mardi 20 novembre 2012

Obama 2008-2016: il faut (re)lire Amy Greene

J'ai terminé ma lecture de l'Amérique après Obama (Editions Autrement) écrit par Amy Greene. Il valait mieux plonger le nez dans cette analyse en profondeur lors des élections américaines plutôt que céder à la surenchère médiatique.



Source : SciencePo

A défaut de vous livrer un synopsis complet, je vous suggère de lire l'interview de cette essayiste américaine (diplômée de Sciences Po et chargée de mission au Centre des Amériques) par le blog allié EGEA et son article Diploweb. On apprécie d'autant plus la justesse de ses propos au printemps 2012.


EGEA: « Les tendances démographiques qui s’annoncent sont irréversibles. Pour la première fois de l’histoire américaine, nous voyons apparaître une génération de jeunes qui sera bientôt composée majoritairement des groupes non-blancs (40% actuellement, à dépasser les 50% en 2020). Ces jeunes Américains auront vécu une expérience différente de celle de la majorité, les fameux WASP. Ils ont nettement plus confiance dans le gouvernement fédéral, et sont plus optimistes quant à la capacité des institutions gouvernementales d’améliorer la vie du peuple.

Les Millennials ne ressemblent pas aux Pères Fondateurs. Ils ne partagent pas de liens ancestraux et culturels avec l’Europe. Ils considèrent l’Asie et le Sud comme la source des défis et des opportunités futurs. Quand ces jeunes arriveront au sommet des milieux décisionnels –comme chefs d’entreprise, ou responsables diplomatiques, politiques, ou militaires – la politique américaine ne ressemblera plus à celle d’aujourd’hui. Une génération multiculturelle – avec probablement au moins un parent né à l’étranger – [...] sera moins apte à concevoir les intérêts américains dans les termes réalistes classiques forgés au moment de la guerre froide. »

Diploweb: « Derrière la rhétorique polarisante et virulente qui domine le paysage politique des Etats-Unis se cachent de nouvelles réalités démographiques et générationnelles. Depuis l’élection de Barack Obama en 2008, nous avons pu observer davantage l’émergence de deux Amériques. D’abord celle de l’inclusion sociale et du multiculturalisme, attentive aux changements dans les rapports de force géopolitiques et prête à s’adapter à une nouvelle donne mondiale, représentée par Obama lui-même. Ensuite, une autre vision d’une Amérique plus nostalgique, caractérisée par son insistance sur la protection des valeurs américaines contre toute force extérieure (que ce soient les pays étrangers, le gouvernement fédéral même, ou bien la délocalisation des emplois, les impôts, et le terrorisme) qui menace l’American way of life.

[…] Nés entre 1981 et 2000, les Millennials montrent plus de diversité culturelle et raciale que toute génération précédente. [...] Les Millennials ne partagent pas les mêmes origines ethniques que les Boomers : ils ne sont pas WASP et ne connaissent pas forcément l’expérience américaine à travers ce prisme [...] Les Millennials ont de l’estime pour les grands programmes sociaux qu’ils croient essentiels pour une plus grande mobilité sociale (éducation publique, assurance maladie entre autres).

[…] Ils ont grandi dans l’ère de la technologie ultra-rapide, la communication de masse, à l’âge d’Internet et de Facebook. Ils ne sont qu’à quelques clics de souris du « village global » et de son flux continu d’information, d’images, et d’accès à des mondes physiquement loin d’eux. C’est une génération caractérisée par sa tolérance sociale – favorable aux droits des homosexuels et au mariage interracial, par exemple – et ont tendance à considérer l’immigration comme un gain, un signe d’ouverture, de tolérance et de dynamisme. Il est clair que les tendances idéologiques de ce groupe s’alignent avec les valeurs traditionnelles du parti démocrate. »


Potusphere: « Obama’s main messages tended to focus more heavily on frontier foreign policy issues, transversal problems that require common approaches and multilayered responses – the so-called global commons issues like nuclear proliferation and climate change (which his National Security Strategy classified a threat equivalent to a foreign invasion on US soil). [...] That youngAmericans – especially the Millennial generation – turned out to support Obamawith the same intensity as in 2008 was a welcome surprise for Democrats.

Their choice of Obama dismantled the central Republican argument against the president for the past four years – that Obama’s presidency was a fluke of history that would be rejected a second time as a failed experiment. Although nearly half of the country did not vote for Obama, an overwhelming number of young Americans did. Their participation announced at least two major changes: first, that young and active Americans reject Republican nostalgia, concur largely with the policy priorities laid out by Obama, and are eager to express this at the polls; and second, that while all Americans do not welcome the emergence of a new multicultural America, it has already proven both inevitable and very much present in the landscape – years earlier than anticipated. » 

Le Parti Républicain ferait bien de rajeunir sa bibliothèque et de s'abonner à Potusphère, le blog d'Amy Greene. Le Tea Party et la droite religieuse ne voudront certainement rien savoir... 

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