vendredi 18 décembre 2015

Best of Electrosphère 2015 / Joyeux Noël + Happy 2016 !

Je souhaite un joyeux Noël et une heureuse année 2016 à tous mes lecteurs ! Dans quelques semaines, je serais de retour entre EchoRadar et ce cher et tendre blog. En attendant, voici mes publications les plus lues et mes coups de cœur cinéma, séries TV, musique et livres.


Les articles (de mon cru) les plus lus en 2016 :












Côté cinéma, deux films m'ont marqué plus que d'autres : Marguerite et Chappie.

Dans Marguerite, réalisé par Xavier Giannoli et inspiré de la vie réelle de l’américaine Florence Foster Jenkins, l'actrice française Catherine Frot interprète avec brio le rôle « d'une femme férue d’art et d’opéra qui ne vit que pour la musique et se pique de croire qu’elle est une grande chanteuse alors qu’elle chante sublimement faux. […] Le jeu des acteurs est très juste et s’exprime tout autant par des dialogues que par la palette à disposition de leur corps. Car le réalisateur s’attache, non seulement à Marguerite, mais surtout aux hommes qui l’entourent. Les regards qu’ils posent sur Marguerite sont très expressifs : l’inquiétude, la peur, l’angoisse, l’étonnement, la perplexité, l’agacement, la consternation, l’abattement, l’incrédulité, l’encouragement,  l’amitié, l’amour mais aussi le dédain, la moquerie et le sadisme. » (Le Blog du Cinéma).


Avec Chappie, le réalisateur geek Neill Blomkamp revient en Afrique du sud (après le cultissime District 9) et dépeint « un futur proche dans lequel, la population, opprimée par une police entièrement robotisée, commence à se rebeller. Un de ces droïdes policiers, est kidnappé. Reprogrammé, il devient le premier robot capable de penser et ressentir par lui-même. Mais des forces puissantes, destructrices, le considèrent comme un danger pour l’humanité et l’ordre établi. Elles vont tout faire pour maintenir le statu quo et s’assurer qu’il soit le premier, et le dernier, de son espèce.[...] De par la description du robot-enfant, Blomkamp remporte haut la main son défi consistant à pérenniser ses thèmes de prédilection (les délaissés, la pauvreté, le cloaque urbain de Johannesburg etc.), en y ajoutant une plus-value thétique qui découle de l’actualité en mouvement. En partant d’une histoire d’enfance confrontée à la cruauté humaine, le metteur en scène évoque tour à tour le déterminisme social, la lutte des classes ainsi que les rouages des mesures sécuritaires étatiques, pour finalement confronter le public au plus bel usage du cinéma : le signifiant. » (À Voir/Lire)


Côté séries TV, mon coup de cœur fut la production norvégienne Occupied qui est, en quelque sorte, un 24 Heures Chrono géopolitique (diffusé en version française sur Arte) savamment dosé d'adrénaline, de finesse et de réalisme car écrit et réalisé par  Jo Nesbø, un des meilleurs gourous du polar scandinave. Dans un futur conditionnel, la Russie envahit furtivement la Norvège avec le consentement et la supervision de l'Union Européenne suite à une crise énergétique. Le gouvernement norvégien, dirigé par un premier ministre écologiste, fait preuve de pragmatisme tandis que la résistance locale se radicalise face à un envahisseur qui ne change guère le mode de vie du pays occupé mais s'immisce en catimini dans ses affaires intérieures. Okkupert évite autant que possible le manichéisme, même si l'UE, présentée comme une entité froide, distante et calculatrice, en prend pour son grade. Tous les acteurs sans exception sont d'autant plus crédibles qu'ils sont parfaitement inconnus hors de Norvège/Russie. Cette série a été tourné bien avant la crise ukrainienne et « l'annexion de velours » de la Crimée. Le réalisateur a opté pour le choix de la Russie - unique superpuissance militaire à proximité de la Norvège - plutôt qu'une nation fictive comme envahisseur afin de mieux impliquer le téléspectateur. A découvrir absolument.


Côté musique, Deerhunter m'a (encore) tué avec son dernier album Fading Frontier, joyau musical mêlant dream pop, noisy rock et lo-fi, décrit avec justesse par Pinkushion : « Dans l’ensemble pourtant, le disque est lumineux. Par sa tonalité musicale d’abord : Fading Frontier est un disque très mélodieux, qui s’ancre dans une dream pop aux accents électro parfois à l’opposé de l’opus précédent et de l’habituel rock garage dissonant qui ont fait la marque de fabrique du groupe. Les claviers, beaucoup plus mis en avant que dans les productions précédentes, y sont pour beaucoup dans cette exploration d’un nouveau territoire musical. [...] En repoussant les frontières de son identité sonore, Deerhunter s’affirme avec ce septième album comme un des meilleurs groupes de rock américain en activité. Seuls les aficionados les plus obtus regretteront peut-être une ou deux chansons plus enlevées, pour mieux assurer le trait d’union et signifier la mue d’un groupe aussi déconcertant que passionnant. » 

Côté livres, Ghost Fleet, La Vie Algorithmique et la Société Automatique occupent mon podium.


Ghost Fleet. A Novel Of The Next World War relève de la science-fiction et/ou de l'anticipation. Les auteurs Peter W.Singer et August Cole, analystes de défense et prospectivistes militaires connus et reconnus, imaginent une guerre opposant les Etats-Unis et la Chine. Les deux superpuissances se gardent de toute escalade nucléaire mais usent sournoisement de toutes les armes technologiques (espace, cyberespace, air, mer, terre, robotique, etc) et de tous les leviers d'influence à leur disposition. Tom Clancy est mort. Vive Tom Clancy 2.0 !

La Vie Algorithmique. Critique de la raison numérique est un ouvrage du philosophe et écrivain Éric Sadin qui « examine, en s'appuyant sur de nombreux exemples, ce mouvement de rationalisation et de quantification intégrale de la vie qui entraine une marchandisation continue du monde ainsi qu'une désintégration progressive de tout horizon universel. Créé et sans cesse dynamisé par un technopouvoir omnipotent, l'environnement numérique détermine désormais la forme de l'expérience et infléchit le cours de la vie des individus et des sociétés, perturbant nombre d'acquis démocratiques fondamentaux. Avec une rare lucidité, Éric Sadin en dévoile les impensés, analyse les processus en cours, dresse une cartographie précise des forces à l'oeuvre. Réflexions qui dessinent une nouvelle condition humaine et en appellent à la politisation des enjeux induits par la puissance totalisante des technologies numériques. » (SciencesPo Librairie)

La société automatique : 1. L'avenir du travail est une œuvre du philosophe Bernard Stiegler au croisement de la critique, de l'économie, de l'histoire et de la prospective, déjà abordé sur ce blog quelques mois plus tôt. À l'ère où les algorithmes, les intelligences artificielles, les robots et les réseaux supplantent chaque jour un peu plus le facteur humain dans plusieurs industries et dans plusieurs métiers, provoquant la disparition rapide des cols bleus et des cols blancs et donc des classes moyennes, il devient impératif de réinventer le travail au sens fort et de faire une croix sur l'emploi qui deviendra pas à pas un vestige de l'ère industrielle. Carrière, gestion d'entreprise, industrie, consommation, redistribution sociale, macroéconomie, etc : plus rien ne sera comme avant. 

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