vendredi 2 mars 2012

Une (très) mauvaise idée : frapper « l'Iranium »

Dans le blog du Word Policy Institute, Amal Varghese (Australian Institute of International Affairs) nous explique pourquoi des frappes aériennes israéliennes et/ou américaines contre « l'Iranium » seraient une très mauvaise idée :

1.Les Etats-Unis obtiendraient très probablement trop peu de soutien de la « communauté internationale » pour lancer une campagne militaire contre l'Iran et se mettraient (une fois de plus) le monde musulman à dos

2. Privés d'emblée d'une stratégie globale, Washington et Tel-Aviv seraient rapidement à court d'objectifs clairs et manqueront d'autant plus d'une stratégie de sortie... de crise qui prendra sûrement une tournure totalement imprévue à l'échelle régionale car il faudra également compter avec le Hezbollah et la Syrie.

3. Une campagne militaire israélienne-américaine contre l'Iran sonnerait le glas du printemps arabe et offrirait un cadeau inattendu au régime de Bachar El-Assad en Syrie et aux « durs » de Téhéran qui, malgré les apparences, deviennent de plus en plus vulnérables aux mouvements locaux d'opposition.

4. Les frappes aériennes n'auront que des effets limités sur l'Iranium, programme nucléaire pourvu de sites dispersés et parfois enterrés sur un vaste territoire. En outre, l'armée iranienne ne se contentera point de regarder les avions ennemis traverser son espace aérien.

Des forces spéciales au sol voire une guerre terrestre contre l'Iran ? Vous êtes sérieux ou c'est une blague ?

Au fait, qu'en serait-il du cours du brut – et, consécutivement, d'une économie mondiale à la fois moribonde et très fragilisée - en cas de minage/fermeture du détroit d'Ormuz par la marine iranienne ?

Mon allié Vincent Eiffling/Chronique Persanes et moi-même avions déjà planché sur l'hypothèse de frappes israéliennes/américaines sur l'Iranium.

Selon l'ancien secrétaire adjoint à la défense Colin Kahl, « any war with Iran would be a messy and extraordinarily violent affair, with significant casualties and consequences ».

Pour ma part, je suggère une solution trop souvent éludée par les médias et par les analystes stratégiques : et si Israël apprenait à vivre avec un Iran nucléaire ? Dans un futur conditionnel, voudra-t-elle aussi bombarder une Arabie Saoudite ou une Turquie qui s'intéressait de trop près à la fission atomique ?


World Policy Institute : The Dangers of Launching a War Against Iran


1 commentaire:

Abou Djaffar a dit…

Israël devra, de toute façon, apprendre à vivre avec un Iran nucléaire. Mais ça serait plus facile pour tout le monde si Téhéran donnait quelques éléments sur sa doctrine d'emploi. Après tout, si l'Iran était une démocratie apaisée qui ne passait pas ses journées à évoquer la destruction d'Israël, on gagnerait pas mal de temps.