lundi 26 juin 2017

Wonder Woman en 7 actes (Attention : spoilers !)

Politiquement correct, gauchiste gentrifié, droitard puritain, centriste déçu, religieux ultra, geek chichiteux, libéral identitaire, justicier social et féministe radicalisée s'abstenir. Attention spoilers !


Acte 1 : Je me présente : Wonder Woman. Ma mère affirme que je suis la fille non-déclarée d'un dieu foudroyant mais je parie qu'elle ne sait guère qui est mon père. Peu importe. Nous rejouons Gladiator chaque jour entre amazonanas sur notre île paradisiaque dans la septième dimension... où y a que moi comme ado hyperactive.

Acte 2 : Le jour de mes 25 ans, un homme est tombé du ciel. Alléluia ! Pas un maquisard corse, ni un seigneur de guerre rwandais et encore moins un mercenaire tchétchène. Un espion de sa Majesté au service d'Oncle Sam dans son biplan en flammes. La première classe, quoi.

"P...n, elle est trop bandante cette sirène à 500 noeuds sous les mers... et a l'air un peu en manque. Au fait, je me présente : Steve, véritable héros anglo-américain à la mâchoire carrée. Les jacuzzi 4 étoiles sont trop cool dans cette Jamaïque surgie de nulle part mais j'ai pas à que ça foutre. Je dois retourner sur Disneyland : y a une grosse baston entre le Bien et le Mal qui m'attend là-bas. Euh... Ces amazones devraient serrer leur lasso d'or un peu moins fort. Le bondage c'est pas mon truc. De toute façon, c'est pas avec leur matos à 300 Spartiates qu'elles feront poids, vu la raclée que leur ont presque infligées quelques moussaillons de la Kriegsmarine..."

Acte 3 : Il est temps que je me tire avec les fringues et les armes de Maman... en compagnie de mon mâle British. 

"Tu as raison, Choupinette. C'est frustrant à mort ici. Réussis, grandis et couche un max. Sinon tu finiras comme moi. Fais gaffe à Éros & Thanatos tout de même : ils ne te méritent pas. Ta maman qui t'aime."

Acte 4 : Bienvenue chez Big Ben. Steve va t'apprendre la civilisation, les bonnes manières, la politique, l'armée (des hommes avec grand H), la guerre... et plus si affinités. C'est pas folichon pour les femmes dans l'Angleterre de 1914-1918, n'est-ce pas ? Z'ont même pas le droit de vote. T'as encore rien vu, ma belle indigène... un peu naïve et limite écervelée.

Acte 5 : Je t'explique le topo, Beauté. Ici, c'est Verdun. Un truc pour gueules cassées uniquement. Les femmes-enfants sont blacklistées. En face, ce sont les Boches. Ils sont affreux, sales et méchants. Il ne faut pas... 
Attend mon signal, bordel de m...! Décidément, tu n'as aucune éducation. Je fais ton appui-feu, sauvageonne ! Avec ou sans tes super-pouvoirs, tu n'es rien sans moi.

Acte 6 : M'en fous ! Je suis la déesse de la paix et de la justice. Je fracasse du proto-nazi en mode Batman in the Matrix. J'aurai ma green card aujourd'hui et mon passeport américain après-demain. Au fait, y a un Big Boss dans ce jeu vidéo ?

"La vache ! T'es une vraie bombe atomique. Un peu hystérique tout de même. Tu devrais mieux gérer tes émotions..."

Acte 7 : Et voilà le Big Boss qui accumule les bogues : il l'ouvre un peu trop souvent, il se contredit toutes les 15 secondes et semble tout droit sorti d'une animation 3D sous Windows 98. Kooooaaaa ? C'est mon frangin ? La honte. Mais ce n'est pas personnel, c'est juste l'appel du devoir... qui ne change rien à rien. Comme en Afghanistan. De toute façon, je reviendrai faire régner la paix et la justice avec la chauve-souris dépressive et le moule-burnes hypersonique. On ne va pas se laisser doubler par ces gringalets de Captain America et Iron Man, hein ? La finesse du scénario, la complexité des personnages (féminins) et la maturité des dialogues, ce sera pour plus tard. Y a d'autres monstres à fouetter.

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