restaurant, vous lisez tranquillement BBC News ou le Monde et apprenez que Julian Assange, patron de Wikileaks, est sollicité par la Maison Blanche pour devenir le chef du Pentagone ! Votre stupeur à peine passée, vous partagez l'information sur Twitter et Facebook, ignorant complètement qu'une technologie sournoise modifie les pages web avant qu'elles ne parviennent à votre ordinateur ou à votre mobile.


Newstweek: The Short Demonstration from newstweek on Vimeo.


La sécurité de l'internet sans fil et le contrôle de l'information en ligne causent du souci à Julian Oliver et à Danja Vassiliev. Une cinquantaine d'euros et un peu de débrouillardise ont suffi à ces deux geek allemands pour concevoir Newstweek : un petit dispositif permettant à un hacker ou à un webmaster de défacer en temps réel les pages web transitant par un hotspot wi-fi public puis de les rediriger vers les machines connectées. Facile, rapide, économique et très inquiétant.

Les agences publicitaires et les organismes de censure ne dénigeront certainement pas cette merveille d'ingéniosité. Peut-être qu'Oliver & Vassiliev – qui ont fourni plus de détails techniques dans Computerworld - recevront une gigantesque commande des aéroports chinois ou du gouvernement zimbabwéen...

Computerworld : Hackers use hidden device to manipulate news at Wi-Fi hotspots


Vous oubliez l'internet en chinois...

À ce jour, l'anglais demeure la langue la plus parlée/écrite sur l'internet avec 550 millions d'utilisateurs. Toutefois, la diffusion et la pénétration croissantes de l'internet dans l'Empire du Milieu change rapidement la donne : le net sinophone s'est enrichi de plus de 36 millions d'utilisateurs pendant l'année 2010 et en compte déjà plus de 440 millions. Ce n'est qu'un début...

Augmenter le graphique

Selon Nextweb, le chinois deviendra la première langue de l'internet à l'horizon 2015. Rassurez-vous, vos interfaces web ne seront point inondées d'idéogrammes et vous n'aurez pas besoin d'acquérir un clavier chinois. De plus, les technologies de traduction vous faciliteront quelque peu la tâche lors de votre navigation sur cet internet sinophone... qui doit simplement son émergence à l'expansion de la puissance chinoise, aujourd'hui deuxième économie mondiale.

Toutefois, la bonne vieille négociation ou la sempiternelle réunion en langage courant aura toujours plus d'intérêt que les interfaces de traduction intégrées à votre smartphone ou à votre navigateur web. En outre, les barrières linguistiques en ligne sont un frein à l'enrichissement culturel. D'où l'intérêt de maîtriser les principales langues véhiculaires comme l'anglais, l'espagnol, le chinois... et le français ?


dimanche 20 février 2011

Sheryl Sandberg : trop peu de femmes leaders

Pourquoi y a-t-il si peu de femmes aux postes de direction politiques comme économiques ? Selon Sheryl Sandberg, numéro deux de Facebook, ses consoeurs sous-estiment systématiquement leurs capacités et/ou finissent par abandonner. De l'université au marché du travail, les hommes attribuent leurs succès à eux-mêmes (je suis génial !) tandis que les femmes les attribuent plus ou moins à des facteurs externes (j'ai travaillé dur !). Pire : le succès et la popularité seraient en corrélation positive chez les hommes et négatives chez les femmes.



Afin de rester dans la course des carrières, les femmes devraient : 1/ toujours s'asseoir à la table (des négociations/confrontations ?), 2/ faire de leur conjoint un vrai partenaire, 3/ garder le pied sur l'accélérateur jusqu'au moment fatidique (la première grossesse). La directrice générale de Facebook vous en dira plus avec clarté et humour.


vendredi 18 février 2011

L'internet mobile, jungle ou eldorado ?

L'explosion véritablement mondiale de l'internet mobile et des terminaux nomades associés feront inéluctablement jaillir de nouveaux enjeux cybersécuritaires. En effet, entre les réseaux sociaux et le m-paiement, il est aujourd'hui avéré que le mobile (au sens large c-à-d en incluant les smartphones et les tablettes wi-fi) sera la première plate-forme de connexion à l'internet dans moins de cinq ans. La preuve par cette présentation de Matt Murphy et de Mary Meeker sur le futur économique et social de l'internet mobile.



Cette effervescence est propice à l'apparition et à l'exploitation d'une infinité de vulnérabilités logicielles, matérielles et connectiques. À titre d'exemple, la sécurisation des activités financières à la fois online et on air constitue déjà un véritable défi. Or, les architectures mobiles impliquent une approche sécuritaire globale un tantinet différente de celle adoptée avec les terminaux PC fixes et portables : diversité des protocoles impliqués (GSM, 4G, CDMA, GPRS, EDGE, NAT, etc), gestion des sessions utilisateurs, développement et mise en oeuvre des middlewares (intergiciels), intégration des applications clientes (telles que les fameuses apps)...

Dans les prochaines semaines, je verserais dans une analyse plus approfondie de la sécurité de l'internet mobile.


mercredi 16 février 2011

Le renseignement ne peut prévoir une révolution

« Peut-on déterminer l’échéance d’une révolution ou d’une contre-révolution ? Naturellement non. Seuls les trains marchent selon un horaire déterminé à l’avance. Et encore, pas toujours... »

Notes de Trotsky, 1923

Même en disposant de toutes les données détaillées constamment réactualisées sur chaque équipe et sur chaque joueur de football, il est extrêmement difficile de prédire quelle nation gagnera le Mondial.

Entre Washington et Bruxelles, de nombreux gouvernements reprochent à leurs services de renseignements et à leurs diplomates de n’avoir pas su prévoir les chutes des présidents tunisien Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak, sans compter les révoltes populaires dans d’autres pays d’Afrique du nord et du Moyen-Orient (Algérie, Yémen, Jordanie, Iran). La révolution russe d’octobre 1917, Mai 1968, la révolution islamique iranienne de 1979 et la chute du mur de Berlin prirent de court toutes les administrations. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui ?

L'intégralité de mon analyse est disponible dans Alliance Géostratégique


mardi 15 février 2011

Les anciens TGV sont plus fiables

Selon Guillaume Pépy, président de la SNCF, les rames les plus fiables de TGV sont les plus anciennes, en l'occurrence les premières générations de véhicules de couleur orange.


« Assez souvent, quand il y a de l’informatique très moderne, il y a des bugs, déplore-t-il. Quand elles ne sont pas trop sophistiquées, les machines ont des chances de tomber un peu moins en panne que des matériels dans lesquels il y a des capteurs partout et de l’informatique partout. […] C’est d’ailleurs ce que confirme un chargé de la maintenance. Olivier Lucchini, qui travaille sur la ligne H en région parisienne, fait état d’"un problème de portes, suite à un problème informatique" sur les nouvelles rames futuristes, lancées en grande pompe il y a un an. "On arrive à quai et la porte ne s’ouvre pas", explique-t-il. Mais le technicien parle également de "bugs de logiciels" ou encore de "batteries déchargées ».

Europe 1 : La SNCF nostalgique des rames oranges



lundi 14 février 2011

Samsung : system error !

Quelques jours plus tôt, j'ai aperçu le code source de la Matrice (dans laquelle notre cerveau et notre système nerveux physiques baignent depuis la naissance) dans les couloirs du métro parisien. J'eus à le peine le temps de photographier et d'admirer ce poétique bogue qu'aussitôt trois agents en costumes sombres et lunettes solaires surgirent de nulle part dans mon dos. Heureusement que mon mobile disposait d'une app de déconnexion instantanée...


Mon camarade CIDRIS Cyberwarfare passa au même endroit peu avant moi : mais sa passion pour les écrans publicitaires interactifs et sa béatitude face aux systèmes d'exploitation Linux/Unix/CentOs causèrent sa perte. Depuis, son serveur mail renvoie des messages d'erreur, son numéro de téléphone n'est plus attribué, sa famille entière semble n'avoir jamais existé et personne ne souvient de lui...


mardi 8 février 2011

Jane McGonigal : l'univers virtuel sauvera le monde réel

En écoutant les premiers instants de Jane McGonigal aux TED Talks, un sourire narquois parcourut mon visage et des rires moqueurs traversèrent son auditoire. Son idée : le jeu vidéo peut rendre le monde meilleur.

Selon la conceptrice de jeux vidéo (Institute for Future), chaque fois nous remportons une victoire héroïque dans un jeu massivement multi-joueur (ou MMOG), nous sommes mus par une motivation et une satisfaction plutôt rares face aux obstacles de la vie réelle. Comment transposer puis exploiter ces énergies positives dans la sphère réelle ?

A l'écoute de cette interrogation, je fis preuve d'une attention plus sérieuse et plus soutenue. Il en fut de même pour l'auditoire des TED Talks.



Dans un MMOG comme World of Warcraft, des milliers de joueurs s'entraident dans leurs multiples épreuves. De fait, cet environnement virtuel pousse globalement à plus de collaboration et à plus d'honnêteté. En outre, nous assistons à l'émergence d'une génération de virtuoses du MMOG : 500 millions aujourd'hui de par le monde, 1,5 milliard dans dix ans. Comment expliquer cet "exode en masse vers les mondes virtuels et les environnements de jeux en ligne ?" (cf. Edward Castronova, économiste).

Quelles sont les facultés acquises grâce au jeu vidéo et à quoi peuvent-elles servir dans le monde réel ?

  1. L'optimisme urgent c-à-d « la volonté d'agir immédiatement pour surmonter un obstacle, associée avec la certitude d'un espoir raisonnable de réussir » (sic). Ainsi, le joueur est toujours persuadé qu'une victoire héroïque est possible.

  2. Un réseau social dense. Qu'ils soient adversaires ou rivaux, les joueurs tissent très souvent de solides liens de confiance et de collaboration après une ou plusieurs parties.

  3. Une merveilleuse productivité : « Les joueurs sont prêts à jouer tout le temps si on leur confie la bonne mission ».

  4. Un sens héroïque. « Les joueurs adorent mener des missions motivantes à l'échelle d'une planète ». A l'image des consomm'auteurs de Wikipedia ayant construit la plus colossale et la plus héroïque encyclopédie à ce jour, les joueurs de World of Warcraft ont élaboré la plus colossale et la plus héroïque base de connaissances sur cet univers virtuel.


Grâce à ces quatre facultés, les joueurs deviennent des individus pleins d'espoir et surpuissants, chacun persuadé de pouvoir changer leur monde... virtuel mais pas réel. Voilà le problème qu'essaie de résoudre McGonigal. Sa solution : rendre le monde réel plus proche du MMOG.

Sous l'égide de l'Institute for Future, elle a crée le jeu Superstruct dans lequel les humains n'ont plus que 23 ans à vivre sur Terre. Ici, chaque joueur doit inventer l'énergie, l'alimentation, la santé, la sécurité et la protection sociale du futur. En huit semaines de jeu, plus de 8000 superstructeurs imaginèrent 500 solutions hautement novatrices.

Auparavant, McGonigal a conçu les jeux World Without Oil (un monde sans pétrole) et plus récemment - en partenariat avec des universités d'Afrique subsaharienne et le World Bank Institute - Evoke centré sur l'innovation sociale (études locales, réseau de connaissances, développement durable, gestion des ressources, prospective & vision) et jouable ligne ou sur papier.

Les jeux vidéos en ligne seront peut-être une des planches de salut de notre monde réel. Vivement l'exode virtuel !

Mes respects, Miss McGonigal !

Jane McGonigal : Reality Is Broken: Why Games Make Us Better and How They Can Change the World (Penguin Press HC , 2011)


lundi 7 février 2011

L'envol d'un Terminatrix : X-47B

Dans un futur proche, l'immense majorité des opérations de reconnaissance, d'attaque au sol et d'appui-feu seront supervisées et télé-opérées. Maverick, Goose et Iceman soulageront certainement leurs blessures narcissiques avec du bourbon...



Les futurs pilotes de chasse ne seront plus des athlètes tournoyant dans l'espace aérien ennemi à bord de leurs biréacteurs mais des geek initiant des actions décisives dans une salle climatisée, à une distance intercontinentale du théâtre d'opérations. Devra-t-on les décorer pour ces actes de bravoure ?



vendredi 4 février 2011

Dans le brouillard de la guerre économique

AGS est le lieu de débats : il y a ceux que vous voyez grâce à nos articles et ceux que nous menons entre nous. Des huis clos passionnants entre personnes de confiance… avec des engueulades possibles entre gens de bonne composition. Voici un exemple qui vaut le coup. Petit jeu supplémentaire : qui est X, Y, Z, A et B ?

X : Je suis extrêmement sceptique sur le concept de guerre économique (que les entreprises doivent faire gaffe, c’est très vrai mais pour le reste… En quoi est-ce une « guerre » ?… Et je n’ai pas trop envie de cautionner intellectuellement ça.

Y : Mais je suis aussi sceptique sur le concept de guerre économique. D’ailleurs, c’est un peu cette contre-argumentation que j’attendais de toi, X.

Z : Pour le concept de guerre économique, j’y crois, désolé. Je suis allé à trop d’enterrements (principalement des enfants) en peu de temps dans un pays africain, pour ne pas voir que la misère du village où j’étais provenait des cours très bas du cacao (salaire des agriculteurs de 60 euros par mois pour les bonnes années, seulement un trimestre par an). Je ne parle même pas des autres accès aux matières premières : pétrole, uranium, eau, etc. Le champ de bataille de la guerre économique est d’abord dans le tiers-monde comme nos champs de bataille actuels d’ailleurs (les deux sont souvent liés). Loin des yeux…

Lire la suite dans Alliance Géostratégique


mercredi 2 février 2011

Des prières contre des canons à eau

Etats-Unis, années 60-70. Quelques secondes avant l'assaut des brigades anti-émeutes et de leurs chiens d'attaque, les militants afro-américains pour les droits civiques calmaient leur peur et maintenaient leur cohésion en se serrant les coudes et en chantant à l'unisson des hymnes ou leurs chansons préférées.



Egypte, janvier 2011. Sur le pont Kasr el-Nil (Le Caire), des manifestants non-armés entrent en confrontation avec les les brigades anti-émeutes du Amn-Al-Markazi (la Sécurité Centrale égyptienne). Les canons à eau tentent de briser leurs premières lignes qui entament aussitôt une prière (3mn40s dans la vidéo) avec un flegme, une cohésion et une discipline proprement islamiques. Cette tactique non-violente de masse leur permet d'occuper toute la largeur du pont, de surprendre puis de faire reculer les forces de l'ordre.



mardi 1 février 2011

Changer les paradigmes de l'éducation

Selon Sir Ken Robinson, essayiste britannique et conseiller en éducation auprès d'organismes à but non lucratif, l'école telle que nous la connaissons aujourd'hui a été pensée, conçue et structurée dans la culture intellectuelle du siècle des lumières et de la révolution industrielle... à une époque où l'éducation nationale n'existait pas encore. D'où une valorisation atavique de l'intelligence académique (scientifiques, gestionnaires etc) et la dévalorisation consécutive de l'intelligence non-académique (manutentionaires, artistes). En outre, comment adapter l'éducation plutôt ennuyeuse de nos enfants à une ère informationnelle incroyablement stimulante ? En effet, les écoles sont organisées selon un modèle disciplinaire, modulaire et routinier - à l'image des usines, strictement conforme aux besoins industriels. De fait, elles standardisent fortement les esprits et tuent la créativité individuelle dans l'oeuf.



Selon Sir Robinson, le système éducatif devrait également favoriser la « pensée divergente » c-à-d « un processus ou une méthode permettant de générer des solutions créatives par l'exploration de plusieurs solutions possibles » (cf. Wikipedia). Or, nous disposons quasiment tous d'extraordinaires capacités de pensée divergente qui se détériorent au fur et à mesure de notre immersion dans un univers scolaire privilégiant des solutions uniques ou standardisées, très peu adaptées à la complexité et à l'imprévisibilité des économies modernes. Malheureusement, la révolution de l'éducation tant souhaitée relève encore du futur conditionnel...

Afin de compléter votre vision des enjeux précités, je recommande vivement les articles Les pouvoirs secrets du temps et La cyberéducation a presque tué l'enseignant .