lundi 30 janvier 2012

Le nouveau désordre mondial selon Paddy Ashdown

Autrefois officier des Royal Marines, député à la chambre des Communes et haut-représentant des Nations-Unies en Bosnie-Herzégovine, Sir Paddy Ashdown ne nous apprend rien dans « the global power shift » sur les changements majeurs en cours : géostratégie, économie, finance, droit, sécurité, criminalité, technologies de l'information, globalisation, etc...












Néanmoins, son intervention aux TED Talks - Bruxelles a le mérite d'être claire, cohérente, plutôt systémique et très accrocheuse, même si elle aurait mérité un titre plus adapté : « le nouveau désordre mondial ». Francophones pur jus s'abstenir...


jeudi 26 janvier 2012

+5 membres dans Alliance Géostratégique

Notre webzine stratégique Alliancegeostrategique.org s'est enrichi de cinq nouveaux blogs, et pas des moindres : Abou Djaffar, (terrorismes et guérillas) La voie de l'épée (stratégie et histoire militaire), Si Vis Pacem Para Bellum (cybersécurité), De la terre à la lune (enjeux spatiaux) et le Fauteuil de Colbert (défense et militech). Chers messieurs, c'est un honneur de vous compter parmi mes « alliés stratégiques ».

CIDRIS Cyberwarfare, Lignes Stratégiques et moi avions hâte de nous « friter » (en interne, sur AGS et/ou sur nos blogs respectifs) sur les questions de sécurité informatique et de cyberguerre avec Si Vis Pacem Para Bellum... et donc d'enrichir nos approches en la matière.


mardi 24 janvier 2012

Megaupload trépasse, le téléchargement passe

La fermeture du site Megaupload a fait l'effet d'une bombe sur quasiment toute la planète connectée. Toutefois, sa société-mère Megaworld était peu ou prou mafieuse et n'avait donc rien en commun avec The Pirate Bay (le fameux le Parti Pirate) qui milite pour le téléchargement gratuit et décentralisé. Une fois de plus, les téléchargeurs changeront leurs habitudes et s'orienteront vers de nouveaux protocoles et/ou de nouvelles (ou anciennes) astuces de téléchargement. Souvenons-nous de Napster, de Kazaa, de eMule/eDonkey, de Bittorrent, du streaming, etc.

Les industries de la musique et du cinéma omettent une réalité toute simple : tant qu'il existera des réseaux numériques (a fortiori aux bandes passantes en augmentation constante) interconnectant un nombre croissant d'ordinateurs de plus en plus puissants, le partage gratuit de fichiers aura pignon sur rue. Après plus d'une décennie de lutte sisyphienne contre ce qu'elles appellent le « piratage », elles ont laissé leurs business models mourir avec grandiloquence. N'est-il pas temps de faire preuve de réalisme ?

Selon la Charente libre, "en gros, le FBI, dont l'action réjouit Nicolas Sarkozy, n'a barré que l'un des multiples chemins qui mènent facilement au piratage. Hier après-midi, il fallait 22 minutes pour télécharger «The Artist» et moins d'une demi-heure pour avoir «Polisse». Sans être abonné à quoi que ce soit, ni débourser un centime."

En outre, en rompant unilatéralement l'accès à Megaupload via les serveurs DNS, le FBI ignore probablement à quel point ce mode opératoire suscite l'inquiétude dans le reste du monde, tant dans le domaine culturel que cyberstratégique. À l'heure actuelle, la Russie, la Chine (et maints pays émergents) s'interrogent : « après Megaupload, à qui le tour ? Des sites .ru ou .cn ? »

Selon Andrea Frandin et Guillaume Ledit (OWNI), c'est « le dispositif plus que la cible : voilà ce qui inquiète les observateurs attentifs du réseau. Du jour au lendemain, le site a disparu des cartes Internet, sous l’effet d’une décision unilatérale des autorités américaines. Et le couperet est tombé avec une simplicité déconcertante. [...] En ce sens, la coupure de Megaupload peut être vue comme une nouvelle légitimation politique, spectaculaire et sans précédent, des intérêts du monde culturel face à ceux du réseau. [...]

Le réseau, que l’on présente comme si difficile à atteindre, a ici été amputé d’une constellation de sites représentant 4% du trafic. Megaupload était l’un des 100 sites les plus consultés au monde. Tout sauf une broutille. Pour Benjamin Bayart, si la coupure est nette et facile, c’est en raison du caractère centralisé de Megaupload : "Megaupload était relativement facile à atteindre : le FBI a débranché tous les serveurs dans des pays où ils disposaient de bons accords. Même si le site avait des serveurs cache [NDLR : des serveurs qui rapprochent les contenus des utilisateurs] sur toute la planète et y compris en France, il suffit de couper la tête pour que ces serveurs ne servent plus à rien."

Megaupload n’est donc pas l’hydre redoutable présentée dans les médias. D’autres sites en revanche, sont beaucoup plus redoutables pour les industries culturelles. “On peut fermer Megaupload. On ne peut pas fermer BitTorent”, poursuit Benjamin Bayart, évoquant une plate-forme populaire d’échange en peer-to-peer. “Pour couper BitTorent, il faudrait intervenir auprès de chacun des utilisateurs connectés. Et donc avoir plus d’agents fédéraux que d’internautes. Ça ne peut pas marcher. Et c’est injustifiable. »

La Charente libre : Megaupload ferme, les hackers rigolents

OWNI : Internet après la fin de Megaupload


dimanche 22 janvier 2012

De Kanye West au hip-hop 2.0

Mon oreille musicale est un univers en expansion perpétuelle car on trouve de tout dans mon audiothèque : pop-rock, Rn'B, hip-hop, musiques africaines, trip-hop, downtempo, classique, salsa, lo-fi, pop francophone, jazz, electro, punk-rock, drum n'bass, soul 70-80's, metal, etc. De mes disques durs USB à mon smartphone, mixtapes, albums commerciaux, mashups et productions indépendantes ou vintage se côtoient dans un joyeux désordre.



Depuis une quinzaine d'années, je m'étais détourné du hip-hop qui me passionnait férocement dans les 80-90's. En 2008-2010, un animal étrange nommé Kanye West enchaîna deux chefs d'oeuvre (808s and Heartbreak, My Beautiful Dark Twisted Fantasy) dans lesquels il agrémentait du hip-hop avec de savantes instrumentations trip-hop, breakbeat et post-rock et des arrangements évoquant plus ou moins une bande-son de polar futuriste.

Le parcours de « Kanye Omari West » facilitera quelque peu notre compréhension du hip-hop des années 2010.

Ce garçon a baigné dans la discothèque typiquement soul 70-80's de ses parents qui s'étendait d'Otis Redding à Curtis Mayfield en passant par Stevie Wonder et Isaac Hayes. Son adolescence fut accompagnée par A Tribe Called Quest, The Fugees, The Pharcyde et Wu-Tang Clan. Il avoua également avoir un gros faible pour le trip-hop de Portishead, pour le post-punk de The Killers et pour l'incontournable pop-rock de Radiohead... dont le mythique chanteur Thom Yorke a été décrit par Kanye West comme « un génie musical et son maître spirituel ».

Paradoxalement, Kanye West se considère comme une rockstar et non comme une rapstar. La preuve par les faits : en 2007, il fit chanter Chris Martin (Coldplay) dans son titre Homecoming. Cette ouverture musicale (plutot rare dans les milieux hip-hop) valut un succès considérable auprès du public pop-rock à ce rapper-rocker tourmenté qui, dès ses débuts, se comparait à Prince et à Stevie Wonder... et souhaitait faire la nique à Timbaland et à 50 Cents avant qu'il ne soit trop tard. Pari tenu. Aujourd'hui, tous les ingrédients sont réunis pour un album « Radiohead & Kanye West. »

Fort d'une sédimentation musicale aux matériaux diversifiés, Kanye West a littéralement réinventé et redynamisé un hip-hop plutôt moribond côté créativité depuis le milieu des années 90. Aujourd'hui, les productions « KW » orbitent de près ou de loin autour de grosses pointures du hip-hop et de la Rn'B telles que Jay-Z, Drake, Talib Kweli, Mos Def, Common, Lupe Fiasco, Chris Brown, John Legend, Nas, Scarface, T.I., Lil Wayne, The Game, Cam'Ron, Ludacris, Twista, Janet Jackson, Alicia Keys, Beyoncé...

En 2009-2011, bon nombre de ces stars confirmées réalisèrent de véritables « tueries kanyewestisantes » propres à ravir tout audionaute affable et curieux. Il en fut de même pour plusieurs jeunes talents surgis quasiment de nulle part telles que Kendrick Lamar, J.Cole, Frank Ocean et The Weeknd qui traumatisèrent positivement la scène. Cependant, on est loin du monolithisme instrumental qui caractérisa la Rn'B lors des années Babyface - musicien et producteur du même nom, car la griffe KW ne saigne jamais le vétéran ou le bleu du hip-hop/de la Rn'B qui peut à la fois exprimer ostentatoirement sa nature propre et profiter d'une superbe amplitude instrumentale.

En outre, le déferlement de mixtapes diffusées en ligne par des artistes peu ou prou solitaires a également révélé une production indépendante incroyablement prolifique. Contrairement à de nombreux francophones pur jus, je n'ai aucune peine à saisir l'ironie et l'autodérision de textes parfois délirants ou finement critiques du « système ».

Comme toute industrie de l'entertainement, le hip-hop est une grosse histoire de fric mais il n'a jamais été aussi riche.


vendredi 20 janvier 2012

Blog lassitude

Chers lecteurs, vous avez certainement constaté que ce blog n'a pas été régulièrement mis à jour par votre serviteur depuis le début 2012.

N'ayons pas peur des mots : j'éprouve un profond manque d'inspiration voire une lassitude intellectuelle plulôt prononcée. Cybersécurité, e-conomie, innovations technologiques, créations infographiques, enjeux géostratégiques, etc. Actuellement, tout cela me laisse froid, désinvolte et/ou blasé.

Toutefois, je sais parfaitement que cet inhabituel état d'esprit ne s'éternisera point mais je suis incapable de vous fournir une date précise. Dès lors, je requiert humblement votre indulgence, vous prie de ne me point me supprimer de vos fils RSS/Twitter/Facebook/Google Plus... et vous remercie infiniment d'avance pour votre compréhension.


mardi 17 janvier 2012

Israël en mode start-up

Le blog Presse Citron nous offre une vision aussi rare qu'instructive de l'univers technologique israélien et de ses milieux geek.

Une autre impression qui émerge, cette fois après avoir rencontré nombre de start-ups et d’entrepreneurs locaux, est celle d’un grand village où tout le monde se connaitrait. Impression évidemment renforcée par la taille réduite du territoire et de sa population. En fait, de par la diversité des paysages (les villes côtoient les déserts), de la topographie particulière (plaines arides et coteaux fertiles), du mixage de populations (immigration en provenance du monde entier, forte communauté arabe de 1,4 million d’habitants), et du voisinage entre économie traditionnelle et high-tech, Israël ressemblerait finalement à une incarnation du fameux village mondial. Ajoutez à cela le climat et vous composez une photo en couleurs vives qui n’est pas sans rappeler celle de la Californie (l’autre pays des start-ups).


[…] Mais au-delà de l’énumération des entreprises et personnes que nous avons rencontrés, nous avons surtout découvert un foisonnement et une énergie simplement incroyables. J’ignore si cette énergie est représentative d’un état d’esprit général qui règne dans le pays (nous n’avons rencontré que des entrepreneurs donc méfions-nous des généralisations un peu hâtives) mais ce que nous avons vu était plutôt enthousiasmant. A l’instar de ce qui se passe en Californie, tout ici semble un peu plus « facile » pour qui travaille dans l’innovation et souhaite développer une start-up liée au web ou au numérique. Une impression en trompe-l’oeil ? Peut-être. Toujours est-il qu’avec 70 fonds d’investissement installés sur place, l’état hébreu compte le plus grand nombre de startups par habitant (plus de 3000) et jouit également de la plus forte densité d’ingénieurs au monde.

Presse Citron : Israël, un pays en mode start-up


vendredi 13 janvier 2012

Criminalité économique : top 4 pour le cybercrime

Selon le World Economic Forum Global Risks 2011 Report, le cybercrime occupe le quatrième rang des menaces « éco-criminelles » pendant que le Kenya, l'Afrique du sud, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l'Espagne figurent dans le top 5 de la criminalité économique.

Augmenter le graphique


La notion de « criminalité économique » est à la fois très vague et très vaste. Toutefois, le blog Criminalité économique nous éclaire sur cette réalité, au regard notamment de la notion plus répandue de « crime organisé ».

Selon le professeur Nicolas Queloz (de droit pénal et de criminologie à l'université de Fribourg), la criminalité économique « se déroule dans le contexte de la vie économique, des affaires et de la finance et concerne aussi bien les entreprises et sociétés privées que des activités de l’Etat ou des entreprises d’économie mixte. Elle est réalisée par des moyens et des méthodes qui ne font (en principe) pas appel à la force ou à la violence physique, mais se caractérisent bien plus par des procédés astucieux (tromperies), frauduleux (faux, contrefaçons), d’abus de pouvoir ou d’achats de voix (corruption), d’exploitation de secrets commerciaux ou de données confidentielles (délits d’initiés). »


lundi 9 janvier 2012

Cafés stratégiques: le capitalisme américain de guerre

Pour leurs premiers cafés stratégiques de l’année 2012, Alliance Géostratégique est heureuse d’accueillir Georges-Henri Bricet des Vallons autour du thème « Les sociétés militaires privées et la transformation du capitalisme de guerre américain », le 12 janvier prochain, de 19h à 21h.



Un sujet particulièrement d’actualité, alors que l’externalisation d’un grand nombre de fonctions de la défense auprès du secteur privé s’étend un peu partout, avec des contraintes budgétaires se faisant plus pressantes sur les armées, y compris chez l’Oncle Sam qui a aussi officiellement retiré ses troupes d’Irak il y a quelques semaines. Les Etats-Unis voient ainsi fleurir les Private Military Companies (SMP en français), qui malgré de beaux échecs (particulièrement en Irak), vont connaître un élargissement de leurs débouchés (soutien, coercition, etc) dans un contexte de dépendance du secteur public vis-à-vis de ses contractors.

mardi 3 janvier 2012

Les mésaventures d'un drone furtif en Iran

À la mi-décembre, IntellistratEU nous a livré une remarquable analyse de l'interception du drone américain RQ-170 par la DCA iranienne :

Un drone ultra-sophistiqué d’espionnage américain tombé aux mains de l’Iran, qui, selon le régime d’Ahmadinejad serait intact, il n’en faudrait pas moins pour en faire l’introduction du scénario d’un énième film d’action. Cependant, c’est bien ce qu’il s’est passé il y a quelques jours après la perte de communication d’un RQ-170, drone furtif d’espionnage américain, à 250 km à l’intérieur de l’espace aérien iranien. [...]

Une chose est sûre : l’Iran à gagné la guerre de l’information face au Pentagone qui a mis longtemps à réagir sur cette affaire, au grand bénéfice du régime de Téhéran. Cet énième cas complète celui d’une longue liste : U2 pendant la guerre froide, F117-A pendant la guerre du Kosovo, H-60 Blackhawk furtif pendant l’assassinat de Ben-Laden, tous issus de projets secrets et récupérés par des pays adverses après des défaillances ou des crashs.

Intelligence-Strategique.eu : Les péripéties du drone américain RQ-170 : piratage réel ou guerre de l’information ?


lundi 2 janvier 2012

Happy New Year 2012 !

Chers lecteurs de par le monde, ce blog ne serait rien sans vous. Je vous souhaite donc une année 2012 riche en rebondissements positifs sur les plans philosophiques (vie intérieure), stratégiques (relations sociales), technologiques (innovations, usages) et économiques (finances personnelles, situation socioprofessionnelle).

Source : Melty.fr

Certains esprits obscurantistes affirment que la fin du monde est prévue pour la fin de cette année (le 20 décembre 2012, dit-on). Je doute fort que ces oiseaux de mauvais augure aient également parié leur argent là-dessus...