mercredi 29 juin 2011

Les robots improvisés de la rébellion libyenne

Ingénieurs, étudiants, mécaniciens et bricoleurs ont réuni leurs compétences afin d'assembler ou de concevoir des tourelles automatisées et des robots-mitrailleurs de leurs propres mains. Nul doute que les roboticiens du désert libyen feront des émules de par le monde.

Du Hezbollah aux Taliban, les engins explosifs improvisés (EEI) et les drones artisanaux ou « premier prix » ont déjà fait preuve de leur efficacité. À l'image des insurgés afghans, ceux libyens – nettement plus brouillons car fraichement débutants mais approvisionnés et appuyés par des armées occidentales – se constituent leurs outils de guerre asymétrique afin de compenser quelque peu leurs énormes lacunes tactiques face aux forces conventionnelles du Colonel Kadhafi.

Leurs ingénieuses machines combinant pièces détachées, technologies commerciales et élements récupérés chez l'ennemi n'atteignent guère les niveaux de performance et de fiabilité des manufactures industrielles, et n'auront qu'un impact mineur voire négligeable sur le cours du conflit. Toutefois, ces artisans en robotique bénéficieront sûrement d'un retour d'expérience et de l'amélioration conséquente de leur savoir-faire. Ainsi, le conflit dans lequel ils sont actuellement engagés devient comparable à une compétition d'ingénieurs en robotique quelque part en Europe ou en Amérique, l'expérience immédiate du feu en plus.



Si j'étais le directeur des ressources humaines d'un laboratoire de robotique militaire dégustant une tasse de thé avec un de ces roboticiens du Sahara, je vanterais énergiquement ses talents auprès de ma hiérarchie...

L'apparition des robots artisanaux révèle plusieurs réalités technologiques que j'avais esquissées dans Les guerres low-cost : la démocratisation des facteurs de production d'engins automatisés (notamment de petite ou moyenne taille), la multiplication consécutive de robots Do It Yourself (DIY) et l'inéluctable « prolifération robotique ».

D'une façon ou d'une autre, le début du XXIème siècle est à la robotique ce que le début du XXème siècle fut à l'aviation : le commencement d'une nouvelle ère technologique... à la fois connexe et parallèle au développement des technologies de l'information et de la communication. Cependant, le nombre de pays capables de fabriquer un avion de chasse n'a guère augmenté drastiquement en une centaine d'années. Il en sera tout autrement pour la conception de robots militaires terrestres et aériens dans les prochaines décennies. Une perspective aussi fascinante qu'effrayante.


Une photocopieuse 3D au Sahara

Pour le designer industriel londonien Marcus Kayser (Royal Arts College), le soleil est un outil et le sable est une matière première.


« Que vient faire une photocopieuse 3D dans cette production écologique en plein Sahara? La machine sert en fait à choisir et à dessiner la forme de l’objet à fabriquer. A la différence près que dans le processus conçu par le jeune designer, le laser habituel de la photocopieuse est remplacé par les rayons du soleil —concentrés par la lentille en un seul faisceau— et le papier à imprimer par du sable. […] La machine solaire de Markus Kayser peut fabriquer tout type d’objet en verre, de la forme la plus simple à la plus sophistiquée, et ne nécessite qu’une personne pour son fonctionnement. »

Dans un lointain futur conditionnel, des versions nettement plus évoluées de cette photocopieuse 3D sculpteront des mètres cube de sables martiens, produisant divers (petits ou grands) objets utiles aux colons terriens.

Le premier exo-écologiste qui me saute dessus à cause de mes sombres desseins extra-colonisateurs sera transféré au pénitencier thermo-fortifié de Calore (sur la planète Vénus) sans autre forme de procès ...

Slate Afrique : La photocopieuse qui fabriquait des bols dans le Sahara


mardi 28 juin 2011

Piraterie maritime 2.0

Centre terrestre de commandement, veille stratégique, téléphones satellitaires, informatique embarquée, terminaux GPS, embarcations dernier cri... Les pirates somaliens ont massivement investi dans le high-tech et donneront certainement plus de fil à retordre aux navires marchands et aux marines de guerre.

Au sein d'un C3I savamment improvisé et dispersé en de multiples cellules nomades dans la ville côtière d'Eyl, plusieurs dizaines d'opérateurs – qui se surnomment les « garde-côtes » - munis de téléphones satellitaires et d'ordinateurs portables explorent minutieusement portails, webzines et blogs d'informations maritimes, et coordonnent les activités criminelles de leurs compagnons en haute mer.

Objectif : obtenir les identités, les positions et les routes des navires marchands, et si possible, la nature et la valeur de leurs cargaisons. Les tankers et supertankers, cibles hautement lucratives, sont très appréciés. En effet, les pétroliers et leurs intermédiaires, déjà très angoissés par la volatilité des cours du brut, préfèrent de loin payer les rançons plutôt que perdre leurs très précieuses cargaisons.

Une frange de ces « garde-côtes » disposerait-elle de compétences en hacking lui permettant de s'introduire dans les bases de données maritimes ?

Sur le site de l'International Maritime Bureau, les « garde-côtes » en apprennent beaucoup sur les récentes mesures anti-piraterie de la flotte marchande. Ces informations sont ensuite acheminées aux vaisseaux-mères pirates qui, à leur tour, les transmettent à leurs « Raiders » armés d'AK-47. Ces derniers atteindront rapidement les cibles désignées avec leurs « Volvos », embarcations modernes et rapides en fibre de verre, équipées de radios VHF et de terminaux GPS.

Afin d'étendre son rayon d'action et de faire face à une diversité de risques, le vaisseau-mère (un bateau de pêche, un cargo ou un petit tanker reconfiguré à cette fin) transporte des réserves de fuel, des armes légères, des munitions, des RPG et des outils permettant de forcer les sas fortifiés d'un navire marchand arraisonné par les pirates. À bord de ce bâtiment de projection et de commandement version tropicale, un ordinateur interfacé au Système d'Identification Automatique (SIA) identifie et traque les cibles potentielles naviguant dans un rayon de 40 miles nautiques.

N.B.: Le Système d'Identification Automatique (SIA) est « un système d’échanges automatisés de messages entre navires par radio VHF qui permet aux navires et aux systèmes de surveillance de trafic de connaître l'identité, le statut, la position et la route des navires se situant dans la zone de navigation » (cf. Wikipédia).

Depuis peu, les loups de mer somaliens ne se restreignent plus au Golfe d'Aden surveillé par de nombreuses flottes de guerre, et opèrent désormais plus près des eaux tanzaniennes, malgaches et indiennes. Consécutivement, les compagnies d'assurances maritimes ont élargi leurs zones à risques... et augmenté leurs tarifs ?

Dans Flottes, formes et fonctions à l'ère asymétrique, j'avais brièvement expliqué comment et pourquoi la piraterie maritime est à la fois une fin et un moyen, ajoutant ses nouvelles lignes de produits à la « foirefouille de Mad Max »... que je définis comme un réservoir d’idées et un guide tactique pour tout esprit malveillant en quête d’un atout ou d’une nuisance asymétrique.

Grâce aux juteuses rançons payées par les compagnies maritimes, les pirates somaliens ont perfectionné leurs modes opératoires et modernisé leur arsenal. Parallèlement, leur usage des technologiques de l'information et de la communication évoquent plus ou moins celui des terroristes qui frappèrent à Mumbaï (cf. La ville sous le feu) à l'automne 2008. Dans les deux cas, il s'agit de tirer habilement parti des technologies grand public afin de mener à bien sa mission et de damer le pion aux états et à leurs armées.

Ainsi, tel un virus intelligent, la piraterie somalienne adapte ses tactiques et techniques aux contre-mesures dirigées contre elle. Aujourd'hui, 43 navires de commerce, de pêche ou de plaisance et 698 otages de différentes nationalités sont encore entre ses mains.

Question naïve à 35 noeuds : peut-on durablement éradiquer la piraterie en haute mer en éludant ses racines sur la terre ferme ?

En savoir plus :

  1. Onislam.net : Somali Pirates Tap into Sophisticated Navigation

  2. The Christian Science Monitor : India pushes back on Somali pirates' new 'mother ship' offensive

  3. The Christian Science Monitor : Madagascar captures Somali pirate 'mother ship.' Now what?

  4. The Guardian : Life is sweet in piracy capital of the world


dimanche 26 juin 2011

A propos de Lulzsec et d’Anonymous

Les discussions en ligne ou en direct sont perpétuelles entre les membres d'Alliance Géostratégique. Voici quelques extraits d'un chat spontané consacré aux mouvances hacktivistes Anonymous et Lulzsec.

Alliance Géostratégique : À propos de Lulzsec et d’Anonymous


jeudi 23 juin 2011

Liberté, égalité, mobiquité


Jusqu'ici, le cloud computing relevait d'une éternelle prospective ou demeurait confiné au monde professionnel. Les technologies du iCloud (Apple) et du Chromebook (Google) donneront très probablement ses lettres de noblesse à « l'informatique nuageuse »... qui préfigure une révolution technologique comparable à celle de l'électricité.

Une analyse de mon cru à lire dans Alliance Géostratégique.


lundi 20 juin 2011

Armored Core V = Mad Max + Terminator

Présenté au E3, le générique du jeu vidéo Armored Core V dépeint une guerre robotisée dans un environnement apocalyptique à mi-chemin de Mad Max et de Terminator. Entre images de synthèse et capture du mouvement, son éditeur FromSoftware a conçu divers canons-robots terrestres/aériens aussi superbes qu'irréalistes (en l'état actuel de la technologie).



Inéluctablement, l'introduction croissante de drones dans les armées réelles stimule l'imagination des concepteurs (et des généraux) d'armées virtuelles. De quoi faire grimper les videogamers au plafond...

Qu'en pensent les ingénieurs en robotique militaire ?


samedi 18 juin 2011

Infographie : 60 secondes sur le Web

Agrandir l'image

En une minute sur la Toile (en 2011), on recense 694 445 requêtes sur Google, 6600 images de plus dans Flickr, 600 vidéos de plus dans Youtube, 70 nouveaux noms de domaines enregistrés, 168 millions de courriels envoyés, 320 nouveaux comptes crées et 98 000 tweets envoyés sur Twitter, 40 questions de plus dans Yahoo! Answers, 370 000 minutes d'appels sur Skype, 50 téléchargements de l'application Wordpress, etc etc etc...

Un graphique aussi superbe qu'instructif, par Shangai Web Designers.


jeudi 16 juin 2011

Dans le brouillard de la cyberguerre


Dans leur stratégie de cybersécurité, les Etats-Unis considèrent le piratage d'une infrastructure vitale ou d'un système d'information critique (centrale électrique, télécommunications, gouvernement, réseaux bancaires, etc) comme un acte de guerre... et envisagent, le cas échéant, de riposter avec leur armement conventionnel ou nucléaire. C'est ici que le bellicisme l'emporte sur la prudence.

Une analyse de mon cru à lire en intégralité dans Alliance Géostratégique

mercredi 15 juin 2011

Quand le livre disparaît...

Très populaire dans les milieux geek, le « techno-penseur » Kevin Kelly s'inquiète de l'inéluctable disparition du livre physique et se réjouit d'une initiative privée qui, en plus d'archiver autant d'oeuvres imprimées que possible, matérialise également les oeuvres numériques.

« We are in a special moment that will not last beyond the end of this century: Paper books are plentiful. They are cheap and everywhere, from airports to drug stores to libraries to bookstores to the shelves of millions of homes. There has never been a better time to be a lover of paper books. But very rapidly the production of paper books will essentially cease, and the collections in homes will dwindle, and even local libraries will not be supported to house books -- particularly popular titles. Rare books will collect in a few rare book libraries, and for the most part common paper books archives will become uncommon. It seems hard to believe now, but within a few generations, seeing a actual paper book will be as rare for most people as seeing an actual lion.

Brewster decided that he should keep a copy of every book they sc[...] an so that somewhere in the world there was at least one physical copy to represent the millions of digital copies. That safeguarded random book would become the type specimen of that work. If anyone ever wondered if the digital book's text had become corrupted or altered, they could refer back to the physical type that was archived somewhere safe. »

Très bonne idée. En effet, un gros bogue peut effectivement provoquer la disparition complète d'une culture littéraire mondiale de plus en plus numérisée.

The Technium – Kevin Kelly : When Hard Books Disappear


dimanche 12 juin 2011

L'Islande forge sa constitution 2.0

Déjà pionnière de l'e-démocratie, l'Islande fait appel à l'intelligence collective de ses citoyens et du monde entier pour rédiger sa nouvelle constitution.

Fort d'un site Internet, de pages Facebook, Twitter, Youtube, Flickr et des profils publics de ses 25 membres, le Conseil Constitutionnel islandais interagit en toute aisance avec ses concitoyens, diffuse ses séances de travail en streaming vidéo et, chaque semaine, soumet le texte en développement aux suggestions du public local et international. Selon un membre du conseil interrogé par le Guardian, les Islandais s'impliquent avec détermination et enthousiasme. N'est-ce pas fascinant pour un citoyen de voir sa constitution émerger littéralement sous ses yeux et sous ses doigts ?

L'insulaire nation scandinave (qui se sépara du Danemark en 1944) est dotée d'une constitution strictement calquée sur celle danoise; le terme « roi » remplaçant celui de « président ».

L'initiative d'une constitution crowdsourcée a commencé par un brainstorming auprès de 950 personnes. Après élaboration participative et rédaction progressive, le texte final sera soumis à un référendum à l'été 2011. La version en développement comporte déjà de longs volets interdisant toute discrimination basée sur les origines ethniques ou sociales, garantissant le droit à une couverture médicale universelle (pour les troubles physiques et mentaux), la liberté académique (academic freedom), la protection des libertés électroniques et des ressources naturelles. La séparation des pouvoirs et des dispositions réglementaires dans le domaine financier sont également au menu. L'Islande autrefois prospère mais toujours aussi « confortable », subit durement les conséquences d'une crise financière qui la frappa de plein fouet en 2008-2009.

Cette « constitution 2.0 » islandaise fait certes rêver mais son élaboration participative me semble d'autant plus efficace dans une petite nation démocratique, développée et faiblement peuplée (l'Islande ne compte que 320 000 habitants). Après quelques semaines à Reykjavik, on constate vite que tout le monde se connaît, s'est déjà vu un jour ou l'autre ou sait parfaitement « qui est qui et qui fait quoi »...

Par ailleurs, une immense majorité d'Islandais disposent d'une ligne Internet personnelle ou professionnelle (avec plus de 90 000 lignes installées, l'Islande est le pays le plus connecté au monde) et doivent nécessairement « tuer le temps » devant l'ordinateur et/ou la télévision câblée pendant les maigres heures diurnes d'un long hiver quasi polaire. Outre des facteurs technologiques, la géographie particulière de l'Islande pèse donc lourdement sur ses réalités sociales, politiques et économiques.

Quelques rares pays comme le Danemark, la Suisse, le Luxembourg et peut-être le Canada seraient plus ou moins propices à des constitutions 2.0. Aux Etats-Unis, en France, en Russie, au Brésil ou en Inde, je crains un scénario plus compliqué ou plus enflammé...

En savoir plus :

  1. The Guardian : Mob rule: Iceland crowdsources its next constitution

  2. Readwriteweb : Iceland Pursues a User-Generated Constitution

vendredi 10 juin 2011

Sonic Youth + Pavement = Women (China Steps)

En 2010, je découvris le groupe canadien Women après lecture d'une critique dans je-ne-sais-plus quel webzine musical. Quelques mois plus tard, j'assistais au concert de ses quatre garçons de Calgary et fut d'autant plus surpris par leurs sonorités noisy savamment construites évoquant l'excellent Deerhunter, avec une approche lo-fi au voisinage immédiat de leurs compatriotes torontolais Broken Social Scene, du brillant Stephen Malkmus (ex-leader de Pavement), le tout teinté de riffs autistes inspirés du cultissime Sonic Youth.



En bref, Women offre un rare condensé de pop noisy, de punk-rock et de lo-fi. Dans leur superbe album Public in Strain (produit par le label Jagjaguwar) qui se boit avec délectation, j'ai particulièrement apprécié le côté à la fois sobre, déjanté, puissant et un tantinet primaire du titre China Steps (en concert au Café de la Danse dans cette vidéo). À mettre dans toutes les oreilles rock indé...


jeudi 9 juin 2011

Le syndrome de l'opposant historique

Laloupo nous livre cette remarquable analyse d'un personnage quasi incontournable dans la vie politique de plusieurs pays africains :

L’Afrique postindépendance a produit un homo politicus d’un genre particulier : l’opposant historique. C’est une variété spécifiquement africaine, et que le monde entier pourrait envier au continent. Il est d’ailleurs étonnant que, dans les études de sciences politiques, l’on n’ait pas encore songé à inclure un chapitre sur ce spécimen qui, pourtant, depuis cinquante ans, a joué sa partition, aussi constante que nécessaire, dans la conflictualité politique en Afrique. C’est là une lacune d’autant plus fâcheuse qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition. […]



Autre signe particulier de l’opposant historique : dans le combat politique mené par diverses forces de contestations, l’historique est convaincu qu’au bout du parcours, le pouvoir lui reviendra, comme de droit. Comme une récompense de son mérite. Le mérite d’avoir autant « duré » dans l’opposition. A la manière d’une promotion administrative, ou plus trivialement, d’un butin…[...]

Appartenant le plus souvent à une génération peu imprégnée de la culture démocratique et de l’exercice de la contradiction, ils se révèlent au pouvoir pires que ceux qu’ils ont combattus : leurs régimes sont des ersatz de démocraties aussi roublardes qu’inconfortables. Pétris de projets de revanche, mentalement colonisés par leurs adversaires de naguère, frustrés de maintes occasions de jouissance des attributs du pouvoir, ayant rêvé mille et une nuits de devenir califes à la place du calife, nos historiques ne souffrent ni la contestation ni le débat. Et surtout, une fois hissés au faîte du pouvoir temporel, se transmuent en conducators bavards et matois, rompus à toutes les stratégies, manœuvres politiciennes et manipulations mentales pour ne plus jamais céder leur fauteuil présidentiel aux aspirants n’appartenant pas à leurs clans ou à leurs cercles familiaux. [...]

Nelson Mandela figure parmi les rares exceptions de ce tableau hautement réaliste. Toutefois, l'Afrique du sud est une bête à part (sur le plan politique et économique) en Afrique.

Francis Laloupo : Le syndrome de l'opposant historique


mardi 7 juin 2011

L'histoire secrète du X-47 Phantom Ray


La mort et la renaissance du Terminatrix furtif (made in Boeing) relèvent d'un véritable thriller technopolitique : ingénieurs brillants, technologies secrètes, machinations des industries militaires et main presque invisible du Pentagone. Clint Eastwood et Tom Clancy apprécieront certainement...

Wired : The Secret History of Boeing’s Killer Drone


vendredi 3 juin 2011

Quand les scientifiques roulent en Formule 1

Assemblé par des chercheurs de l'Institut Max Planck, le Cybermotion Simulator combine bras hydraulique robotisé (hissé à 2 mètres du sol) et simulateur 3D afin de reproduire presque parfaitement les sensations de conduite d'une Formule 1 modèle Ferrari F2007. Jouissif.



Pourquoi ne pas reconnaître ouvertement qu'il s'agit plutôt d'un jeu d'arcade méchamment augmenté que d'une étude fondamentale sur la réaction du cerveau et du corps humain aux mouvements extrêmes ? N'étant point chercheur en cybernétique / biologie, puis-je tout de même proposer ma candidature à l'Institut Max Planck ?

IEEE Spectrum : Engineers Turn Robot Arm into Formula 1 Simulator



jeudi 2 juin 2011

Le G8 des cancres

Guy Sorman n'est pas tendre avec le G8 et le FMI :

« Le G8 est un club dominé par des cancres qui donnent des leçons de bonne conduite au reste du monde [...] Pas plus les Américains que les Français ou les Italiens ne sont capables de contenir les dépenses de l’Etat à un niveau inférieur à celui de l'inflation : aucun n'est en mesure de rembourser la dette publique autrement qu'en s'endettant plus encore. [...] Tout de même, le club des cancres n’a t-il pas de bonnes intentions ? Comme prêter aux pays arabes en voie de démocratisation ? De bons sentiments mais le geste est inutile si les économies arabes ne sont pas au préalable réformées, pour passer de l'actuel "capitalisme des copains" à une véritable économie d'entreprise. [...]


Le G8 manque donc de légitimité et de crédibilité, par absence d'une doctrine économique claire et de cohérence entre les discours et la pratique […] Paradoxalement, le G20 est plus sérieux parce qu'y siègent des gouvernements comme ceux du Brésil, de l'Inde et de la Corée du Sud, qui sont à même de rappeler que le libre échange et l'économie de marché les ont extraits de la misère de masse, en une génération […] Si le G8 était une entreprise, elle devrait être déclarée en faillite, mise en redressement judiciaire et absorbée par le G20. Et le monde n'a nul besoin d'un gouvernement mondial : ce qui manque est une haute autorité économique capable de dire les faits vrais sans trembler devant les grands flambeurs de ce monde. Cette haute autorité est à inventer : ce ne sera pas le FMI. »

Le final de son billet vaut largement le détour. Sans pour autant systématiquement partager les analyses de cet essayiste néolibéral – que je lis régulièrement en ligne comme sur papier, j'admet tout de même qu'elles me font sérieusement réfléchir...

Au fait, pourquoi la Chine - deuxième économie mondiale, ne figure-t-elle pas au G8... ou plutôt G9 ?

Le futur c'est tout de suite : Le G8 des cancres