mercredi 30 mars 2016

Quand le téléphone menaçait la bonne société

Dans les années 1870, l'invention de Graham Bell était un véritable calvaire : les interférences avec lignes électriques parasitaient considérablement les communications et les récurrentes fuites d'acide endommageaient les batteries. Néanmoins, le procédé n'en était pas moins révolutionnaire : discuter instantanément avec une personne située à mille lieux était une fascinante première.


Entre 1880 et 1900, le parc américain de téléphones gagna considérablement en qualité et passa de quelques milliers à plus d'un million d'unités. Les plus gros utilisateurs furent les pharmacies, les commerces et les grandes entreprises qui mirent en œuvre de solides collaborations à l'échelle nationale et étendirent drastiquement leurs chalands et leurs circuits d'approvisionnement.

À la fin du 19ème siècle, le téléphone était présenté comme un outil spécialement destiné « aux savants et aux hommes d'affaires ». Il n'était guère question d'utiliser ce canal pour des discussions courantes et bon nombre de détenteurs de téléphones interdisaient strictement à leurs épouses « d'échanger leurs fadaises […] hautement nuisibles pour les affaires », selon Michele Martin, professeur à l'université de Carleton (Canada).


jeudi 24 mars 2016

Le Bureau (FBI) vs. La Firme (Apple) : deus ex machina ?

Préambule. Après l’attaque terroriste de San Bernardino (Californie) qui fit 14 victimes en décembre 2015, le FBI mit la main sur l'iPhone d’un djihadiste et demanda à Apple d'accéder aux contenus chiffrés du smartphone. Mais la firme à la pomme refusa au nom de la protection des données personnelles de ses clients. Entre dilemmes cornéliens et pièges abscons dans une ambiance claire-obscure, le Bureau et la Firme s'étaient engagés dans une féroce bataille judiciaire et médiatique passablement décryptée quelques jours plus tôt sur ce blog. Deux jours avant le procès, le FBI avait requis l'annulation de la procédure judiciaire (sommant Apple de fournir son assistance) du fait de l''intervention d'une mystérieuse tierce partie.



Dans l'article précédent consacré au duel opposant le Bureau et la Firme, j'avais évoqué l'hypothèse d'un contractuel du FBI en informatique légale ou en récupération des donnéesEn l'occurence, il s'agit de Cellebrit, entreprise israélienne spécialisée dans l'informatique légale (ou computer forensics, qui est à l'investigation numérique ce que la médecine légale est à l'enquête criminelle) pour terminaux mobiles. Cette filiale de la firme japonaise Sun fournit ses services à une centaine de services de police, d'administrations judiciaires et d'armées dans le monde et est une partenaire du FBI depuis 2012. Sa solution Universal Forensics Extraction Device (UFED) a eu raison du chiffrement du Blackberry et ferait de même avec celui du Samsung Galaxy S7 bientôt disponible à la vente. Selon son dirigeant Leoor Ben Peretz, l'entreprise a récemment estimé qu'UFED peut également venir à bout du chiffrement intégré au système d'exploitation iOS 8 intégré à l'iPhone 5C, sans risque d'effacement de la mémoire et de ses contenus tant convoités par le Bureau.


mardi 22 mars 2016

Le duel entre le Bureau (FBI) et la Firme (Apple) est-il terminé ?

Préambule. Après l’attaque terroriste de San Bernardino (Californie) qui fit 14 victimes en décembre 2015, le FBI mit la main sur l'iPhone d’un djihadiste et demanda à Apple d'accéder aux contenus chiffrés du smartphone. Mais la firme à la pomme refusa au nom de la protection des données personnelles de ses clients. Entre dilemmes cornéliens et pièges abscons dans une ambiance claire-obscure, le Bureau et la Firme s'étaient engagés dans une féroce bataille judiciaire et médiatique passablement décryptée quelques jours plus tôt sur ce blog.


Deux jours avant l'audition des parties concernées par le procès de San Bernardino, le FBI a requis l'annulation de la procédure judiciaire sommant Apple de fournir son assistance au déchiffrement (en développant un quasi système d'exploitation dédié, souvent surnommé FBIOS ou GovtOS) du iPhone 5C incriminé.

Dans sa note adressée au tribunal fédéral de Californie, le Bureau affirme « qu'une tierce partie a démontré [au FBI] une méthode possible de déverrouillage de l'iPhone de Farouk [un des auteurs de l'attentat terroriste]. Un test est nécessaire pour déterminer si cette méthode est viable afin de ne pas compromettre les données sur l'iPhone de Farouk. Si la méthode est fiable, elle devrait éliminer la nécessité d'une assistance d'Apple établie dans l'All Writs Acts [...] Le FBI poursuivant ses propres recherches, et du fait de la publicité et de l'attention suscitées à l'échelle internationale par cette affaire, des gouvernements étrangers ont communiqué avec le gouvernement américain et offert des pistes de recherche possibles. »

samedi 19 mars 2016

Entre les feux du Bureau (FBI) et de la Firme (Apple)

Après l’attaque terroriste de San Bernardino (Californie) qui fit 14 victimes en décembre 2015, le FBI mit la main sur l'iPhone d’un djihadiste et demanda à Apple d'accéder aux contenus chiffrés du smartphone. Mais la firme à la pomme refusa au nom de la protection des données personnelles de ses clients. Entre dilemmes cornéliens et pièges abscons dans une ambiance claire-obscure, décryptons passablement ce bras de fer judiciaire et médiatique entre le Bureau et la Firme.


L'hypocrisie ou la schizophrénie des Fédéraux. Quelques années plus tôt, les administrations américaines (et européennes) critiquaient régulièrement l'absence ou l'insuffisance des solutions d'infosécurité et de chiffrement intégrées aux produits / services commerciaux. Les données personnelles ou sensibles étaient des proies faciles pour les cybercriminels de tout poil et pour les hackers (chinois ou russes. Forcément). De nombreuses firmes technologiques telles qu'Apple ont hissé la barre et sont aujourd'hui accusées par ce même gouvernement de faire obstruction aux enquêtes légales avec des solutions de chiffrement plus solides... ou de s'entêter dans leurs stratégies marketing.

Le choc des volontés. Apple est une firme multi-milliardaire (deuxième capitalisation boursière mondiale derrière Google) qui vend chaque année des millions de produits / services technologiques dans le monde. Le FBI est une autorité fédérale de police judiciaire et un service de renseignement sur le territoire américain. L'une est d'abord et surtout soucieuse de ses clients, l'autre est très à cheval sur ses investigations.

mardi 15 mars 2016

Cameroun : l'efficacité "low-tech" des comités de vigilance anti-terroriste

Dans la province Extrême-Nord camerounaise, frontalière du Nigéria et régulièrement victime d'attaques à l'arme lourde et d'attentats-suicides perpétrés par la secte djihadiste Boko Haram (1100 civils et 67 policiers/militaires tués depuis 2013), les autorités locales et les habitants ont instauré des comités oecuméniques de vigilance mêlant chrétiens et musulmans. 


Ceux-ci patrouillent dans les localités et les villages à la recherche d'intrus ou d'éléments suspects et sifflent l'alerte en cas de risque très probable ou avéré. Leur tactique la plus innovante consiste à faire appel à leurs membres chrétiens pour protéger les mosquées lors de la prière du vendredi, et aux membres musulmans pour protéger les églises lors de la prière dominicale. En effet, les foules amassées dans les lieux de culte sont littéralement du menu fretin pour des attaques terroristes...

mercredi 9 mars 2016

iDummy, le mannequin industriel à morphologie variable (vidéo)

Du fait des variations/évolutions constantes des corpulences et des morphologies sur plusieurs continents, les industries du textile et de la mode doivent investir dans de volumineuses gammes de mannequins industriels conformes aux données anthropométriques de plusieurs régions, afin de mieux segmenter leurs offres géographiques.


À première vue, iDummy ressemble à n'importe quel mannequin industriel. En réalité, sa morphologie et ses dimensions (taille, jambes, fessiers, poitrine, épaules, tour de bras) peuvent être modifiées via une interface Windows/Android/iOS/Bluetooth grâce à sa mécatronique intégrée.

lundi 7 mars 2016

Armes anti-drones : fusil DroneDefender et bazooka SkyWall (vidéo)

Les petits drones commerciaux / civils prolifèrent à la vitesse TGV et survolent ou approchent des lieux sensibles / interdits que leurs opérateurs feraient mieux d'éviter ou d'oublier : aéroports, prisons, bases militaires, centrales nucléaires, bâtiments gouvernementaux, etc. D'où la nécessité de concevoir des armes portables anti-drones inspirées des armes à feu...


Conçu à partir d'un fusil d'assaut AR-15, le DroneDefender intercepte un drone intrus avec une impulsion électromagnétique (dans la bande ISM) d'une portée de 400 mètres. Brutalement privé de géolocalisation et de communication avec son opérateur, l'appareil visé déclenche son protocole d'urgence (atterrissage, vol stationnaire ou retour au point d'origine) et passe sous le contrôle du porteur de l'arme anti-drone.

jeudi 3 mars 2016

La technologie ne tuera pas la destruction créatrice

Robocauste 20XX. Depuis quelques années, économistes, technologistes, industriels, chercheurs et journalistes chantent l'apocalypse du travail à l'unisson : la troisième révolution industrielle détruira plus de la moitié des emplois en Europe et en Amérique du nord, des industries entières seront « ubérisées » à la vitesse RPG, le marché du travail sera d'autant plus polarisé entre des métiers très qualifiés et des jobs précaires, les classes moyennes ne seront plus que les ombres d'elles-mêmes, pataugeant dans des cauchemars dystopiques et plébiscitant des tribuns populistes ou extrémistes... sans compter les Cassandre versés dans scénarios à la Terminator/Matrix : des machines hyper-intelligentes se répliquent et s'améliorent toutes seules comme des grandes, et confinent l'humanité à l'errance, à la survie ou à l'esclavage. Pilule bleue ou pilule rouge ?


En effet, l'inexorable convergence des TIC, des intelligences artificielles et des robots est un véritable massacre pour les cols bleus/blancs = les classes moyennes dans les pays industrialisés ou émergents. Au-delà de cette tragique réalité et en deçà des perspectives alarmantes ou hyperboliques - à l'image des maux de l'Internet et des merveilles de la « nouvelle économie » dans les années 1990-2000, les futurs économiques seront nettement plus nuancés.