jeudi 25 décembre 2014

Best of 2014... et bienvenue en 2015 !

Comparativement aux années précédentes, ma production a été moins prolifique, notamment à cause de la création du blogzine EchoRadar (#technologie #defense #geopolitique) et d'une consommation culturelle (musique, cinéma, séries TV, films, livres) plus soutenue... qui aura également droit à son "best of".


Toutefois, si je m'en tiens aux statistiques, voici le top 10 des articles (de mon cru) publiés sur ce blog de janvier à décembre 2014 : 

1. De la surveillance multimédia et virale en temps réel










Top 3 musique


The War on Drugs - Lost In The Dream : « Cet album de The War on Drugs continue sur la lancée des précédents, du folk-rock avec des morceaux plus entraînants, des morceaux plus atmosphériques, et toujours cette voix à la Dylan qui prend parfois des accents springsteeniens. Des montées en puissance, des paroles universelles, une production brumeuse et magnifique, un univers sonore où il fait bon s’immerger pour se relaxer, rêvasser, laisse libre cours à son imagination de peindre des images qui vous font du bien ou qui vous rendent mélancoliques. (Le Choix.fr)


J.Cole - Forest Hills Drive : « Cole is aware of the structure and pace of good rap albums and anxious to apply them to his own music. [...] J. Cole is a workmanlike MC, a good-natured populist grappling with the ridiculousness of sudden celebrity. He makes passable albums with memorable singles. He’s great at synthesizing everyman relationship woes into terse pop nuggets. He works well with guests; his collaborations with Drake, Missy Elliott, and TLC are highlights in his growing body of work, and he gets along so well with Kendrick Lamar that the duo is rumored to have clandestinely recorded an EP together. In its quest to canonize Cole, 2014 Forest Hills Drive eschews both singles and guests. It’s a block of Cole raps and Cole hooks served mostly over Cole beats. Bold move, and where it floats, it soars, but it flops gloriously when it doesn’t. » (Pitchfork)


Hollie Cook - Twice : « Si Martina Topley-Bird et le fantôme d'Amy Winehouse s'étaient mises à la procréation vocalement assistée après une nuit romantique dans les bras de Burning Spear - sous l'oeil vitreux de Zenzile, elles auraient sûrement donné naissance à Hollie Cook. [...] En 2014, la chimiste du dub et de la soul livre sa meilleure formule en libre circulation avec Twice. Les instrumentations sont sophistiquées, les cordes amplifiées, les lignes de basse augmentées; la voix de Hollie Cook oscille entre ligne romantique, souffle mélancolique et bonheur rythmique. » (Electrosphere)

Top 3 cinéma


Interstellar : « Le nouveau blockbuster SF techno du réalisateur d’Inception relie avec un certain allant John Ford et Stanley Kubrick. [...] S’il est une qualité que l’on ne peut nier au réalisateur d’Insomnia [...] c’est son sens de la pédagogie, une façon très fluide d’intégrer une certaine complexité scientifique ou philosophique à sa narration. C’était déjà le cas d’Inception – avec cette limite qu’à la revoyure tout paraît appuyé –, ça l’est à nouveau ici. Sont évoqués des concepts tels que les trous de ver, la singularité gravitationnelle, l’horizon des événements ou les tesseracts, sans que ce ne soit jamais rébarbatif, à condition certes d’avoir un petit Stephen Hawking qui sommeille en vous. » (Les Inrocks)


Les Combattants : « Le cinéma de Thomas Cailley est une authentique révélation. [...] En dépit de quelques longueurs dans la deuxième moitié, le film impose son ton sans ironie, sarcasme déplacé, mais avec force, fraîcheur et simplicité. Il communique un amour plein de non-dits, où tout passe par l’intensité des regards, des actes, entre excentricité de caractères et singularité lunaires qui nourrissent le métrage d’une couche comique par l’absurde. Irrésistibles, les deux tourtereaux qui ne se trouveront physiquement que sur le tard, ce qui rend l’inévitable rapprochement d’autant plus charnel, notamment lors d’une scène empreinte de fantastique, d’onirisme cauchemardesque de science-fiction ou de film catastrophe, nous emportent volontiers dans leur cavale hors de toute réalité. Les deux acteurs nous séduisent, leur jeu les situant parmi les meilleurs de la jeune scène française. Les combattants est un magnifique manifeste à l’amour marginal, une déclinaison lunaire de la comédie adolescente magnifiée par les canons du nouveau cinéma français. Un film formidable. » (À voir À lire)


Winter Sleep : « L'Anatolie. Région rude, brutale, sauvage. Région minérale, où les maisons peinent à se dégager des rochers. Où les habitants ont gardé cet esprit brut. Les plans extérieurs sont aussi rares que magnifiques. [...] Et les hommes appartiennent à ce cadre. Un cadre qui enferme les hommes chez eux. Qui les fige dans leur vie. Tous ceux qui cherchent un avenir ont fui, vers Istanbul, vers Londres, etc. Ne restent là que ceux qui n'attendent rien. [...] Et alors que la région va s'enfoncer dans le rude hiver, les habitants de l'hôtel vont montrer l'hiver du cœur. Les rancœurs vont se mettre à jour. Lentement, sans éclat. En des scènes d'intérieur éclairées à la bougie, en une couleur orangée qui incite à l'intimité, les sentiments se dévoilent. [...] On y découvre les jalousies familiales mais aussi les jalousies de classe, cette haine des locataires envers celui qui est riche et puissant. [...] Aucun personnage n'est vraiment épargné par ce déballage, mais, et c'est là une des grandes forces du film, aucun personnage n'est haïssable. Le cinéaste évite toute facilité, toute caricature. Dans Winter Sleep, il n'y a ni gentil ni méchant. Que des personnages complexes, fascinants de par cette complexité même. » (Sens Critique)

Top 3 séries TV :


Hannibal (S2) : « Cette saison, qui commençait sur un flashforward des plus intenses et une confrontation attendue depuis le pilote, rentre enfin dans le sujet : le jeu du chat et de la souris, du chasseur-chassé-qui chasse en retour. Comme sur un échiquier, au fil des épisodes, Will et Hannibal vont se livrer à un duel psychologique, plaçant leurs pions intelligemment afin de déjouer l’autre. Une joute mentale animée par l’envie de montrer au monde le vrai visage du tueur cannibale, cette figure du Mal qui se prend pour une incarnation céleste, une icône de l’antiquité, comme le veut son nom. [...] Les plans de la série n’auront jamais autant été en adéquation avec la plongée dans les profondeurs du néant et démoniaques de Will Graham, prêt à tout pour prouver l’identité d’Hannibal. [...] Les échanges psychologiques sont plus fournis, moins « soporifiques » et surtout essentiels à la compréhension de ce jeu, de la dualité de Will, et la volonté d’Hannibal. » (Brain Damaged)


Turn (S1) : En une semaine, j'ai dévoré la première saison de cette série. Pendant la guerre d'indépendance américaine, Abe Woodhull, tranquille fermier dans un village du Long Island occupé par les Anglais, devient un espion et contribue à la formation du premier réseau de renseignement au service des rebelles, sous l'égide du Général Washington. On assiste à une incroyable guerre d'espionnage et de contre-espionnage opposant la couronne à ses colonies américaines, et impliquant soldats, milices, fermiers, taverniers, esclaves et filles de joie. J'ai particulièrement apprécié cette discussion entre un capitaine et un cryptographe qui font comprendre au Général Washington que l'efficacité de leur mission repose sur une séparation de leurs activités secrètes et de leurs budgets fantômes avec celles de l'armée et du gouvernement, loin de tout contrôle parlementaire. La série évite le cliché du héros dans l’âme et dépeint les manoeuvres d'un homme qui tente de préserver sa double vie, ainsi que la vie de ses proches, et par la force des choses, acquiert suffisamment de courage et d'audace pour réaliser des exploits. Avec une superbe reconstitution, un casting du tonnerre (fourmillant de seconds rôles aperçus au cinéma et à la TV) et un rythme soutenu qui prend soin de développer les intrigues et les personnages, Turn dépeint avec brio une Amérique des années 1770 : sale, brutale et ambigüe. Vivement la deuxième saison !


House of Cards (S2) : « Derrière une inspection des moeurs de Washington et donc du système politique US contemporain, une fiction d’essence métaphorique et intemporelle se déploie. L’ambition shakespearienne (allô, Richard III), dont Beau Willimon n’a jamais fait mystère, apparaît toujours une ligne de conduite claire. [...] Mais la série oblitère volontairement toute idéologie – Underwood est démocrate mais rien ne l’accrédite – et reste, à l’image de son époque, profondément allergique à l’idéalisme. [...] Comme toute série un tant soit peu réfléchie, House of Cards profite du temps qui passe et de la familiarité installée des deux côtés de l’écran pour mettre son socle en valeur. Et ce socle, c’est l’intimité, représentée ici par la relation entre Frank et Claire Underwood [...] Chaque épisode prend le temps de les observer, tels deux fauves dont on ne comprend pas tout de suite les codes. Le plan d’elle et lui fumant à la fenêtre, se respirant sans vraiment se toucher, est devenu un emblème de leur amour fou et étrange. De manière très fine, la série montre comment l’un anticipe sur les désirs et les gestes de l’autre, à quel point cette attention s’apparente à la fois à une prison et à une protection. Dans le monde sans amour décrit par House of Cards, ces deux-là nous sauvent du chaos. Même si d’une certaine manière, ils le provoquent. » (Les Inrocks)


Livres


Big Bang Disruption. Strategy in the age of devastating innovation. Larry Downes & Paul Nunes : « Selon Larry Downes et Paul Nunes, l’innovation combinatoire fait désormais jeu égal avec la recherche & développement, et donne naissance à une économie plus créative dans laquelle des myriades de geek, de makers et de start-up font et défont des industries entières en quelques semaines, puis subissent et accélèrent de facto le rythme des disruptions dévastatrices. Comment survivre dans un environnement aussi « schumpeterien » ? [...] Dans le modèle traditionnel de l’innovation, des produits matures sont concurrencés puis surpassés en quelques années / décennies par des offres plus innovantes. Dans le modèle de la Big Bang Disruption, des marchés ou des secteurs sont détruits en quelques jours / mois par des nouveaux entrants totalement imprévus, développant sans contrainte des concepts disrupteurs, souvent (mais pas toujours) mal préparés à des succès fracassants. [...] Dès lors, des start-up pourvues d’un minimum d’expérience et de capital initial peuvent rapidement mettre à mal des firmes établies – exerçant dans diverses activités proches ou lointaines – avant de subir à leur tour l’émergence d’autres game-changers. [....] Les start-up et les firmes qui réussiront préventivement leurs mutations ou leurs démantèlements « au sommet de la gloire » sauront mieux embrasser de nouveaux modèles économiques ou de nouveaux métiers. [...] les firmes ne seront plus forcément les locomotives ou les coeurs des activités industrielles et devront s’adapter à une économie plus créative (creative economy) et donc faire face à la prolifique et féroce concurrence des start-up, des développeurs et des makers. » (EchoRadar)


La nouvelle révolution du coût marginal zéro. Jeremy Rifkin : « Après avoir prédit la fin du travail et la troisième révolution industrielle, le prospectiviste Jeremy Rifkin annonce rien de moins que le déclin du capitalisme, éclipsé par l'Internet des objets et l'économie solidaire. [...] Le point de départ est l'idée que les nouvelles technologies, en réduisant quasiment à néant les frais de stockage et de distribution, mettent à mal le modèle capitaliste. [...] Pour Rifkin, en réduisant quasiment à néant le coût marginal (c'est-à-dire le coût de production d'une unité supplémentaire), Internet change complètement la donne. Le premier exemple qu'il donne est celui de la communication : « Un tiers de l'humanité publie déjà ses propres informations avec des téléphones ou des ordinateurs relativement bon marché, et peut l'échanger sous forme de vidéo, de son et de texte à un coût marginal proche de zéro. » Après avoir bouleversé les médias, Internet s'apprête à faire de même dans tous les secteurs. [...] « The Zero Marginal Cost Society » va encore plus loin, en prophétisant que les objets eux-mêmes finiront par avoir un coût marginal quasi nul et que leur production sera, en tout cas partiellement, assurée à l'échelle locale grâce aux progrès de l'impression 3D. Dotés de capteurs et connectés à Internet, les objets seront également plus durables, et pourront efficacement être mis en commun. Car la vision technologique du livre s'accompagne d'un volet sociétal tout aussi important aux yeux de son auteur : l'émergence d'une économie du partage. [...] Cette révolution collaborative ira de pair avec une autre obsession de Jeremy Rifkin : le remplacement des travailleurs par les machines. L'intelligence artificielle et la robotique vont entraîner un tel essor de la productivité que les usines, les magasins et les bureaux auront besoin de moins en moins de bras et de cerveaux. Vingt ans après la parution de « La Fin du travail », qui fut très critiquée à l'époque, le prospectiviste se réjouirait presque de constater que l'histoire semble lui donner raison, même si cela se traduit par une montée inexorable du chômage. Pour lui, ce n'est de toute façon pas un drame, car le nouveau modèle de collaboration libre permettra aux humains de continuer à s'épanouir en dehors du monde du travail actuel, par exemple dans le bénévolat et la solidarité. » (Les Echos)


Attention : Cyber ! Vers le combat cyber-électronique. Stéphane Dossé & Aymeric Bonnemaison : « Cet ouvrage est écrit par deux saint-cyriens, officiers des transmissions de l'armée de Terre et brevetés de l'Ecole de Guerre (Paris). Il était temps que des officiers de terrain approfondissent ce domaine cyber, le plus souvent traité dans la littérature techno par des consultants en cybersécurité ou par des white hackers. [...] La première partie de l'ouvrage est essentiellement historique et focalise sur l'utilisation militaire du télégraphe électrique et des liaisons radio depuis la guerre de Crimée jusqu'à la guerre des Malouines, en passant par la guerre de Sécession, la guerre franco-prussienne et les deux guerres mondiales. [...] La deuxième partie de l'ouvrage est une synthèse de la géopolitique du cyberespace : les routes numériques comme facteur de puissance, la prise de conscience des enjeux « cyberstratégiques », les petites et grandes « puissances cyber » (peut-on parler de « cyberpuissances » ?) et les risques avérées de confrontations - notamment entre les Etats-Unis et la Chine, pour ne citer que ces volets. Cette partie aurait pu s'intituler « élements de cyberstratégie ». [...] La troisième partie de l'ouvrage est consacrée au cyber-combat électronique dans les opérations militaires et est véritablement la plus enrichissante au regard du présent et de l'avenir. Bonnemaison et Dossé expliquent pourquoi et comment l'imbrication croissante du cyberespace et de la numérisation du champ de bataille (NEB) affecte les postes de commandement, les fantassins, l'aviation, la marine, les systèmes d'armes, les systèmes de navigation, etc. L'info-numérisation (câbles, paraboles, antennes, faisceaux hertziens, terminaux fixes/mobiles en réseaux, etc) imprègne grandement les armées modernes car elle garantit et améliore leur efficacité opérationnelle et dissipe significativement le brouillard de la guerre. [...] Dès lors, on comprend mieux pourquoi les militaires préfèrent l'expression « combat cyber-électronique » (cyber electronic warfare ou CEW) et détestent de plus en plus celle de « cyberguerre ». (Electrosphère)

Je souhaite un Joyeux Noël et une Heureuse Année 2015 à tous mes lecteurs et leur promet de juteux articles entre Electrosphère et EchoRadar !

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