jeudi 14 juin 2012

La naïve Responsabilité de protéger (R2P)

Le principe de la Responsabilité de protéger (ou R2P en anglais) a été forgé par les Nations-Unies en 2005, quasi conformément à l'esprit du fameux « droit d'ingérence ».


Ainsi, c’est à chaque Etat qu’incombe « le devoir de protéger sa population contre les cas de génocides, crimes de guerre, nettoyages ethniques et crimes contre l’humanité; mais c’est à la communauté internationale, dans le cadre de l’ONU, que revient la responsabilité subsidiaire d’assurer la protection contre ces quatre crimes » (cf. Franceonu.org).

En 2010-2011, le R2P fut le leitmotiv de l'intervention militaire des Nations-Unies en Côte d'Ivoire et en Libye (contre les régimes de Laurent Gbagbo et du Colonel Kadhafi) mais semble accuser le coup au regard de la féroce répression militaire infligée par le régime de Bachar El-Assad contre des populations syriennes âprement révoltées... et toujours aussi déterminées.

Une des difficultés majeures consiste à identifier puis distinguer clairement les crimes mentionnés par le R2P (génocide, crime de guerre, nettoyage ethnique, crime contre l'humanité) tant dans les méandres de la (manipulation) politique que dans le brouillard de la guerre. De plus, le recours à une intervention militaire implique nécessairement de graves violations des droits de l'homme et de tragiques souffrances en masse. En effet, les armées sont soumises à des règles d'engagement très souvent (mais pas toujours) incompatibles avec les critères et l'éthique du R2P.

Enfin, toute intervention militaire est d'abord et surtout un acte politique fortement tributaire de ses propres répercussions et des complexités de la realpolitik. Même légitimée par la R2P, elle n'est jamais « immaculée conception » et peut rapidement muer en pompier pyromane....


Aucun commentaire: