jeudi 3 janvier 2013

Autour des armes électromagnétiques

Durant vos congés de fin d'année, quelques membres d'Alliancegeostrategique.org ont eu la bonne idée de consacrer une thématique aux armes électromagnétiques, trop souvent occultées par les enjeux de la cyberguerre.


Electromagnétisme: cela sert aussi à faire la guerre. « Le but de ce court billet est de présenter une typologie de l’usage de l’électromagnétisme dans la guerre. Historiquement, il existe deux moyens principaux de transmettre des ordres à distance : l’acoustique (la voix) et l’électromagnétisme. Le second domaine domine maintenant les champs de bataille. »

Une seconde après l’EMP: la fin de la civilisation ! « Trois bombes atomique tirées au-dessus des Etats-Unis induisent un effet électromagnétique (IEM) qui détruit toute l’électronique. Et, l’électronique est presque partout : voitures, médias, télécommunications terrestres et par satellite, matériel de santé, matériel de navigation, régulation des transports, régulation de l’énergie. En quelques secondes, la société revient à un stade de développement compris entre le néolithique et le début du XXème siècle ! »


« HANDs up », satellites ! Ou comment mettre à bas la puissance spatiale. « L’ASAT nucléaire pourrait être ainsi le seul exemple contemporain d’utilisation de l’arme atomique sans crainte de répercussion. Pour le prix de quelques fusées et de quelques ogives, un État voyou peut supprimer une grande partie des satellites d’observation de la Terre menacés par les effets directs mais aussi induits de l’EMP (exposition aux rayons ultraviolets). S’il est capable de produire des fusées plus puissantes et de suffisamment miniaturiser ses têtes (10 mégatonnes selon les estimations sont nécessaires), il peut aussi mettre en danger la constellation GPS. S’il parvient à rejoindre l’orbite géostationnaire, il peut enfin porter un coup fatal aux satellites de communications. »

Cinétique et non-cinétique: ce que sera (peut-être) la cyberguerre. « Durant le trajet de retour, le président et ses proches conseillers eurent la stupéfaction de constater la réussite des cyberattaques iraniennes. Et ce, malgré la somme de rapports rassurants des diverses agences de renseignement sur les capacités en la matière d’un régime « moribond, isolé et sans réel savoir-faire technologique ni volonté stratégique en la matière ». Le constat d’une nouvelle faillite, 21 années après l’événement qui marquait la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère [6] ne fit que redoubler la colère que l’équipe présidentielle ressentit. »


La nouvelle frégate Gloire : entre cuirasse et armes électromagnétiques. « Les avancées ne s’arrêtèrent pas là puisque pour une telle arme, il fallait bien lui concevoir des obus. Outre le panel de munitions classiques, le développement d’un obus bien particulier fut longtemps tenu secret : une arme à impulsion électromagnétique. L’effet de la charge est aisé à réaliser par l’explosion d’une charge nucléaire. Chose difficile à manier, s’il en est. C’est pourquoi bien des pays prirent la direction de développer des générateurs d’impulsion à ondes électromagnétiques compacts à compression de flux magnétique. L’explosif de l’obus sert à produire une impulsion électromagnétique large spectre de grande puissance. »

Une attaque EMP contre l’Iran ? Pas si vite… « L’hypothèse d’une telle attaque semble peu réaliste, tant elle apparaîtrait disproportionnée et constituerait une agression manifeste qui pourrait entraîner Israël dans une guerre ouverte avec l’Iran, avec le risque de perdre le soutien de ses alliés dans le même temps. D’autre part, sur un plan plus dialectique, il serait difficile pour l’État d’Israël d’expliquer son intention de lutter contre le programme nucléaire iranien, en ayant lui-même recours à une arme nucléaire dont il n’a toujours pas officialisé l’existence. Ainsi, la théorie présentée par Tuzara relève peut-être plus de la provocation que de l’analyse stratégique, mais si la possibilité de recourir à une impulsion électromagnétique nucléaire (IEMN) semble exclue contre l’Iran, le recours à d’autres armes électromagnétiques de forte puissance pourrait être envisagé, bien qu’il ne soit pas non plus exempt de difficultés. »

Cyber-électromagnétisme: la difficile frontière. « Il y a donc une certaine fusion entre les transmissions de papa et les Systèmes d’information et de commandement (SIC) d’aujourd’hui. Les Transmetteurs, aujourd’hui, sont tous devenus informaticiens et alors qu’ils ne faisaient autrefois que planter des champs d’antennes, ils doivent aujourd’hui mettre en place des réseaux informatiques pour permettre aux PC de fonctionner. Lors du dernier Citadel Guibert, on m’a parlé de 70 km de câbles pour irriguer les différentes cellules de la Direx… Toutefois, il ne faut pas omettre, la persistance des antennes et des ondes : en effet, les militaires continuent de communiquer par ondes afin de favoriser la transmission avec les éléments mobiles. Les Transmissions « comme avant » continuent de vivre, et de coexister avec les branchements informatiques. De même, on observe la dématérialisation apparente du cyber, avec la montée en puissance du sans-fil : Bluetooth, wifi, satellites GPS : de plus en plus d’objets cybers utilisent l’espace électromagnétique. »

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