jeudi 14 mars 2013

Djihad : de la poudrière libyenne à la piste tunisienne

Des régions entières hors de tout contrôle, un supermarché d'armes à ciel ouvert, des jihadistes intouchables... Deux ans après la révolution, la Libye n'a jamais fait aussi peur à ses voisins. Enquête sur une bombe à effet de souffle (Jeune Afrique).


« La semaine dernière, on a neutralisé le groupe d'Abou Zeid dans le massif des Ifoghas. Une quarantaine d'hommes. Mais les otages n'étaient pas avec eux. On se demande, y compris du côté algérien, s'ils n'ont pas été transférés en Libye », confie une source proche des services de renseignements français. […] La Libye fait peur. Depuis la révolution de 2011, de vastes régions du territoire échappent à tout contrôle. Entre les islamistes du Nord-Mali et ceux de Libye, les premiers contacts datent de la chute du régime Kaddafi. […] Fin 2011, les deux principales figures d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Nord-Mali, les Algériens Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeid, arrivent dans la province libyenne du Fezzan. Grâce aux prises d'otages et aux rançons versées par les pays occidentaux - notamment la France -, ils ont amassé quelque 60 millions d'euros. Véhicules, lance-roquettes, missiles, fausses cartes d'identité... Ils achètent à tour de bras. « Y compris des véhicules blindés de transport de troupes à 250 000 dinars [155 000 euros, NDLR] pièce », précise une source locale. […] Onze des trente-deux assaillants d'In Amenas étaient tunisiens. « Le départ des jeunes combattants vers la Syrie et le Mali vide la Tunisie de ses jihadistes, regrette presque Abou Iyadh, leader de la branche tunisienne du groupe salafiste radical Ansar el-Charia. Il est inutile d'envoyer des Tunisiens combattre au Mali, cela pourrait être un piège, Ansar el-Charia pouvant être accusé de terrorisme. »


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