jeudi 22 mars 2012

Un essaim de nano-drones en approche - part.3...

Dans les deux précédents volets (part.1, part.2), nous avions découvert l'essaim de quadricoptères développé par Alex Kushleyev et Daniel Mellinger (KMEL Robotics) sous la supervision de Vijay Kumar (département d'ingénierie mécanique, Université de Pennsylvanie).


La plate-forme expérimentale de KMEL Robotics a l'immense mérite de focaliser essentiellement sur la mise en réseau et la coordination d'automates plutôt que sur leur technologie intrinsèque. D'où une innovation majeure certes embryonnaire mais qui inspirera abondamment les industries robotiques et aéronautiques.

Forte de ses capteurs intégrés, chaque unité se forge une cartographie 3D des lieux explorés en optimisant ses trajectoires et en évitant les obstacles avec une spectaculaire agilité. L'essaim peut voler en formation et modifier celle-ci à tout moment en fonction de l'environnement physique. En outre, ces quadricoptères peuvent coopérer pour transporter des objets ou assembler des structures excédant leur rapport poids/puissance à l'instar des fourmis.



Dans cinq ou dix ans, les capteurs embarqués auront considérablement gagné en miniaturisation et en efficacité, les matériaux de conception seront nettement plus légers (notamment grâce aux nanotechnologies), les batteries auront une bien meilleure longévité, la puissance computationelle de ces micromachines (individuellement et donc collectivement) aura été multipliée par 20 ou par 40... et les synergies générées par ces divers facteurs technologiques seront au coeur d'innovations “aérobotiques” aussi surprenantes que disruptives.

Au fur et à mesure, la technologie des drones en essaim obtiendra ses lettres de noblesses dans les domaines de la gestion des urgences/des risques, de la défense, de la sécurité... et de la technosurveillance.

Dans les années 2020, un essaim de “nanodrones” aussi intelligents que des insectes (vive la loi de Moore!) recherchera des survivants sous les décombres, détectera des fuites de matières chimiques/radioactives dans un bâtiment, traquera des terroristes dans un environnement urbain, et ce, en naviguant dans un périmètre nettement plus élargi que celui couvert par une seule machine et en accédant à des endroits inaccessibles à un engin plus volumineux.

Si j'étais une armée de l'air planifiant un raid en territoire ennemi ou un acteur irrégulier en quête d'une nuisance asymétrique, j'utiliserais un essaim de “microdrones” (composés d'unités plus ou moins spécialisées) afin de “saturer” , d'aveugler voire de cyberattaquer les défenses anti-aériennes adverses.

Si j'étais un régime despotique ou un état démocratique particulièrement sournois, un essaim de “nanodrones” surveillerait les foules lors d'une manifestation ou d'une émeute, et tracerait puis identifierait des individus de mon choix dans les lieux publics comme privés. Avec mes yeux et mes oreilles dans les airs, leurs identités seront rapidement établies (analyse biométrique), leurs déplacements suivis en temps réel (géolocalisation) et leurs communications mobiles constamment interceptées (cybersurveillance)...

Si j'étais un geek un peu trop insolent, je m'amuserais à écouter les conversations téléphoniques de mes voisins avec un essaim de “nanohackers”... dont l'énorme ancêtre fut le WASP, drone pirateur artisanal à 6500 dollars...


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