mardi 31 mai 2011

Vive les monopoles technologiques !

Google, Facebook, Twitter, Microsoft, Skype, Apple, Paypal, eBay, Amazon... Chacun d'eux dispose d'une position dominante ou fait autorité dans son secteur. Le développement des apps confirme cette donne : ces micro-applications clientes (créees par des firmes ou par des start-up, destinées aux smartphones, aux bureaux Windows/Apple/Linux et à d'autres services en ligne) requièrent une plate-forme commune et/ou convergente pour exister et prospérer, renforçant de facto les tendances monopolistiques de leurs hôtes. Ainsi, les multiples apps Twitter dynamisent et solidifient la croissance de cette plate-forme de microblogging.



Pourquoi l'Internet n'incarne-t-il pas le marché libre et la concurrence pure et parfaite comme les rêvait Milton Friedman ?

Les industries de l'information sont à l'image des industries classiques : une firme domine dautant plus un secteur lorsque son produit / service en devient incontournable pour un nombre croissant de consommateurs. La preuve par Intel dans les puces, par Mac Donald dans la restauration rapide ou par Western Union dans les paiements instantanés. Sur la Toile, il s'agit moins d'une part de marché que d'un réseau d'utilisateurs dont la croissance mène vers une position dominante voire un monopole.

Twitter et Facebook doivent aussi leur formidable expansion à la convergence graduelle d'applications tierces et de services en ligne vers leurs plate-formes. Chaque fois que vous cliquez sur l'icône « partager sur Twitter / Facebook », vous renforcez la position de ce dernier. En développant leurs apps compatibles iPhone et Android, firmes et start-up renforcent les positions d'Apple et de Google sur l'Internet mobile. En créant un compte Gmail et en téléchargean l'app Google, l'utilisateur accède aux différents services de Google : Maps, Earth, Street View, Talk, Docs, Picasa, Blogger, etc. Au final, le « troupeau » des annonceurs s'oriente vers la plate-forme Google qui, directement ou indirectement, a contribué à la maturation plutôt rapide de la publicité en ligne... à l'image de Paypal et de Skype qui, respectivement, ont popularisé le paiement en ligne et la téléphonie par internet.

Toutefois, il y a un bémol : une position dominante peut aboutir à un abus de position dominante. Inspiré par Caligula ou par Robert Mugabé, le super-champion technologique restreint les choix du consommateur afin de maintenir coûte que coûte sa suprématie. Peu enclin au changement, il enfonce alors son secteur dans une stagnation plus ou moins prononcée.

Les industries de la musique et du cinéma mènent toujours une lutte sisyphienne contre le peer-to-peer en multipliant procès, verrous technologiques et juridiques. Microsoft a quasiment imposé Windows, Internet Explorer, Office et Outlook Express aux fabricants d'ordinateurs et aux cybernautes... pour de bonnes et de mauvaises raisons car beaucoup d'entre eux ont tout de même grandi avec ces applications. Une stratégie parfois payante à moyen ou long terme mais qui fut vaine face à de nouvelles solutions telles que le cloud computing, le système d'exploitation Ubuntu, la suite bureautique OpenOffice, le navigateur Firefox et le client d'email Thunderbird. Obsédée par la suprématie de Windows, la firme de Redmond rata promptement les révolutions connexes de l'internet mobile et de la « smartphonie », deux marchés aujourd'hui fermement conquis par Android, par l'iPhone et, dans une certaine mesure, par Blackberry. Côté Google, de nombreux « mobinautes » ont dénoncé l'impossibilité de connecter leurs iPod et leurs iPhone (made in Apple) à son système d'exploitation Chrome.

À ce jour, les positions dominantes sur le Net demeurent relativement indolores du fait de produits / services financés par la publicité dans certains cas (Google, Facebook, Twitter et Skype) et donc gratuits pour l'utilisateur final, d'un environnement technologique en perpétuelle gestation et de la nécessité de satisfaire autant que possible les cybernautes afin de rester dans la course. En outre, ces quasi monopoles sont nécessaires au développement d'un marché qui, consécutivement, offre une myriade d'opportunités à des développeurs, à des innovateurs et à de nouvelles solutions commerciales ou open-source.


samedi 28 mai 2011

Infographie : débris spatiaux

Augmenter le graphique

La destruction par la Chine d'un de ses satellites (par un missile anti-satellite) et l'impact d'un satellite Iridium 33 avec un satellite militaire russe Cosmos 2251 ont à seuls crée plus de 900 débris spatiaux, augmentant leur nombre global de plus de 60%. Vivement une voirie orbitale !

Good.is : Infographic : Waste in Space


mercredi 25 mai 2011

Obama, Facebook, Twitter et le dictateur

Au milieu des années 80, George Schultz, économiste et secrétaire d'État de l'administration Reagan, forgea un concept appelé « le dilemme du dictateur » qui peut être résumé ainsi : soit les régimes totalitaires s'ouvrent complètement aux technologies de l'information et de la communication, sont poussés à de profondes réformes et leurs sociétés en tirent d'énormes bienfaits sur les plans économiques et scientifiques; soit ils se ferment totalement à ces technologies, s'isolent du reste du monde et enfoncent leurs nations dans une stagnation ou dans une régression tous azimuts.

Ce concept inspira fortement Mikhail Gorbatchev, secrétaire général du Parti Communiste soviétique, qui constata vite que son immense pays ne pouvait bénéficier des retombées de l'ère informationnelle et de la globalisation avec ce régime hermétique et répressif qu'était l'URSS. Par la suite, la glasnost et la perestroïka précipitèrent l'implosion de l'empire soviétique et, consécutivement, menèrent à l'effondrement du bloc communiste en Europe centrale et orientale...

La suite de mon analyse dans Alliance Géostratégique


mardi 24 mai 2011

Le mythe hollywoodien du pistolet silencieux

« Pfuit ! Pfuit ! »... Encore un méchant éliminé incognito par James Bond. Dans certains films, une bouteille d'eau minérale suffit carrément pour réduire un 9 mm ou un calibre 30 au silence.



Or, une balle de fusil tirée à 800-1000 m/s fait nécessairement un bruit monstrueux : environ 170 décibels soit autant qu'un avion de ligne au décollage. De quoi vous faire vibrer de la tête aux pieds et/ou endommager irrémédiablement vos tympans si vous êtes à proximité. Un long tube de métal ne suffit point pour étouffer la détonation d'un projectile lancé à trois fois la vitesse du son.



Toutefois, l'usage d'un silencieux permet de réduire quelque peu le volume sonore de la détonation à environ 120 décibels... soit celui d'un marteau-piqueur (voir les vidéos ci-dessus et ci-dessous) ! Rien de comparable avec cette détonation brève, sèche et sifflante typiquement hollywoodienne.



Au final, à quoi peut bien servir un silencieux ? Dans un environnement urbain plutôt bruyant, son usage complique légèrement le repérage du tireur (localisation, distance) et permet de gagner quelques précieuses secondes.



Cassons donc le fameux mythe : si jamais votre patron se faisait dézinguer dans son bureau par le pistolet silencieux d'une ravissante exécutrice des services secrets, la détonation effrayerait et ameuterait tous ses subordonnés. Après quelques larmes de crocodile, n'oubliez pas de proposer un Martini à cette Miss Monde en armes. James Bond ne s'en priverait guère, pourquoi pas vous ?

Dans un prochain article, on s'attardera sur les munitions subsoniques effectivement silencieuses.


lundi 23 mai 2011

L'envol d'un Terminatrix : Phantom Ray

Quatre mois après le X-47B (Northrop Grumman), un autre drone furtif nommé Phantom Ray (Boeing) a pris les airs le 27 avril 2011 à la base aérienne d'Edwards (Californie). Les deux concurrents – de conception très similaire, devront effectuer des frappes ciblées en profondeur, des ravitaillements en vol et des décollages-atterrissages sur porte-avions.



Selon Teal Group, cabinets d'études mercatiques spécialisé dans la défense et dans l'aéronautique, le marché mondial des Unmanned Aerial Vehicles (UAV) se chiffrait à 80 milliards de dollars pour la seule année 2010. Opportunités à saisir...


samedi 21 mai 2011

En cavale sur la Toile

La quasi totalité des sites internet – qu'ils s'agissent de blockbusters (Google, Facebook, MSN/Bing, Yahoo!, Myspace, etc) ou de petits joueurs, enregistrent vos moindres clics afin de vous garantir « une expérience personnalisée du Web ».

Voici quelques trucs & astuces qui protégeront quelque peu la confidentialité de vos parcours sur la Toile.

Si vous utilisez le navigateur Mozilla Firefox, mettez-le d'abord à jour (vers Firefox 4), puis dans les menu Options – Avancé - Général, cochez la case « Indiquez aux sites Web de ne pas me pister ».

Si vous utilisez le navigateur Google Chrome, installez le plugin Chrome Web Store avant de le redémarrer.

Si vous utilisez le navigateur Internet Explorer, mettez-le d'abord à jour (vers IE 9) puis cliquer sur ce lien + « add to list » afin de figurer dans la Tracking Protection List.

Les utilisateurs de Safari devront attendre la version 5.1 afin de bénéficier du même type de contre-mesures... qui doivent toujours être associées à un « nettoyage » quotidien ou hebdomadaire du disque sur.

Aussi simple que convivial, le très populaire logiciel CCleaner « vidange » littéralement votre système d'exploitation en éliminant méticuleusement et rapidement fichiers temporaires, historique internet/téléchargements, cookies, entrées de formulaires, mots de passe, fichiers index.dat, fichiers log, documents récents, anciennes entrées de registre, etc. Dans les menus Options – Propriétés, cochez la case Nettoyez automatiquement l'ordinateur au démarrage et sélectionnez Effacement sécurisé (lent), mode DoD, NSA ou Gutmann.

Ne l'oubliez jamais : votre navigateur web est un formidable outil marketing et votre disque dur est un véritable auxiliaire de police. D'une certaine façon, votre ordinateur en dit plus sur vous que quiconque...

Pour en savoir plus, consultez DoNotTrack et Howtowipeyourdrive.


vendredi 20 mai 2011

Elimination de Ben Laden et guerre électronique

« [...] Les médias se sont également faits l'écho de l'usage de chiens d'assaut par les SEALs au cours du raid, décrivant de véritables soldats canins équipés de caméras et de canines acérées en titane. Quel que soit l'équipement porté ces chiens bien entraînés, ils ont été employés avant tout pour leurs qualités naturelles: furtivité, agressivité et un odorat hors du commun. Les chiens employés par les forces spéciales peuvent leur permettre de maîtriser rapidement un adversaire, mais également de détecter des pièges explosifs ou encore de suivre à la trace un potentiel fuyard, y compris à travers des passages étroits ».




« [...] Certaines informations laissent penser que de puissants systèmes de guerre électronique ont été utilisés par les forces américaines au-dessus d'Abottabad, afin de brouiller des systèmes de détection aérienne et d'éventuels armements sol-air. Des habitants vivant à proximité du site attaqué auraient en effet rapporté de fortes perturbations du réseau électrique, ainsi que des réseaux de télécommunications de l'arrivée des forces américaines, jusqu'à leur départ (~40 minutes) ».

jeudi 19 mai 2011

Un ordinateur schizophrénique


« To make DISCERN start acting like a schizophrenic brain, however, researchers changed these modules to mimic different kinds of brain damage. Miikkulainen and Uli Grasemann reprogrammed the memory encoder so that it would learn at an accelerated rate, forcing the computer to remember story details that it would have normally dismissed as irrelevant. Instead of learning the stories faster, DISCERN got confused, mixing up stories with entirely different plot lines. When they did the same thing to the story generator, DISCERN began inserting itself into the third person stories, even claiming at one point that it planted a bomb. (The bomb scene was part of a terrorist story, but with the memory encoder on hyperdrive, DISCERN thought that the story was in the first person and placed itself as the terrorist in the story.) »

Popular Mechanics : How to Build a Schizophrenic Computer


mardi 17 mai 2011

Bruce Schneier : le mirage de la sécurité

Point besoin de présenter Bruce Schneier, gourou de la cybersécurité. Dans sa conférence TED Talks, il explique comment et pourquoi la sensation de sécurité / insécurité et la sécurité / l'insécurité réelle ne correspondent pas toujours. J'apprécie particulièrement cette très pertinente remarque – assez récurrente sur son blog : « nous sommes plus sensibles aux histoires qu'aux données. »


Que retenir des ces vingt minutes en compagnie de cet expert connu et reconnu :

1. Nous avons tendance à surestimer les risques méconnus, rares ou spectaculaires et à sous-estimer les risques routiniers ou anodins.
2. Nous avons tendance à minimiser les risques inhérents à des situations que nous maîtrisons et à exagérer les risques inhérents à des situations que nous ignorons.
3. Nous évaluons un risque probable en fonction de son degré de complexité.
4. Les risques personnifiés sont considérés comme plus importants que les risques anonymes.

Chaque année, des milliards sont dépensés pour faire face aux risques un peu trop médiatisés (la menace terroriste, un Pearl Harbour numérique, etc) tout en négligeant les risques plus probables (les accidents de circulation, la délinquance urbaine, le cybercrime organisé). Selon Schneier, briser ce modèle aussi prégnant en Amérique du nord qu'en Europe, est devenu un impératif. Sur le « théâtre de la sécurité », de nombreuses mesures visent d'abord et surtout à rassurer l'opinion et à produire une illusion de l'action : la sécurité des aéroports, le plan Vigipirate, etc. 

dimanche 15 mai 2011

Une vision nuancée de la révolte syrienne

Les journalistes Khaled Sid Mohand et Mark Memmott – tous deux arrêtés par la sécurité syrienne avant d'être expulsés, nous offrent des perspectives plus affinées (que celles prodiguées par les médias internationaux) de la révolte populaire en Syrie.

En effet, le président Bachar El-Assad demeure très populaire car perçu par l'opinion locale d'abord comme un réformateur (notamment par rapport à son feu père Hafez El-Assad), puis comme un rempart contre les Etats-Unis et Israël. Prise de court par les « révolutions 2.0 » dans le monde arabe, Tel-Aviv préfère très probablement un meilleur ennemi syrien plutôt stable... ou immuable.

« ...En outre, la situation socio-économique des Syriens était plutôt bonne : l’éducation et les soins de santé sont subventionnés, l’économie est relativement dynamique et 14% de la population vit sous le seuil de pauvreté, contre 50% en Égypte. Enfin, la libéralisation des technologies de l’information, dans les années 2000, a apporté un bol d’air à la jeunesse et convaincu des velléités réformatrices du président. En janvier dernier, onze ans après son accession, Bachar el-Assad était encore en état de grâce » (cf. Sid Mohand).


Cette révolte semble – vue de loin, épargner la capitale et avoir lieu dans quelques villes provinciales. L'immense majorité des Syriens craint par-dessus tout quelque effeverscence à l'irakienne/à la libanaise ou un chaos qui laisserait la porte ouverte aux mouvances salafistes. En outre, le gouvernement et l'opposition font plus ou moins état de leurs pourparlers en sourdine, et ce, malgré le nombre élevé de morts.

Pour l'Amérique et pour l'Europe, il est hors de question de taper fort sur Bachar El-Assad : la Syrie est au beau milieu du plus dangereux nid de frelons sur la scène internationale (Liban, Israël, Jordanie, Iran, Turquie). Les incalculables conséquences d'un geste mal contrôlé ou les imprévisibles méandres d'une après-révolution font craindre le pire à tout ce beau et nerveux monde.

À moins d'une enième surprise politique ou stratégique, les contestaires syriens doivent donc lutter seuls face à une répression aussi brutale que machiavélique...

En savoir plus :

  1. Jeune Afrique : Le journaliste algérien Khaled Sid Mohand décrypte la crise syrienne

  2. NPR : World Has Simplistic View Of Events In Syria (Mark Memmott)



vendredi 13 mai 2011

L'exécuteur de Ben Laden a été identifié


Le lieutenant John McClellan (US Navy SEALs) a vengé le 11 septembre. Il est un héro américain. Une satire de Funny or Die.




Du 11 septembre à l'opération Géronimo : dix ans de traque du feu leader historique d'Al-Qaïda ironiquement résumés en 2 mn par Good.is.


mercredi 11 mai 2011

Opération Geronimo : l'armement des Navy SEAL

Les forces spéciales américaines apprécient particulièrement les pistolets MK-23, P226USP et les fusils mitrailleurs MP5, MP7A1 et UMP en raison de leur précision, de leur flexibilité et/ou de leur fiabilité à toute épreuve (eau, boue, sel, chaleur). Avez-vous remarquerez cette suprématie de la manufacture Heckler & Koch ? 

Afin d'échapper à la surveillance radar pakistanaise et d'approcher aussi silencieusement que possible de la résidence de Ben Laden, les Navy SEAL furent transportés par des Sikorsky MH-60 reconfigurés en « hélicoptères furtifs ». Cette transformation (voilure, carlingue, etc) fut peut-être à l'origine du crash d'un des appareils (heureusement sans pertes humaines et sans entrave pour le raid) lors de l'atterrissage.

lundi 9 mai 2011

Quelques liens post-Ben Laden

Cloîtré dans une grosse villa surprotégée à des milliers de km de ses racines moyen-orientales, Oussama Ben Laden a très probablement eu le souffle coupé en regardant les « révolutions 2.0 » arabes à la télévision. Des millions de jeunes tunisiens, égyptiens, yéménites, libyens et marocains - n'ayant pours seules armes que leur smartphones Facebook/Twitter inside, avaient réussi là où son storytelling et sa stratégie de la terreur avaient lamentablement échoué. Tout porte à penser que le printemps arabe n'en est qu'à ses débuts et que son effet domino s'étendra à d'autres pays d'Afrique du nord et du Moyen-Orient.

Le terrorisme islamiste trouvera-t-il encore un écho dans ce nouveau monde arabo-musulman inspiré par la démocratie turque ? D'ailleurs, a-t-il vraiment eu quelque écho dans cette immense région ? Le péril islamo-terroriste n'était-il qu'une obsession proprement occidentale, de surcroît dopée par l'ère W.Bush ? Privées du charisme porteur de son mythique leader, les mouvances djihadistes mueront-elles en petites meutes de loups errant sans but réel ou en pirates du désert à l'image d'Al-Qaïda Maghreb Islamique ? Ce dernier n'avait-il pas progressivement volé la vedette à « Al-Qaïda canal historique » ? Comment les Talibans afghans/pakistanais – dépourvus de l'épouvantail Ben Laden, géreront-ils leur relations avec l'administration Karzaï et l'ISI ? Quel avenir pour la relation Washington-Islamabad après le spectaculaire raid en solitaire des forces spéciales américaines à quelques kilomètres de la capitale pakistanaise ?

En savoir plus :

  1. Electrosphère : La deuxième mort d'Al-Qaïda « canal historique »

  2. The Daily Beast : Osama bin Laden Died a Fool and Has No Legacy

  3. Foreign Affairs : Springtime for Djihadis

  4. Le Figaro : « Depuis 2001, les terroristes se sont convertis au low cost ». Interview de Mickaël Roudaut

  5. Foreign Affairs : Al Qaeda's Prognosis

  6. The Huffington Post : Bin Laden and the Clausewitzian Trinity. Par Adam Elkus

  7. Foreign Affairs : The Bin Laden Conspiracy Theories

  8. IEET : The Ethics of Assassination

  9. NPR : Picturing U.S. Foreign Policy Without Bin Laden

  10. Slate : Conflict Zone


samedi 7 mai 2011

Et si le raid contre Ben Laden avait échoué ?

Dans ce scénario-fiction élaboré par Slate, l'opération Géronimo tourne rapidement au désastre militaire et politique.

Extrait : « ...Like clockwork, the SEALs "stacked" at the main house's doors prepared to enter the building to find their ultimate target. But they had miscalculated the strength of the building's reinforced doors, costing them precious time, presenting the enemy hiding inside with an opportunity. Grenades flew through the house's windows, peppering much of the strike team with shrapnel... »

Est-ce la perspective d'un énorme fiasco en direct ou la cruelle réalité d'une opération commando qui provoqua des mines aussi anxieuses à Barack Obama et à Hilary Clinton dans la situation room ? Probablement un peu des deux.

Slate : The Debacle That Didn't Happen


mardi 3 mai 2011

La deuxième mort d'Al-Qaïda « canal historique »

Opération Géronimo : tel est le nom de code du raid mené la nuit du 1er mai 2011 par les US Navy Seals contre Oussama Ben Laden dans sa résidence pakistanaise. Cette opération a tout simplement sonné la deuxième mort d'Al-Qaïda « canal historique », la première ayant eu lieu lors des révoltes arabes (Tunisie, Egypte, Maroc, Yémen) de l'hiver 2010-2011.

En effet, ces mouvements non-violents de masse avaient réussi en quelques semaines là ou Ben Laden avait échoué par la terreur en plus de dix ans : provoquer des réformes en profondeur et/ou renverser des tyrannies installées depuis plusieurs décennies. Modernes et hyperconnectés, les jeunes révolutionnaires du fameux « printemps arabe » étaient nettement inspirés par le modèle turc de démocratie musulmanne et point du tout par le terrorisme islamiste. Un véritable désaveu pour le noyau dur d'Al-Qaïda.

Du soutien aux révoltes arabes à l'élimination de Ben Laden, le président américain Barack Obama a vite pressenti le vent de l'histoire et a brillamment réussi là ou son prédécesseur George W.Bush avait échoué. Selon Obama – qui bénéficie désormais d'un atout-maître pour sa réelection en 2012, « il vaut mieux utiliser un scalpel plutôt qu'un marteau contre Al-Qaïda ».

Aux yeux du peuple américain ayant soif de justice (et peut-être de vengeance), les morts du 11 septembre reposent désormais en paix.

L'opération Géronimo est également la preuve d'un succès relatif de la smart diplomacy américaine, notamment envers son allié trouble pakistanais. Malgré leurs dénégations, les autorités pakistanaises étaient certainement informées depuis longtemps du lieu de résidence de Ben Laden (dans la bourgade d'Abbottabad, à 50 km d'Islamabad) et ont du offrir un soutien silencieux et discret à cet assaut extrêmement efficace des US Navy Seals. Qui peut croire un instant que quatre hélicoptères d'attaque et de transport puissent décoller incognito d'une base pakistanaise et se poser dans la résidence de Ben Laden - à environ 500 mètres d'une académie militaire, sans que l'ISI en soit préalablement informée ?

Imaginons qu'une opération héliportée menée par des forces spéciales étrangères se déroule dans un quartier assez huppé regroupant de nombreux officiers à la retraite, à portée de vue des académies militaires Saint-Cyr ou Wespoint, au nez et à la barbe du gouvernement français ou américain...

Washington a sûrement du proposer quelque juteux échange de bons procédés à Islamabad pour faciliter une telle opération au beau milieu du territoire pakistanais. Par ailleurs, l'inhumation en mer du corps de Ben Laden (qui voudrait d'une dépouille aussi sulfureuse dans ses terres ?) par l'US Navy suscite déjà d'extraodinaires théories du complot. Les autorités américaines feraient bien de vite diffuser des preuves visuelles de la mort du leader d'Al-Qaïda. Cela n'atténuera point les thèses conspirationnistes – relevant plus du déni constant de réalité que de la rationalité ou de la lucidité, mais donnera un peu plus de solide à la « communication Géronimo ».

Toutefois, Al-Qaïda n'a rien d'un cartel mafieux qui s'écroule dès élimination ou arrestation du parrain. La constellation terroriste sera tentée de faire d'autant plus preuve de sa nuisibilité de par le monde... avec ou sans son leader charismatique qui sera bientôt remplacé par son chef opérationnel Al-Zahrawi. Cependant, la mort de Ben Laden permettra aux multiples actions militaires et policières à l'échelle internationale de mieux « cibler, isoler et casser » les groupuscules djihadistes foisonnant en Afrique du nord, en Afrique orientale, au Moyen-Orient et en Asie centrale.

N'ayons pas peur des mots : le 1er mai 2011 est un moment historique et stratégique plutôt favorable dans la lutte contre le terrorisme.

Dans les jours/semaines à venir, ce blog fourmillera d'analyses et de liens concernant l'après-Ben Laden. Abonnez-vous donc à Electrosphère via son flux RSS et ses pages Twitter et Facebook.

En savoir plus :

  1. Alliance Géostratégique : La mort de Ben Laden

  2. Zone Militaire : Ben Laden : Questions/Réponses sur une opération

  3. L'Express : Comment les Etats-Unis ont tué Ben Laden

  4. Le Monde : Quatre ans de surveillance avant l'opération contre Ben Laden

  5. New York Times : Timeline: The Intelligence Work Behind Bin Laden’s Death

  6. New York Times : Detective Work on Courier Led to Breakthrough on Bin Laden

  7. Aviation Week : The Osama Raid -- The Story So Far

  8. Aviation Week : A Few More Hints about the Osama Operation

  9. Danger Room : CSI bin Laden: Commandos Use Thumb, Eye Scans to Track Terrorists

  10. Defense Tech : The MH-60 Crash At Bin Laden’s House

  11. NPR : How Do They Know He Was Bin Laden?

  12. Science Blogs : How do you ID a dead Osama anyway?


dimanche 1 mai 2011

France, ton débat politique fout le camp !

Immigration, voile islamique, espace Schengen, discrimination, quotas, insécurité, laïcité, footballeurs bi-nationaux/Noirs/Arabes... Y a-t-il encore des débats politiques dignes de ce nom au pays d'Astérix & Obélix ?

Jacques Attali : « Enfin, parce que jamais les idées de la droite et de l’extrême droite n’ont été aussi dominantes dans l’esprit des Français : on ne débat que d’ordre, de sécurité, d’identité nationale, d’immigration. La gauche ne réussit pas à imposer un débat sur le chômage, sur l’école ou sur la précarité. Et quand elle fait des propositions, les Français ne les écoutent pas ou s’y opposent : ils ne veulent plus d’assistanat, mais du travail et de la sécurité [...]. »

Un gros hors-sujet pour la forme. Quand les Bleus triomphaient au Mondial 1998 et à l'Euro 2000, les origines (africaines ou européennes) de Zidane, de Desailly, de Vieira et de Blanc ne semblaient guère poser de problèmes. La débâcle de cette équipe lors des Mondial 2002, 2006 et 2010 est-elle due à : 1/ à un encadrement défaillant, 2/ aux stratégies plus élaborées de ses adversaires, 3/ à la nature parfois très aléatoire d'une compétition internationale, 4/ ou aux origines ethniques et caractéristiques mentales/physiques des joueurs ?

Par ailleurs, des équipes comme l'Allemagne, le Portugal, la Suède, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne ou la Croatie, comportant une immense majorité de joueurs de souche européenne (= Blancs) se prennent très souvent des raclées monumentales lors des Mondial. Idem pour des équipes comme le Cameroun, le Ghana et la Côte d'Ivoire uniquement composées de joueurs de souche africaine (= Noirs). Selon Zaki Laïdi, « au fur et à mesure que le nombre des joueurs nationaux évoluant dans des clubs étrangers s’accroît il devient de plus en plus difficile de construire une identité de jeu national. Et cela pèse beaucoup sur les performances des équipes. »

N'ayons aucune illusion : le football purement local/national de Papa est mort depuis belle lurette. Entre l'extraordinaire mobilité intercontinentale des joueurs et les énormes transferts de capitaux entre clubs, l'économie du football est peut-être celle qui incarne le mieux la globalisation.

PS : En réalité, je n'avais guère envie de parler de politique...


En savoir plus :

1. Conversation avec Jacques Attali : 2012: comment la gauche va perdre

2. Le Monde : Quotas dans le foot : la Fédération française dans l'embarras

3. Médiapart : Les mots dont souffre le football français

4. Contre-pied : Quotas dans le football, une absurdité française

5. Zaki Laïdi, Telos-eu : Comment l’Europe domine le football mondial