vendredi 14 avril 2017

Autour de la diplomatie Tomahawk d'Oncle Donald (Blog Mix)

Dans la nuit du 7 avril 2017, une salve d’une soixantaine de missiles de croisière Tomahawk - tirés par la marine américaine au large de la Méditerranée - a frappé la base aérienne syrienne de al-Sharyat, dans la province de Homs. Il s’agit de la réponse américaine à l’attaque au gaz survenue le 4 avril à Khan Cheikhoun, une localité située de la région d’Idlib, et imputée par Washington au régime syrien.




Syrie: un rendez-vous déjà raté pour Moscou et Washington (Igor Delanoë, EchoRadar / L'Opinion) : "Cette action semble cependant avoir mis en évidence des lignes de fracture au sein du Conseil national de sécurité. Qu’à cela ne tienne, Steve Bannon – un des plus proches conseillers de Donald Trump – en a été écarté quelques heures avant les frappes qu’il ne devait pas approuver. Une décision très certainement saluée par le satisfecit des détracteurs – et ils sont nombreux – de celui qui est présenté comme l’éminence grise du président américain. A travers ces bombardements, Donald Trump porte par ailleurs un coup supplémentaire au legs de Barack Obama qui, en 2013, avait fait marche arrière et refusé au dernier moment d’engager la force contre le régime syrien qu’il avait accusé auparavant d’avoir employé des armes chimiques [...] L’attaque américaine sert aussi au président Trump à faire « passer la pilule » auprès de ses contempteurs du double tournant récent qu’il a engagé au Moyen-Orient : l’abandon officiel de l’objectif de changer le régime à Damas et le renouveau des relations avec l’Egypte du maréchal al-Sissi. Quelques jours avant l’attaque chimique, la Maison Blanche avait fait savoir par son ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley, et son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, qu’il revenait au peuple syrien de décider du sort de Bachar al-Assad. Les missiles Tomahawk n’ont fondamentalement pas remis en question ce virage ; ils l’ont en fait entériné. [...] Les Etats-Unis ont par ailleurs calibré leur action punitive afin qu’elle revête un caractère déterminé sans pour autant qu’elle ne risque de provoquer une escalade avec la Russie et qu’elle ne les entraîne un peu plus dans le conflit syrien. Mise en difficulté par ses opposants depuis son accession au pouvoir, l’administration Trump pourrait en fait capitaliser sur ce « coup d’éclat » inattendu – et sur la disgrâce qu’il a entraînée de Steve Bannon – et notamment obtenir une plus grande marge de manœuvre dans ses relations avec Moscou. Côté russe, le principal message à retenir est celui que le nouvel occupant de la Maison Blanche semble plus enclin à recourir à la force que son prédécesseur. En outre, si de prime abord l’initiative américaine peut sembler embarrassante pour le Kremlin, elle l’a néanmoins aidé à se sortir de la situation délicate dans laquelle il s’est retrouvé suite à l’attaque chimique du 4 avril qui l’a placé dans une situation d’inconfort vis-à-vis de son allié syrien."


Trump, anti-Obama en Syrie (Maya Kandel, Froggy Botton) : "Un aspect fondamental du comportement politique de Donald Trump est qu’il veut se démarquer le plus possible de Barack Obama, de la même façon qu’Obama avait tenu à se distinguer de George W. Bush, son prédécesseur. Trump n’a pas oublié à quel point Obama a été accusé d’être « faible », et d’avoir mis à mal la crédibilité des États-Unis en n’agissant pas après les attaques chimiques du régime syrien en 2013. Face à ce qu’il a estimé être une provocation, un test de la part de Bachar el-Assad, Trump a voulu agir unilatéralement, avec en tête cette conviction: quand on est provoqué, on réagit [...] En nommant des généraux à la tête du Conseil de sécurité nationale – qui conseille le président en matière de sécurité et de politique étrangère – et du Pentagone – le ministère de la Défense –, Donald Trump a voulu faire passer un message : il compte favoriser une approche militaire de la politique étrangère, au détriment de la diplomatie. Le département d’État, l’équivalent de notre ministère des Affaires étrangères, est complètement marginalisé depuis l’arrivée au pouvoir de Trump. [...] Donald Trump, bien plus que son prédécesseur, délègue une bonne partie de la politique étrangère aux militaires, notamment pour pouvoir, le cas échéant, leur attribuer la responsabilité d’un échec, comme ce fut le cas au tout début de son mandat après un raid raté mené au Yémen. Reste que déléguer la politique étrangère aux militaires interroge. Sous Obama, le Pacom, le commandement militaire du Pacifique des États-Unis, réclamait par exemple une réponse plus ferme face aux avancées chinoises en mer de Chine méridionale. Avec Trump au pouvoir, le risque existe aussi de basculer dans une confrontation plus ouverte avec la Chine. [...] C’est une vraie cacophonie ! Si l’on s’en tient à la Syrie, on voit que Nikki Haley, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU, n’hésite pas à parler de changement de régime, alors que Rex Tillerson, le secrétaire d’État, rappelle que la priorité est la lutte contre le groupe État islamique. Et le général McMaster, à la tête du Conseil de sécurité nationale, souligne lui la nécessité d’agir pour empêcher l’utilisation des armes chimiques. [...] Mais rompre avec la politique d’Obama, pour qui la priorité était à l’époque de trouver un accord avec l’Iran sur le nucléaire, comporte un risque. Si les Iraniens constatent que les Américains frappent unilatéralement la Syrie mais n’osent pas s’en prendre à la Corée du Nord, parce qu’elle possède la bombe nucléaire, ils vont à nouveau en conclure que cette dernière est la meilleure assurance-vie face à un pouvoir américain belliqueux, comme ce fut le cas au début des années 2000 du temps de la présidence Bush. Concernant le conflit syrien, l’utilisation de missiles de croisière avait pour avantage de ne pas mettre directement en péril la vie de soldats américains. Mais que fera Trump si Bachar el-Assad emploie de nouveau des armes chimiques ? Ordonner une autre frappe ? Que fera-t-il si elle tue cette fois des Russes ou des Iraniens ? Le risque d’escalade, que ce soit avec la Russie ou avec l’Iran, n’est pas à négliger."


Quand Tillerson prend une leçon de diplomatie (Karine Bechet-Golovko / Russie Politics) : "La première visite officielle de Tillerson en Russie s'est passée comme attendue, l'on pourrait dire comme l'espèrait le clan néoconservateur: les parties sont tombées d'accord sur le fait qu'il allait être particulièrement difficile de trouver un accord, mais il faut continuer à discuter. La Russie est restée ferme sur ses positions et a répondu de manière asymétrique au "bazar" organisé par la délégation américaine [...] Des premiers pourparlers ont lieu avec Lavrov, puis Tillerson retourne à l'hotel. A 18h, Poutine se libère et reçoit les deux ministres des affaires étrangères pendant près de deux heures, ensuite Tillerson et "Lavrov ont repris leur disccussion quelques temps avant la conférence de presse commune. Dès le début de la conférence de presse, l'on comprend que l'entretient ne s'est pas passé comme les Etats Unis le voulaient [...] La permière chose qui saute aux yeux est ce qui n'a pas été dit. Alors que l'administration américaine exigeait de la Russie, sur la Syrie, qu'elle fasse un choix clair - pas un mot, le ton est très conciliant. Alors qu'il était exigé que la Russie "rende" la Crimée à l'Ukraine après son "annexion" - ces termes ne furent pas employés, Tillerson leur a préféré une formule vague "les évènements" et aucun mot sur la fameuse restitution. [...] C'est ici que l'on voit la fin de la politique de communication avec ses effets de manches et ses grandes déclarations pour se retrouver plongé dans toute la force et la finesse de la diplomatie. Sur ce terrain, la Russie a un avantage incontestable avec la personnalité et l'expérience de Lavrov, face à Tillerson qui fait ses débuts, seuls, sans conseillers sur la Russie. L'amateurisme se sent [...] Les déclarations de part et d'autres font comprendre qu'aucun accord sérieux sur le fond n'a été trouvé. La coopération dans le ciel syrien est restaurée, ce qui est plutôt une bonne chose pour éviter les incidents. Le canal de discussion directe et non médiatisé russo-américain sur l'Ukraine va être rétabli pour parvenir à la mythique application de ces accords de Minsk. [...] En tout cas, le message est passé. D. Trump déclare que finalement il n'est pas si attaché que ça au départ immédiat d'Assad qui partira bien tôt ou tard et d'ailleurs il n'a pas l'intention de s'intéresser plus avant à la Syrie: il a d'autres priorités à l'intérieur. Même le New York Times note l'impasse de la rencontre entre Tillerson et Poutine, leur désaccord ne venant pas de divergences de vues ponctuelles, mais d'une vision du monde différente et d'une appréciation des faits diamétralement opposée [...] Le principal intérêt de cette visite a été pour chacun de tester les forces réelles de l'autre. L'administration Trump a été confrontée à la réalité de la diplomatie, sans y être préparée, ce qui a fortement affaibli sa position. Sans vouloir entrer en conflit direct, la Russie a déporté sa réponse dans le cadre plus impersonnel du Conseil de sécurité. Laissant ainsi Lavrov dans le rôle qu'il maîtrise à merveille: celui de la diplomatie de haut vol. Rôle que bien peu de diplomates aujourd'hui peuvent assumer. Et manifestement Tillerson n'en fait pas partie, le business ne prépare pas à tout. Ce combat de titans ne va pas se calmer, chaque concession sera interprétée comme une faiblesse. [...] Si la Russie veut jouer un rôle indépendant sur la scène internationale, elle ne peut le faire que, au mieux, sans les Etats-Unis, au pire contre les Etats-Unis."


À quoi joue Donald Trump ? (Philippe Moreau-Defarges, IFRI / Sud-Ouest) : Elles [les frappes en Syrie] s’expliquent tout d’abord par son caractère, c’est un homme qui pousse des "coups de gueule". Mon idée générale c’est qu’il n’y absolument pas de changement stratégique, contrairement à ce que l’on a pu entendre dans les médias. Ce sont juste des actions qu’il a décidé d’opérer sur un coup de tête. D’abord en Syrie : il fallait agir, il l’a fait. Fondamentalement, ce n’est pas beaucoup mieux que ce qu’a fait Obama. Il a juste le mérite d’avoir fait quelque chose, là où Obama n’avait rien fait. Après, toute proportion gardée, ce qu’il a fait, ça ne coûte rien, il a bombardé une base dans des proportions limitées. En Corée du Nord, c’est une autre situation. Donald Trump s’est vanté en affirmant qu’il pourra résoudre le problème tout seul. Il ne le pourra pas. Il faudra le faire avec la Chine. Trump roule des mécaniques en agissant comme ça. [...] L’impression qu’on a c’est qu’il a l’air très ignorant des mécanismes de politique étrangère. En Corée du Nord, de toute manière, il devra s’entendre avec la Chine et il dira ensuite 'j’ai toujours eu envie de m’entendre avec la Chine’, ça ne le gênera pas (Il avait tweeté qu’il résoudra le problème de la Corée du Nord, avec ou sans la Chine, ndlr). Trump est un homme qui n’a pas de subconscient. Quand je disais qu’il n’y avait aucun changement stratégique, prenons l’exemple de la Syrie. Si les Etats-Unis veulent un vrai changement, il faut qu’ils envoient des soldats au Moyen-Orient mais tout ça c’est fini, ils ne le feront pas, ils ne le veulent plus. Les frappes en Syrie, c’est un acte de faiblesse, pas de force. [...] Le risque de Trump aujourd’hui c’est qu’il aille trop loin et qu’on ne le prenne plus au sérieux. En politique intérieure, on commence à déjà ne plus le prendre au sérieux. Une fois que ça arrive, pour un homme d’Etat, c’est un vrai problème. On perd en crédibilité. [...] A priori, Trump devrait être repris en main par son camp. Ce serait dans la logique et la rationalité. Cependant, la politique, on sait qu’elle n’est pas trop rationnelle. Il peut s’obstiner mais s’il obstine, il va se casser la figure. Il n’a pas les moyens de sa politique. On l’a vu avec l’Obamacare. Dans l’affaire syrienne, si les Etats-Unis veulent aller plus loin, il faut l’accord du Congrès. Il ne pourra pas agir seul."



Frappes US en Syrie : stratégie de l’émotion ou stratégie à long terme ? (Pascal Boniface, IRIS)


What did rex Tillerson accomplish in Moscow ? (New Yorker) : "On Thursday morning, Secretary of State Rex Tillerson left Moscow after a two-day visit. Not too long ago, the trip had been expected to signal a kind of grand rapprochement between the U.S. and Russia—but after President Trump ordered a missile strike against the Syrian government, last week, those expectations gave way to nervousness and even talk of possible military confrontation. What ultimately took place was something rather milquetoast—Tillerson left with U.S.-Russian relations neither on the path to fairy-tale goodwill (what Trump’s campaign promises led some in Moscow to daydream about) nor at a disconcerting standoff (which the Trump Administration’s inconsistent, at times belligerent, rhetoric of recent days had led some to fear). [...] In Moscow this week, Tillerson surely brought up Russia’s support of Assad. For Putin, backing Assad—first with diplomatic cover, and then with military power—was never about Assad himself but about a larger set of strategic aims: stopping what it saw as a tide of U.S.-led regime change, and asserting its prerogative as a global power. Joost Hiltermann, the Middle East and North Africa program director at the International Crisis Group, was in Moscow last week for meetings with Russian officials and Mideast experts. He believed that Russia was likely embarrassed and angry at the position it was put in by the Syrian government’s chemical attack—even as it used its resources to cover for the regime. “If I were Putin I would wait, give this time to die down, tell Assad not to do it again, and as time goes by would be dead set at getting rid of him at the first opportunity,” Hiltermann told me. The problem, Hiltermann said, was that “there is no clear alternative to Assad if you want to preserve the regime, which Russia is set on.” [...] In a sign that the Kremlin still is hoping for a better relationship with Washington, and that maybe it wasn’t that mad after all, Tillerson and Lavrov announced that Russia had agreed to reinstate a bilateral military hotline meant to avoid collisions of U.S. and Russian warplanes over Syria, which it had suspended as response to Trump’s missile strike. Tillerson and Lavrov also announced that the two countries would form a new working group meant to improve relations. “There is a low level of trust between our countries,” Tillerson said. “The world’s two primary nuclear powers cannot have this kind of relationship.” One point on which the Trump Administration and the Kremlin may be happy to agree is that this is all Obama’s fault. Lavrov spoke of “certain issues that have been inherited, so to speak, as time bombs from the previous Administration, the Obama Administration.” Presumably, Tillerson’s boss would nod in approval."


Rex Tillerson’s Russian Mission Impossible (Defence One) : "For opponents of Assad who hope Washington will seek regime change in Damascus, news of the strikes on a Syrian airbase was welcome. The Trump administration may not escalate much further, but some expect it to push Russian President Vladimir Putin to break with Assad. U.S. Ambassador to the United Nations Nikki Haley and Secretary of State of Rex Tillerson have, in turn, called Moscow either complicit in Assad’s chemical attack, as at least one U.S. official has alleged, or incompetent in fulfilling the promise of preventing it. Either way, Tillerson is expected to use his visit to Moscow this week to demand Russia break with Assad [...] But the promise of a break is wishful thinking. The chemical attack and the retaliatory U.S. strike may have embarrassed and angered Russia—even if it was given heads up, as reporting suggests—but they’ve given Putin no reason to turn on Assad. [...] Today, days after the strike, the balance of power in the war remains the same. Assad and his allies continue to gain new ground in Idlib province and consolidate their hold over the critical corridor stretching from Damascus to the Mediterranean coast. The airstrikes may slow his pace for a time, but he is still winning, and that means Putin will see no need to change his long-term strategy: His prestige and, indeed, very conception of Russia’s great-power status are tied to the outcome of Syria’s war. He took advantage of Obama’s reluctance to intervene against Assad to become the main power broker in Syria. In the process, Assad’s survival has become the measure of Putin’s influence."


No plan? No strategy? No problem ! Syria and why Trump’s Russia policy is off to a rough start (Michael Kofman / War On The Rocks) : "The underlying assumption here seems to be that 59 cruise missiles sticking out of a Syrian airbase will rectify in one night the fact that Russia, Syria, and Iran hold almost all the cards in that conflict while the United States has had no discernible strategy since its inception. The Trump White House is probably in for some hard truths and a painful learning experience. [...] This entire affair is coming off as an afterthought, trying to translate Syria’s use of chemical weapons into a confusing bid to shape Russian foreign policy. Moscow can see the obvious: The administration is trying to turn impulse into policy, and is making this up as it goes along. If you don’t know where you’re going, then Russia will happily guide you to where they want to go. [...] The United States should also expect an answer for this strike elsewhere — and perhaps sooner rather than later. It may be another country where Russia has far more military power at hand like Ukraine, or a place where U.S. policy is equally moribund such as Libya. Or perhaps it will be a domain where the United States might prove otherwise vulnerable, such as cyber. Russia cultivates a reputation for reprisal; rarely is a foreign policy embarrassment left unanswered [...] Similarly, in threatening to reveal Russian complicity with the Syrian chemical strikes, McMaster and Haley are tugging at a string the Obama administration has tried time and time again without success. As recently as last September, the United States and allies accused Russia of war crimes over its combat operations in support of Syrian forces in Aleppo. That approach had no effect then and it won’t work now. It is important to learn from the mistakes of the past administration and not operate under disproven assumptions of how you gain leverage over Russia [...] The story of Russian complicity in this attack also makes little sense, though in this world everything is possible. As noted above, Russia had nothing to gain and a great deal to lose from Syria’s use of chemical weapons. Either way, Moscow typically escalates in an effort to deny the West leverage. The situation is begging for a dramatic Russian strike in Syria to prove a point. We saw that happen during the Obama administration. The faces in the White House have changed, but the song remains mostly the same."




Mattis : “Cruise Missile Attack on Syria Was One-Off Mission” (DodBuzz) : Defense Secretary Jim Mattis said Tuesday that the U.S. Tomahawk cruise missile strikes on a Syrian airfield last week were a one-off mission to deter chemical attacks and should not lead to a broader confrontation with Russia. [...] Mattis said he was confident that “it will not spiral out of control,” but he warned that the Syrian regime of President Bashar al-Assad will “pay a very, very stiff price” if chemical weapons are used again. [...] “Right now, the purpose of the attack was singular,” Mattis said. The intent of the Tomahawk strikes was to deter the regime of President Bashar al-Assad from further chemical attacks and not to send a message to the Russian military backing the regime, Mattis said [...] Mattis’ remarks contrasted with the more aggressive stance against Moscow taken earlier by White House officials, who charged that Russia was involved in a coverup of the Syrian chemical attack and suggested that Russia also may have known of the planning for the Khan Sheikhoun strike. [...] A senior White House official speaking on background said, “At this time, there is no U.S. intelligence community consensus that Russia had foreknowledge of the Syrian chemical attack.” [...] However, three other White House officials, also speaking on background, said at a later briefing that Russian troops at the Shayrat airbase north of Damascus could hardly have missed the Syrian preparations."




'Crazy, erratic leader' deterrence and Syria (Defence & Freedom) : "The military strike makes Trump and his staff incalculable for future conflict, and thus creates some deterrence effect in itself. This is, unless it was agreed-on in advance with Putin ; in this case at the very least Putin would not be deterred from anything by the bombing. I don't think Trump even only understands the concept of deterrence in its variations and details. He would only create 'crazy, erratic leader" deterrence by accident (or rather nature), but someone on his staff may have come up with it through actual thinking (though I don't think it was McMaster)."


The US warned the Russians ahead of Syria missile strikes (CNBC) : "A U.S. official said the Russians had been warned before the U.S. launched at least 59 tomahawk missiles aimed at Syria. Pentagon spokesman Captain Jeff Davis said in an official statement: "Russian forces were notified in advance of the strike using the established deconfliction line. U.S. military planners took precautions to minimize risk to Russian or Syrian personnel located at the airfield." [...] The strikes, which hit an airfield near Homs, struck aircraft and infrastructure including the runway, NBC reported. There is no word on casualties yet, but no people were targeted, the official told NBC. No Russian assets were targeted, according to the report."


Do the Syria Strikes Mean North Korea Is Next ? (The Atlantic) : "The North Korean government, for its part, claims to have drawn the opposite conclusion from Trump’s bombing campaign: that the only way to prevent the United States from attacking it too is to develop a fearsome nuclear deterrent. There’s also reason to doubt whether the Trump administration is seriously considering using force against North Korea’s nuclear program, even though the administration insists that military action is one of many options under review [...] So far, Trump has not faced the fallout from intervention that Barack Obama feared when he chose not to strike Syria in 2013. Perhaps because it was, to quote John Kerry, “unbelievably small,” Trump’s military intervention has yet to turn the Syrian president into a martyr, lure the United States into another Middle Eastern quagmire, or spark a direct conflict with Russia. Then again, it still might—it’s only been a week. [...] Taking military action against North Korea, however, arguably carries far greater risk of escalation than firing dozens of missiles at a Syrian air base. Many experts believe that even limited U.S. strikes against North Korea’s nuclear and missile infrastructure—assuming that military planners could even locate the right targets, given that they tend to be hidden—would be interpreted by the Kim regime as an intolerable threat to its existence. The strikes could therefore result in North Korea swiftly using conventional, chemical, or even nuclear weapons against targets in South Korea and Japan, including the South Korean capital of Seoul and U.S. troops in both countries (hence why many Japanese and South Koreans prefer non-military measures to restrain North Korea’s nuclear ambitions). There could be “millions of casualties if something like this were to happen,” the Korea expert Victor Cha recently told me, and all for a military operation that would only temporarily set back North Korea’s weapons program."




États-Unis : la puissance militaire au service de quel projet stratégique ? (Pascal Boniface, IRIS)


Before believing the new Syria sarin attack story, ask if the 2013 story was true (Fabius Maximus) : "Stratfor gives the standard story about Trump’s attack on Syria. But we were told similar confident stories about al-Assad in 2013, which slowly eroded away (until resurfacing now as needed, shiney as new). Given the US government’s history of lying about such things, extreme skepticism is warranted. Here is the Stratfor report, followed by lost news about the 2013 attack. Read and decide if you believe […] We have seen a similar story before, in 2013. Confident claims by a US President that the Syrian government had used chemical weapons on a town. The claims unraveled, but that was “undernews” — seldom mentioned by the major news media, and almost never systematically covered. Here are fragments of the story about the 2013 attack in Syria. I suspect that in five years we will have similar fragments of rebuttal to stories about the 2017 attack. "

Chuck Spinney explains why both parties love the Syria poison gas story (Fabius Maximus) : "Trump has received much applause for bombing Syria. Republicans, Democrats, journalists, and geopolitical gurus all cheered. Here insightful defense analyst Chuck Spinney asks inconvenient questions about the lack of evidence and illogic of the “Assad did it” story. [...] Trump’s cruise missile attack was launched in reaction to the unproved (at least the American public has not been presented with the proof of) allegation that President Assad of Syria dropped poison gas bombs on his own people in Idlib province. This link will take you to an official statement of the assertions that now pass for evidence supporting the allegation. Note the absence of photographic evidence of the mass casualties would attend any attack by weapons-grade sarin gas in a populated area. [...] So, Trump’s allegation is a hypothesis taking the form of a narrative. Bear in mind “a narrative” is simply a story consisting of real or imaginary connected events. In this case, there are at least two alternative hypotheses, each made plausible in part by the limited nature of this particular gas horror. [...] The simple fact is that the American people have not been presented with a “slam dunk” proof of which, if any, of these hypotheses is closest to being the truth. For now, the proof is “trust us.” There is, however, a reason to be suspicious of the government’s claims: Ted Postal, MIT Emeritus Professor of Science, Technology, and National Security Policy just released a scathing critique of the White House “narrative.” Moreover, American politicians have a long and sordid history of manipulating public perceptions and constructing “narratives” with regard to the use of poison gas to kill large numbers of defenseless civilians in the Middle East."


Where Was CIA’s Pompeo on Syria? (Robert Parry, Consortium News) : "Even when the U.S. government is presenting false information, such as Secretary of State Colin Powell’s 2003 speech laying out the bogus evidence of Iraq hiding WMDs, CIA Director George Tenet was seated behind Powell to lend credibility to the falsehoods. [...] But in the photo of Trump and his advisers, no one from the intelligence community is in the frame. You see Trump, Secretary of State Tillerson, National Security Adviser H.R. McMaster, White House chief of staff Reince Priebus, strategic adviser Steve Bannon, son-in-law Jared Kushner and a variety of other officials, including some economic advisers who were at Mar-a-Lago in Florida for the meeting with Chinese President Xi Jinping. However, you don’t see Pompeo or Director of National Intelligence Dan Coats or any other intelligence official. Even The New York Times noted the oddity in its Saturday editions, writing: “If there were C.I.A. and other intelligence briefers around, … they are not in the picture.” [...] In other words, the other officials didn’t get the direct word from Pompeo but rather received a second-hand account from the President, the source said. Did Trump choose to rely on the smug certainty from the TV shows and the mainstream news media that Assad was guilty, rather than the contrary view of U.S. intelligence analysts? After the attack, Secretary of State Tillerson, who is not an institutional intelligence official and has little experience with the subtleties of intelligence, was the one to claim that the U.S. intelligence community assessed with a “high degree of confidence” that the Syrian government had dropped a poison gas bomb on civilians in Idlib province. While Tillerson’s comment meshed with Official Washington’s hastily formed groupthink of Assad’s guilt, it is hard to believe that CIA analysts would have settled on such a firm conclusion so quickly, especially given the remote location of the incident and the fact that the initial information was coming from pro-rebel (or Al Qaeda) sources. Thus, a serious question arises whether President Trump did receive that “high degree of confidence” assessment from the intelligence community or whether he shunted Pompeo aside to eliminate an obstacle to his desire to launch the April 6 rocket attack."



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